mardi 12 février 2008

THE BRAVE ONE (2007)

Réalisé par Neil Jordan. Écrit par Roderick Taylor, Bruce A. Taylor et Cynthia Mort.
(Vu le 10 février 2007; format 150 mots)

Après avoir joué pour son premier rôle majeur une jeune prostituée secourue par un homme ordinaire ayant sauté les plombs et ayant décidé de faire régner la justice lui-même (Taxi Driver), c’est cette fois au tour de Jodie Foster d’incarner une espèce de Travis Bickle féminine. Ce scénario dans lequel une vie parfaite bascule peu à peu dans une spirale de violence aurait pu être extrêmement banal en d’autres mains, mais Neil Jordan a la bonne idée de se concentrer sur la peur accompagnant toute agression et cet inconnu tapi en chacun de nous plutôt que sur la revanche en tant que telle. C’est sûr qu’il nous avait accoutumé à des films plus controversés (Crying Game), politiques (Michael Collins) ou éclatés, mais il s’agit d’un essai réussi au film plus conventionnel, lequel est bien appuyé par la performance de Jodie Foster ainsi que par les scènes qu’elle partage avec Terrence Howard. 7/10

dimanche 10 février 2008

SHAKE HANDS WITH THE DEVIL (2007)

Réalisé par Roger Spottiswoode. Écrit pat Michael Donovan d’après le roman de Roméo Dallaire.
(Vu le 7 février 2008; format 150 mots)

Ceux qui ont encore envie de voir un film traitant du génocide au Rwanda après tous les autres sortis ces dernières années ne regretteront pas de visionner celui-ci. En effet, malgré que l’on nous présente un peu trop Roméo Dallaire comme un héros, victime des circonstances ayant tout tenté, mais s’étant fait mettre des bâtons dans les roues de toute part, et qu’on alterne irrationnellement entre le français et l’anglais, le scénario expose avec brio cette situation dans laquelle la laideur humaine a côtoyé la beauté des paysages. Également, la réalisation de Roger Spottiswoode (Tomorrow Never Dies), qui nous avait habitué à des productions pétaradantes et vides, fait preuve d’une belle retenue et s’efface avec respect derrière la situation. Certes, puisqu’on vit cette dernière du point de vue occidental et militaire, et non de l’intérieur comme dans Hotel Rwanda, l’émotion passe moins, mais Roy Dupuis s’avère excellent dans son rôle. 7/10

ACROSS THE UNIVERSE (2007)

Réalisé par Julie Taynor. Écrit par Dick Clement et Ian La Frenais.
(Vu le 6 février 2008; format 150 mots)

Prenant l’idée que les Beatles ont incarné les années 1960, de la pop innocente au psychédélisme et à la contestation, cette comédie musicale les utilise pour suivre de jeunes étudiants traversant la décennie, projet ambitieux qui tente d’accomplir en deux heures ce que le téléfilm The '60s avait bien fait en quatre. Cette expérience un peu frustrante en raison de son côté inégal offre quand même des interprétations intéressantes et de nombreux bons moments (Let it Be chantée par un enfant dans une émeute, le concept entourant Strawberry Fields Forever, Bono chantant I am The Walrus, l’enrôlement militaire pendant I Want You, la finale All You Need Is Love sur le toit.) Certainement pas pour les puristes, ce long vidéoclip, croisement entre Hair et Moulin Rouge!, satisfera probablement les jeunes néophytes ainsi que ceux qui ont besoin de leur dose de Lennon-McCartney, peu importe à quelle sauce on la sert. 7/10

lundi 4 février 2008

ROMAN DE GARE (2007)

Réalisé par Claude Lelouch. Écrit par Claude Lelouch et Pierre Uytterhoeven.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 3 février 2008; format 150 mots)

Une jeune femme se fait larguer par son fiancé dans une station-service et un homme mystérieux la secourt. Laissant le spectateur dans le doute sur sa réelle identité (pédophile échappé de prison? enseignant qui a tout plaqué? esclave littéraire d’une auteure à succès?), on découvrira quel lien les unit à Judith Ralitzer et son dernier livre. Écrit avec son collaborateur de longue date, Pierre Uytterhoeven, le dernier Lelouch peut sembler tortueux au départ avec ce montage qui nous en apprend un peu trop sur le dernier tiers du film, mais l’ensemble se révèle dynamique et original (avec quelques surprises au rendez-vous.) Les acteurs offrent de belles performances avec une Fanny Ardent diabolique, une Audrey Dana intense et Dominique Pinon, réel pivot de cette histoire dont le jeu neutre est idéal pour l’aspect insaisissable du personnage. Quoique ce soit une petite production, il s’agit d’un Lelouch intéressant le ramenant en forme. 7/10

dimanche 3 février 2008

DEATH SENTENCE (2007)

Réalisé par James Wan. Écrit par Ian Jeffers d’après le roman de Brian Garfield.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 2 février 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Basée sur le roman de Brian Garfield faisant suite à Death Wish (adapté en 1974), cette production nous ramène le stéréotype du film d’action depuis les années 1980, c’est-à-dire l’homme qui doit se faire justice lui-même dans le but de protéger et venger sa famille. Comme James Wan nous l’avait prouvé par le passé (Saw), il n’est pas un bon directeur d’acteurs et il est plus occupé à faire des effets inutiles de montage qu’à exposer une réelle émotion. Heureusement, cette fois, il a Kevin Bacon à son bord et celui-ci fait tout ce qu’il peut pour rendre son personnage crédible et livre au passage un monologue touchant, ce qui n’est toutefois pas le cas des membres du gang aux prises avec des personnages plutôt unidimensionnels. Alors que ce sujet a déjà été traité magistralement par Peckinpah, Scorsese ou Cronenberg, Wan n’en fait qu’un bon divertissement de soir de semaine. 6/10

samedi 2 février 2008

HORS DE PRIX (2006)

Réalisé par Pierre Salvadori. Écrit par Benoît Graffin et Pierre Salvadori.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 1er février 2008; format 150 mots; également disponible sur le site www.bngbangtemort.com)

Plus intéressée aux hommes pour leur portefeuille que pour le reste, Irène tombe un jour dans son propre piège en s’amourachant d’un homme, Jean, qui s’avère en fait n’être qu’un simple barman. Malgré que les films récents se basant sur un quiproquo peuvent sembler archaïque, la réalisation de Pierre Salvadori assume ce côté vieillot avec son générique à la Pink Panther et des références musicales ou visuelles correspondant à un clinquant que l’on est plus habitué de voir dans des productions américaines. De plus, il est intéressant de voir Audrey Tautou dans ce rôle de croqueuse d’homme, adorable un instant, détestable l’autre, mais constamment sexy. Pour sa part, Gad Elmaleh, dans un rôle rappelant son précédent (un valet dans le dernier Francis Vebber), attire la sympathie ainsi que la plupart des rires. Ce film nous rappelant que certaines choses, comme l’amour, sont hors de prix est léger, mais plutôt divertissant. 6/10

ENSEMBLE, C'EST TOUT (2007)

Réalisé par Claude Berri. Écrit par Claude Berri d’après le roman d’Anna Gavalda. (Commande du journal Bang Bang; vu le 31 janvier 2008; format 150 mots;publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3)

Camille Fauque est hébergée par son voisin quand celui-ci découvre les effets néfastes de son habitation sur sa santé fragile. Elle tombera ensuite amoureuse du colocataire de ce dernier, cuisinier s’occupant de sa grand-mère, et découvrira au fils des mois que, peu importent les chemins que la vie pourrait emprunter, l’important est de vivre ensemble, c’est tout. Habitué des adaptations littéraires (Jean de Florette, Manon des sources, Germinal), Claude Berri tombe quand même dans le piège des nombreuses ellipses. Il présente ainsi le déroulement en accéléré en se concentrant sur les péripéties essentielles, ce qui pourrait déconcerter le spectateur qui n’a pas lu le roman d’Anna Gavalda. Par exemple, on aurait pris davantage de scènes avec Laurent Stocker, drôle et touchant en Philibert. Néanmoins, lentement, le charme opère grâce au crescendo émotionnel offert par le tandem Audrey Tautou / Guillaume Canet dans une oeuvre dont le déploiement évite un chemin traditionnel. 6,5/10