dimanche 2 novembre 2008

INDIANA JONES AND THE KINGDOM OF THE CRYSTAL SKULL (2008)

Réalisé par Steven Spieldberg. Écrit par David Koepp d’après une histoire de Georges Lucas et Jeff Nathanson.
(Vu le 26 octobre 2008; format 150 mots)

Pour le retour attendu d’Indiana Jones, force est de constater qu’originalité et passion n’étaient pas au rendez-vous. Suivant exactement le synopsis de The Last Crusade (une personne fait des découvertes qui lui valent d’être kidnappée; Indy doit la retrouver à l’aide d’indices que lui seul comprend), on a cette fois remplacé les Nazis par les Communistes et le père par le fils. On a même ramené l’intrigue amoureuse du premier film et le contexte du second (un culte dans un temple éloigné.) Malheureusement, Shia Labeouf, outre pour racoler une jeune audience, n’a pas l’impact d’un Sean Connery et David Koepp (l’homme derrière Jurassic Park 2, l’autre disgrâce dans la filmographie de Spieldberg) n’est pas Lawrence Kasdan quand vient le temps d’écrire un scénario. Finalement, le sexagénaire Harrison Ford est en forme, mais ne sauve pas cette longue suite ennuyante de péripéties parsemée d’effets spéciaux moches et couronnée d’une finale exaspérante. 5,5/10

dimanche 19 octobre 2008

MARTYRS (2008)

Écrit et réalisé par Pascal Laugier.
(Vu le 17 octobre 2008; format 150 mots)

Une jeune fille, aidée par une amie d’enfance, assassine la famille qui l’a séquestrée, sans connaître les surprises que leur réserve la maison où a lieu le règlement de compte. Beaucoup d’encre a coulé à propos de ce film français tourné à Montréal et présenté au FNC puisque les censeurs voulaient le classifier 18 ans et plus, ce qui est uniquement réservé dans l’Hexagone aux films pornographiques. Effectivement, le degré d’horreur, réelle, psychologique ou surnaturelle, y est élevé, l’hémoglobine coule et les cris fusent. Toutefois, on est loin du film qui glorifie la violence en lui conférant une aura de cool, et y vouer un culte serait pour le moins dérangeant. Il s’agit en fait d’une véritable proposition artistique en huis clos qui, en allant au bout de sa proposition, s’essouffle un peu dans le troisième quart, mais qui n’en demeura pas moins une expérience cinématographique inoubliable pour public averti. 7,5/10

3 SAISONS (2008)

Réalisé par Jim Donovan. Écrit par Jim Donovan et Carinne Leduc.
(Vu le 11 octobre 2008; format 150 mots)

Présenté au FNC, cette œuvre personnelle de Jim Donovan, réalisée avec trois fois rien, s’inspire du scénario d’Amorres Perros (on suit deux couples, l’un de la rue et l’autre BCBG, tandis qu’une troisième figure solitaire rôde) en y ajoutant la thématique de la grossesse. Après un départ incertain où les limites budgétaires paraissent avec cette cinématographie digitalement morne et où le jeu stéréotypé de Shawn Beichoo dans le rôle du squegee punk violent agace, le développement des trois intrigues intéresse et le jeu des acteurs, rehaussé par la présence de Frank Schorpion, Dino Tavarone et Dan Bigras dans des rôles secondaires, surprend. Carinne Leduc, co-scénariste et nouvelle venue avec sa bouille à la Marie-Josée Croze, se révèle touchante, Romano Orzari nous réserve une puissante finale et même Caroline Néron y est drôle et naturelle. Malgré qu’elle soit inégale, il s’agit d’une œuvre faite avec coeur et passion, et cela paraît. 6/10

VICKY CHRISTINA BARCELONA (2008)

Écrit et réalisé par Woody Allen.
(Vu le 19 septembre 2008; format 150 mots.)

Deux Américaines diamétralement opposées en matière de relations amoureuses, l’une rationnelle (Rebecca Hall) et l’autre aventurière (Scarlett Johansson), sont en voyage à Barcelone lorsqu’elles rencontrent le peintre charmeur Juan Antonio (Javier Bardem.) Bien qu’il ait son style distinct, Woody Allen est connu pour parfois rendre hommage à ses idoles : Fellini (Stardust Memories), Bergman (Interiors), Dostoievski (Crimes and Misdemeanors)… Ici, il s’agit clairement d’une ode au Jules et Jim de Truffaut avec son triangle amoureux et cette narration d’une autre époque. Souvent, ses exercices de style font piètre figure dans sa filmographie, mais son dernier est une réussite, notamment grâce au jeu des acteurs. Alors qu’ils y sont tous bons, Penelope Cruz vole la vedette dans un rôle dangereusement séduisant qui pourrait bien lui valoir un Oscar. Finalement, des nombreux chassés-croisés amoureux du film, le véritable reste celui du titre, Allen capturant admirablement une Barcelone somptueuse, accompagnée d’une musique envoûtante. 7,5/10

dimanche 14 septembre 2008

LE BANQUET (2008)

Réalisé par Sébastien Rose. Écrit par Hubert-Yves Rose et Sébastien Rose.
(Vu le 8 septembre 2008; format 150 mots)

Après deux premiers films personnels sur la famille (Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause et La Vie avec mon père), Sébastien Rose nous revient cette fois avec une histoire à grand déploiement dans laquelle les multiples personnages s’entrecroisent. Se voulant en quelque sorte un Crash québécois sur le milieu de l’éducation, le réalisateur semble avoir mis la barre un peu haute par rapport à ce que son budget devait lui permettre, et la direction d’acteur paraît ainsi avoir été hâtée en cours de route. En effet, outre un Alexis Martin en forme dans la peau d’un enseignant, l’ensemble se révèle inégal. Tout de même parsemé de bons moments, on ne peut s’empêcher de trouver que la conjoncture des nombreux événements, malgré que la plupart ait dépassé la fiction dernièrement (grèves massives, fusillades dans les écoles), rende le tout trop chargé et frôle tantôt le stéréotype, tantôt l’exagération. 6/10

TOUT EST PARFAIT (2008)

Réalisé par Yves Christian Fournier. Écrit par Guillaume Vigneault et Yves Christian Fournier.
(Vu le 11 septembre 2008; format 150 mots)

Quatre adolescents forment un pacte de suicide, laissant leur entourage avec le lourd fardeau du deuil. Cette première œuvre de Yves Christian a le mérite de traiter d’un sujet tabou qui affecte de nombreux Québécois. De plus, le ton choisi de la réalisation sied bien à la thématique, la direction photo se révèle compétente et la trame sonore est bien choisie (Loco Locass, entre autres.) Malgré cela, cette histoire forte nous touche difficilement, en raison notamment de Maxime Dumontier qui, dans le désir de nous montrer un jeune réprimant ses émotions, les évacue également pour le spectateur. Les personnages adultes s’en tirent mieux (très bon Normand D’amour), mais les jeunes acteurs ne sont pas constants. Finalement, le film est trop long pour son propre bien, le montage aurait pu se passer des nombreux retours en arrière et les dialogues de Guillaume Vigneault auraient pu être épurés de certaines lourdeurs métaphoriques. 5,5/10

samedi 23 août 2008

THE DARK KNIGHT (2008)

Réalisé par Christopher Nolan. Écrit par Jonathan Nolan, Cristopher Nolan et David S. Goyer d’après les personnages de Bob Kane.
(Vu le 19 août 2008; format 150 mots)

Grâce à Christopher Nolan, la franchise Batman est bel et bien ressuscitée et, après un Batman Begins réussi, sans plus, c’est avec étonnement qu’on accueille la qualité de ce second volet. Sans être parfaits (trop de mouvements circulaires en première partie pendant certains dialogues cruciaux, montage à la continuité un peu brute, raccourci narratif pour conclure la fête de Bruce Wayne envahie par le Joker, monologue de fermeture racoleur), sa réalisation et le scénario coécrit avec son frère n’en demeurent pas moins mémorables, et représentent plus que l’étiquette, film de super héros, que l’on pourrait accoler à cette saga du crime aux nombreuses réflexions sociologiques concernant le chaos sous la surface et la mince couche qui sépare le héros de son ennemi. Parsemée de performances d’acteurs adéquates, Heath Ledger vole la vedette avec son Joker psychopathe dans une performance électrisante et perturbante de vérité, qui mériterait amplement un Oscar posthume. 9/10