dimanche 30 décembre 2007

SWEENEY TODD: THE DEMON BARBER OF FLEET STREET (2007)

Réalisé par Tim Burton. Écrit par John Logan et adapté musicalement par Chritopher Bond d’après la pièce musicale de Stephen Sondheim et Hugh Wheeler.
(Vu le 19 décembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Cette histoire du folklore anglais du 19e siècle dans laquelle un barbier tranche les gorges de ses clients qui sont ensuite revendus sous forme de tartes à la viande par sa complice (Helena Bonham Carter, drôle et touchante) a déjà fait l’objet d’une dizaine de versions. Ce nouveau tour de force gothique de Tim Burton, adaptation de la comédie musicale de Broadway de 1979, en restera assurément la plus mémorable. En effet, le visuel de sa dernière œuvre est une véritable réussite technique. Toutefois, certains aspects de cette création étonnante ne feront pas l’unanimité, principalement l’omniprésence du chant et cet humour noir particulier. Pour sa part, Johnny Depp y fait preuve d’une voix agréable à l’émotion sentie, mais son rôle, croisement entre Edward Scissorhands et Ichabod Crane, est difficilement sympathique, surtout lorsqu’il se met à trancher la gorge de tout un chacun sans raison dans des scènes d’un gore inattendu. 7,5/10

EASTERN PROMISES (2007)

Réalisé par David Cronenberg. Écrit par Steven Knight.
(Vu le 23 décembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Gardant les mêmes ingrédients qui avaient fait le succès de son excellent A History of Violence (des gens ordinaires projetés, avec une structure narrative linéaire, dans une sous-culture sanguinaire réaliste), David Cronenberg nous revient avec une histoire intense explorant la mafia russe londonienne. Contrairement à la trilogie The Godfather où l’importance mise sur la famille faisait presque croire qu’il est sympathique d’appartenir au crime organisé, il en propose une vision brute qui ne fait pas de doutes sur la réalité sanglante à laquelle ces gens sont confrontés. Certains pourront trouver que sa distribution internationale donne une image stéréotypée des Russes ou encore que la petite intrigue amoureuse amenée par la présence de Naomi Watts est futile, mais Viggo Mortensen, à travers ces moments de non-dit à la tension palpable, est tout simplement époustouflant en membre de la Vory V Zakone et sa scène de combat nu en est une d’anthologie. 8/10

samedi 22 décembre 2007

LES 3 P'TITS COCHONS (2007)

Réalisé par Patrick Huard. Écrit par Claude Lalonde et Pierre Lamothe.
(Vu le 18 décembre; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Pour son premier long métrage, Patrick Huard, nous livre une réalisation compétente. Toutefois, il tombe dans presque tous les pièges du débutant : effets de mise en scène inutiles, narrations multiples n’apportant rien à l’histoire, développement stéréotypé de la psychologie des personnages (voir sa vision des adolescents), direction d’acteurs molle et plusieurs longueurs (le film aurait pu être amputé d’une demi-heure…) Pour ce qui est des acteurs, Guillaume Lemay-Thivierge incarne étonnamment le personnage le plus crédible et attachant, tandis que Claude Legault se révèle égal à lui-même. Pour sa part, Paul Doucet, jouant le rôle du petit cochon à la maison de briques nous réservant une surprise, est plutôt rigide. En fait, outre la présence de Mahée Paiement, ce qui rend ordinaire ce grand gagnant du box-office québécois 2007 est ce scénario sur l’adultère oscillant entre drame, humour et critique sociale sans jamais offrir un regard neuf ou réellement intéressant. 6/10

PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END (2007)

Réalisé par Gore Verbinski. Écrit par Ted Elliot et Terry Rossio.
(Vu le 20 décembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Troisième volet de cette franchise, seul vrai succès des Studios Disney depuis belle lurette, celui-ci se rapproche davantage de la seconde mouture que de l’œuvre original. En effet, il s’agit encore une fois d’un gros spectacle de sons et de lumière dans lequel les multiples intrigues ne visent qu’à engendrer des scènes de combats épiques au budget colossal, aux effets spéciaux impeccables et aux maquillages et costumes oscarisables. Cette « dernière » partie a toutefois un fil conducteur plus clair, quoiqu’on s’y perdrait facilement sans avoir vu la deuxième. Coté acteurs, Geoffrey Rush y vole la vedette, Johnny Depp étant plus que jamais en mode cabotin dans un personnage qui sert peu à l’histoire. En somme, pour une trilogie dont les deux derniers morceaux ont été tournés simultanément, celle-ci se révèle supérieure aux finales de Back To The Future ou The Matrix, mais on est loin de Lord of the Ring. 6,5/10

dimanche 16 décembre 2007

BECOMING JOHN FORD (2007)

Réalisé par Nick Redman. Écrit par Julie Kirgo.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 16 décembre 2007; format 150 mots)

Cet intéressant documentaire est produit dans le cadre de la sortie d’un coffret intitulé « Ford at Fox », lequel comprend 24 films de ce réalisateur grognon ayant remporté 4 fois l’Oscar du meilleur réalisateur et étant devenu, avec 144 films réalisés entre 1917 et 1976, l’un des vrais icônes américains de l’Age d’or d’Hollywood. Outre une narration irritante personnifiant la relation entre John Ford et son producteur Daryl F. Zanuck (interprétée respectivement par les réalisateurs Walter Hill et Ron Shelton), il s’agit d’un document de qualité doté d’une belle cinématographie et d’entrevues intéressantes. Malheureusement, il s’agit principalement d’un outil promotionnel et il se révèle incomplet, car on omet complètement son long partenariat avec John Wayne étant donné que cela a déjà fait l’objet d’une autre sortie… Trois coffrets de cinq films seront également disponibles : sa période muette, sa période comique et ses incontournables (dont l’excellent The Grape of Wrath.) 6/10

FANTASTIC 4: RISE OF THE SILVER SURFER (2007)

Réalisé par Tim Story. Écrit par Don Payne, John Turman et Mark Frost d’après les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 16 décembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Second volet d’une franchise qui rapporte bien au box-office, celui-ci n’a pas réussi davantage que la première partie a obtenir un succès critique, et avec raison : Tim Story tourne les scènes avec l’aplomb d’un réalisateur-télé. De plus, le scénario nous présente des personnages infantiles qui utilisent leurs pouvoirs pour séduire les filles ou faire disparaître un bouton, et nous livre des dialogues qui feraient bonne figure dans n’importe quel roman savon. Également, Jessica Alba est toujours aussi peu crédible en Invisible Woman tandis que The Thing a toujours l’air aussi ridicule en caoutchouc, sans compter que le Silver Surfer ressemble à T-1000 avec une planche de surf et que Dr Doom est le sosie de l’Empereur de Star Wars durant la première demi-heure… Des effets spéciaux efficaces et une cinématographie aux couleurs riches empêchent le tout d’être un ratage complet, mais il n’est pas difficile de trouver meilleur divertissement. 5/10

samedi 15 décembre 2007

HARRY POTTER AND THE ORDER OF THE PHENIX (2007)

Réalisé par David Yates. Écrit par Michael Goldenberg et J.K. Rowling.
(Vu le 14 décembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Ayant la tâche ingrate d’adapter le pire livre de la série, Michael Goldenberg réussit à pondre un scénario fluide triant adéquatement cette montagne de péripéties inutiles. Également, en se penchant sur certains aspects sociaux de l’œuvre (manipulation médiatique, aberrations politiques, gérance scolaire inadéquate), il offre une profondeur qui n’était pas autant exploitée dans les autres films. Pour sa part, David Yates va chercher une bonne performance de ses acteurs, quoique Daniel Radcliffe soit souvent en mode adolescent frustré à la Luke Skywalker et que de nombreux acteurs secondaires talentueux soient peu utilisés. Aussi, sa volonté de rendre la cinématographie plus réaliste retire un peu du lustre magique habituel et les effets spéciaux sont moches. Cependant, Imelda Staunton (Vera Drake) est parfaite dans le rôle de celle que l’on aime haïr et vole la vedette de ce spectacle satisfaisant qui n’atteint toutefois pas le niveau du troisième volet réalisé par Cuaron. 6,5/10

jeudi 13 décembre 2007

SUPERBAD (2007)

Réalisé par Greg Mottola. Écrit par Seth Rogen et Evan Goldberg.
(Vu le 11 décembre 2007; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; format 150 mots)

Il serait facile de dire que, comme le titre, ce film est « super mauvais », mais ce serait faux. En fait, il faut retirer le « super » : il est tout simplement mauvais. Écrit par Seth Rogen et produit par Judd Apatow, qui ont collaboré sur Knocked Up et 40 Year Old Virgin, cette nouvelle comédie est du même acabit que les deux précédentes, c’est-à-dire qu’elle se veut irrévérencieuse ou outrancière, mais ne se résume en fait qu’à une longue suite de blagues sous la ceinture, le tout saupoudré de ce mot débutant par un F. Le duo Jonah Hill-Michael Cera fonctionne assez bien et Christopher Mintz-Plasse a la voix et la bouille idéales pour son rôle, mais les rires qui ne sont pas gras se font rares et le synopsis, deux rejets voulant absolument coucher avec une fille le dernier jour du secondaire, est vraiment du réchauffé. 5,5/10

lundi 10 décembre 2007

NUOVOMONDO (2006)

Écrit et réalisé par Emanuele Crialese.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 10 décembre 2007; format 150 mot)

Au tournant du vingtième siècle, une famille de Siciliens tente d’émigrer aux États-Unis, le « nouveau monde ». Cette coproduction Italie-Allemagne-France a raflé huit prix à la Mostra de Venise 2006, dont le Lion d’Argent, enthousiasme qu’il est toutefois difficile à partager en regardant l’œuvre. En effet, malgré que certaines mises en scène de foules soient bien orchestrées et innovatrices, que la cinématographie de quelques scènes soit très belle (particulièrement celle où le bateau largue ses amarres, scindant la foule entre ceux qui restent et ceux qui partent) et que l’histoire nous présente des aspects parfois étonnants ou révoltants de l’immigration (tests d’entrée frôlant l’épurement ethnique ou l’examen de cheptel, mariages forcés pour avoir son visa), les côtés surréalistes de la réalisation se révèlent inutiles et l’on s’attache malheureusement peu au sort de la famille ainsi qu’à celui du personnage de Charlotte Gainsbourg, mystérieuse Anglaise rouquine au teint blafard. 6,5/10

dimanche 9 décembre 2007

ONCE (2006)

Écrit et réalisé par John Carney.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 9 décembre 2007; format 150 mots)

Pour son cinquième film, le réalisateur irlandais John Carney nous offre une touchante histoire d’amour entre un musicien itinérant et une immigrante tchèque qui lui valut le prix du public à Sundance et au Festival international des films de Dublin. Tourné sans moyens avec une caméra digitale, le film est plutôt laid, mais ce ne sont pas ses qualités visuelles qui captent notre attention, mais bien celles auditives. En effet, la voix du personnage principal interprété par Glen Hansard (ancien chanteur de The Frames, le guitariste dans The Commitments) est étonnamment émouvante et se marie très bien avec celle de Marketa Irglova, avec laquelle il avait déjà enregistré un album. Ils sont musiciens avant d’être acteurs, mais Carney réussit à obtenir d’eux un jeu naturel et une complicité palpable. Leur amour impossible, quoique intéressant, est toutefois éclipsé par ces chansons d’une beauté rare qui valent à elles seules le détour. 8/10

vendredi 7 décembre 2007

RESCUE DAWN (2006)

Écrit et réalisé par Werner Herzog.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 5 décembre 2007; format 150 mots)

Pour son premier film américain, le réputé réalisateur allemand Werner Herzog (Grizzly Man, Nosferatu 1979) met en scène une histoire vraie à propos de laquelle il a déjà tourné un documentaire. Il s’agit de celle de l’un de ses compatriotes, Dieter Dengler, un aviateur qui, en 1965, fit une mission secrète au Laos pour l’armée américaine et devint prisonnier de guerre. Ceux qui s’attendent, à la vue de cette pochette avec un Christian Bale amaigri accompagné d’une jungle bombardée, à un film avec beaucoup d’actions seront probablement déçus, car Herzog se concentre sur les impacts psychologiques de la situation et son montage elliptique tue complètement le rythme. Aussi, pour une production à propos des POW, cela manque l’humour de Stalag 17, la violente intensité de The Deer Hunter, le développement des personnages de The Great Escape, mais, heureusement, on est également très loin de Mission in Action avec Chuck Norris! 6/10

samedi 1 décembre 2007

LIVE FREE OR DIE HARD (2007)

Réalisé par Len Wiseman. Écrit par Mark Bomback d’après une histoire de David Marconi et de Mark Bomback basée sur un article de John Carlin et certains personnages créés par Roderick Thorp.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 27 novembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Des cyberterroristes prennent le contrôle des ordinateurs responsables de la plupart des sphères de la vie américaine, semant un chaos incroyable, et décident d’éliminer au passage chaque pirate informatique qui pourrait déjouer leur plan. Heureusement pour les États-Unis, John McClane arrive, contre son gré bien entendu, à la rescousse! Malgré de nombreuses invraisemblances, certains effets spéciaux évidents, des plaies qui cicatrisent le temps de le dire et des mercenaires increvables, les scènes d’action sont efficaces et c’est avec un réel plaisir que l’on retrouve un Bruce Willis en forme dans le rôle de son policier pas tuable qui n’a pas la langue dans sa poche. Dans le rôle du compagnon qui devient témoin sans le vouloir des exploits de notre héros, on perd un peu au change, car Justin Long n’est pas Samuel Jackson, mais il s’en tire plutôt bien et le tout est assurément meilleur que Die Hard 2. 7/10

NO END IN SIGHT (2007)

Écrit et réalisé par Charles Ferguson.
(Vu le 26 novembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Pour son premier documentaire, Charles Ferguson s’est attelé au bourbier qu’est la guerre en Irak. Ayant gagné le prix spécial du jury au dernier festival de Sundance, ce film semble nous en apprendre un peu moins de l’autre côté de la frontière, nos médias nous ayant déjà divulgué la plupart de ces informations (sauf peut-être la mort par bombardement d’un des hauts commissaires de l’ONU, Segio Vieira de Mello) qui sont cachées au peuple américain. Néanmoins, cela offre une bonne récapitulation des événements. Avec des interviews intéressantes de gens du gouvernement qui ont été directement impliqués, le film se penche surtout sur les erreurs de l’administration Bush, dont certaines incroyables comme le renvoi et non la réutilisation des soldats irakiens après la tombée de Bagdad. Dommage toutefois que l’on donne peu la parole aux Irakiens afin de trouver des solutions à ce conflit qui perdure pour le profit d’une minorité. 7/10

LA VIE EN ROSE (2007)

Réalisé par Olivier Dahan. Écrit par Isabelle Sobelman et Olivier Dahan.
(vu le 20 novembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3)

Basé sur la vie d’Edith Piaf, ce drame biographique suit celle qui n’a jamais connu la sérénité, des bas-fonds de son enfance malheureuse aux sommets de la gloire. Exploitant surtout le côté misérabiliste de son existence, la réalisation ordinaire d’Olivier Dahan appuyé par un scénario conventionnel nous réserve tout de même de nombreuses scènes émotives d’une grande qualité comme celles où, pour la première fois, une Piaf préadolescente chante La Marseillaise dans la rue pour rapporter quelques sous ou lorsqu’elle apprend que l’amour de sa vie est mort dans un accident d’avion alors qu’il venait la rejoindre. En fait, c’est l’interprétation magistrale de Marion Cotillard qui vaut ici le détour. Elle est vraiment époustouflante dans ce rôle aux nombreux registres se déroulant sur de nombreuses années. Sans elle et la merveilleuse musique de Piaf en arrière-plan, ce spectacle visant souvent à seulement nous tirer une larme aurait été plutôt banal. 7,5/10