(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 10 juillet 2007; format libre)
Après un générique plantant l’action dans une banlieue ordinaire de Los Angeles, on sait qu’il y aura anguille sous roche dès le moment où la femme s’en va au travail tandis que l’homme reste à la maison (déjà là, il s’agit d’un crime capital dans un film américain…)
Quelques minutes plus tard, le musicien chômeur en question (Rory Cochrane, Dazed and Confused, CSI) entend à la radio qu’une bombe vient d’exploser au centre-ville. Il saute dans sa voiture pour aller rejoindre sa bien-aimée, mais la police bloque les routes pour limiter l’accès à la ville.
Ce départ extrêmement haletant, appuyé par une caméra-épaule efficace, se révèle presque aussi excitant que la première fois qu’on découvre 24. De plus, le chaos social qui s’en suit et le flot d’informations stressantes continuelles de la radio mettent bien en place le thème : la paranoïa.
Écrit en 2003, le timide réalisateur (c’est sa première réalisation, mais il a déjà travaillé avec des grands tels que Gilliam, Fincher, Spielberg, frères Coen) a avoué dans l’entrevue suivant la présentation qu’il avait pondu le scénario en réaction aux événements de septembre 2001 et l’ambiance qu’il y avait alors, et qu’il y a encore, aux États-Unis. De plus, son but était de nous faire voir un attentat du point de vue des victimes, sans parler de ce qui motive le terrorisme. En ce sens, il rejoint en partie Paul Grengrass avec son United 93 et, en plus, son montage empli d’ellipses rappelle le Bloody Sunday du même réalisateur.
Ainsi, son film se concentre autour de ses deux acteurs principaux : Rory Cochrane et Mary McCormack. Après l’explosion de ces bombes chimiques mortelles, le mari doit s’enfermer dans sa maison sans sa femme. Lorsque celle-ci revient, le film perd de son rythme, mais met en place un questionnement intéressant : que ferait-on pour aider celle que l’on aime si on savait qu’elle est contaminée et contagieuse?
Tourné en 19 jours avec 500 000$, le résultat est extrêmement professionnel compte tenu des circonstances. C’est sûr que, par moments, le jeu de Cochrane est un peu trop affligé et que McCormack découpe parfois mal ses intentions et offre des réactions stéréotypées, donnant ainsi l’impression qu’on est dans un épisode-télé, mais, la production reposant entièrement sur leurs épaules et la quantité de texte débitée en si peu de temps étant impressionnante, ils s’en sortent très bien.
Abordant dans le même sens que mon collègue Kristof G. (voir son excellente critique), je ne comprends pas pourquoi le buzz dans Internet est si faible autour du film (seulement 6,1 sur imdb.com) Est-ce le fait que c’est un huit clos? Que cela critique la façon dont les autorités américaines réagissent en temps de crise (Katrina…)? Ou encore que, dans sa volonté de montrer le désarroi des victimes, cela donne presque raison à la peur que les Républicains veulent installer pour justifier leurs budgets?
Pour ma part, j’ai vraiment embarqué et apprécié le voyage malgré une fin sur laquelle on passe en vitesse. À ne pas manquer lors de sa sortie officielle. 7/10
Après un générique plantant l’action dans une banlieue ordinaire de Los Angeles, on sait qu’il y aura anguille sous roche dès le moment où la femme s’en va au travail tandis que l’homme reste à la maison (déjà là, il s’agit d’un crime capital dans un film américain…)
Quelques minutes plus tard, le musicien chômeur en question (Rory Cochrane, Dazed and Confused, CSI) entend à la radio qu’une bombe vient d’exploser au centre-ville. Il saute dans sa voiture pour aller rejoindre sa bien-aimée, mais la police bloque les routes pour limiter l’accès à la ville.
Ce départ extrêmement haletant, appuyé par une caméra-épaule efficace, se révèle presque aussi excitant que la première fois qu’on découvre 24. De plus, le chaos social qui s’en suit et le flot d’informations stressantes continuelles de la radio mettent bien en place le thème : la paranoïa.
Écrit en 2003, le timide réalisateur (c’est sa première réalisation, mais il a déjà travaillé avec des grands tels que Gilliam, Fincher, Spielberg, frères Coen) a avoué dans l’entrevue suivant la présentation qu’il avait pondu le scénario en réaction aux événements de septembre 2001 et l’ambiance qu’il y avait alors, et qu’il y a encore, aux États-Unis. De plus, son but était de nous faire voir un attentat du point de vue des victimes, sans parler de ce qui motive le terrorisme. En ce sens, il rejoint en partie Paul Grengrass avec son United 93 et, en plus, son montage empli d’ellipses rappelle le Bloody Sunday du même réalisateur.
Ainsi, son film se concentre autour de ses deux acteurs principaux : Rory Cochrane et Mary McCormack. Après l’explosion de ces bombes chimiques mortelles, le mari doit s’enfermer dans sa maison sans sa femme. Lorsque celle-ci revient, le film perd de son rythme, mais met en place un questionnement intéressant : que ferait-on pour aider celle que l’on aime si on savait qu’elle est contaminée et contagieuse?
Tourné en 19 jours avec 500 000$, le résultat est extrêmement professionnel compte tenu des circonstances. C’est sûr que, par moments, le jeu de Cochrane est un peu trop affligé et que McCormack découpe parfois mal ses intentions et offre des réactions stéréotypées, donnant ainsi l’impression qu’on est dans un épisode-télé, mais, la production reposant entièrement sur leurs épaules et la quantité de texte débitée en si peu de temps étant impressionnante, ils s’en sortent très bien.
Abordant dans le même sens que mon collègue Kristof G. (voir son excellente critique), je ne comprends pas pourquoi le buzz dans Internet est si faible autour du film (seulement 6,1 sur imdb.com) Est-ce le fait que c’est un huit clos? Que cela critique la façon dont les autorités américaines réagissent en temps de crise (Katrina…)? Ou encore que, dans sa volonté de montrer le désarroi des victimes, cela donne presque raison à la peur que les Républicains veulent installer pour justifier leurs budgets?
Pour ma part, j’ai vraiment embarqué et apprécié le voyage malgré une fin sur laquelle on passe en vitesse. À ne pas manquer lors de sa sortie officielle. 7/10