samedi 25 août 2007

THE BOURNE ULTIMATUM (2007)

Réalisé par Paul Greengrass. Écrit par Tony Gilroy, Scott Z. Burns et George Nolfi d'après le roman de Robert Ludlum.
(vu le 12 août 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Jason Bourne, l'espion amnésique ayant peu à voir avec son homologue littéraire, cherche à nouveau son identité dans cette histoire dont l'utilisation des gadgets de surveillance, à l'instar de Enemy of the State, a de quoi rendre tout un chacun paranoiaque. Second volet réalisé par Paul Greengrass, son style caméra-épaule instable entrecoupé de zooms rapides est de retour, mais sied mieux à ses films dans lesquels il s'attaque à de réels événements (Bloody Sunday, United 93), plongeant ainsi le spectateur dans une réalité quasi documentaire. En effet, lorsqu'il l'utilise pour illustrer un récit d'espionnage international, cela donne un côté frénétique brouillant les nombreuses cascades et scènes de combat, éliminant une partie du côté glamour inhérent au genre. Se résumant à une longue poursuite où la majeure partie du jeu efficace de Matt Damon se révèle physique, cette troisième partie ajoute peu, mais ne décevra pas l'amateur de sensations fortes. Au final, il s'agit d'un divertissement estival compétent, sans plus. 6,5/10

mardi 14 août 2007

THE DARWIN AWARDS (2006)

Réalisé et écrit par Finn Taylor.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 7 août 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Les Darwin Awards sont des livres couronnant les accidents mortels les plus stupides et remerciant ces gens d'ainsi se retirer du bassin génétique pour l'amélioration des générations futures. Avec cette prémisse farfelue qui aurait pu faire place à de nombreux gags physiques amusants, le réalisateur-scénariste fait peu. En effet, en nous conviant à une histoire d'amour plutôt convenue entre un ancien enquêteur spécialisé en psychologie (Joseph Fiennes) et une représentante d'une compagnie d'assurance (Wynona Rider), le scénario se déploit en n'exploitant pas son potentiel comique. Fiennes joue adéquatement son personnage prudent à l'excès, mais sa partenaire le soutient mal avec un jeu forcé appuyé par des répliques creuses. En somme, l'entraînante bande sonore n'arrive pas à rendre excitante cette histoire aux rebondissements neutralisés par une narration morne et dont le principal intérêt réside dans ses caméos (Chris Penn, David Arquette, les membres de Metallica, Tim Blake Nelson, Juliette Lewis...) 5/10

THE SIMPSONS MOVIE (2007)

Réalisé par David Silverman. Écrit par James L. Brooks, Matt Groening, Al Jean, Ian Maxtone-Graham, George Meyer, David Mirkin, Mike Reiss, Mike Scully, Matt Selman, John Swartzwelder, Jon Vitti.
(vu le 5 août 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Après 18 ans de succès, la famille dysfonctionelle la plus chérie au monde fait finalement un saut sur le grand écran... avec succès! Même si le départ, en ne nous présentant pas les personnages, déjà connus de tous, mais plutôt une succession de blagues plus au moins reliées entre elles, semble pouvoir provenir de n'importe quel épisode, l'intrigue réussit à se déployer avec intérêt pendant une heure et demie. Également, en conviant à des pointes d'émotions entre Homer et Marge qui n'auraient jamais été exploités aussi efficacement dans son format télé, en offrant des moments attendus depuis longtemps (amourette pour Lisa, prise de conscience chez Bart, premier mot de Maggie) et en traitant de sujets d'actualité tels que l'environnement, ce film auto-référentiel n'ayant pas peur d'affirmer qu'il "faut être stupide pour payer pour quelque chose qu'on peut voir gratuitement à la télévision" offre un feu roulant de blagues qui nous fait passer un bon moment. 7/10

mercredi 1 août 2007

THE NUMBER 23 (2007)

Réalisé par Joel Schumacher. Écrit par Fernley Phillips.
(Vu le 31 juillet; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Un homme reçoit un livre à son anniversaire et en devient obséder, tout comme par la récurrence du chiffre 23. D’entrée de jeu, le suspense de ce thriller avec Jim Carrey se révèle peu efficace. Le problème de cette production passable n’est pas nécessairement la réalisation bourrée d’effets superflus de Schumacher, mais bien le scénario de Fernley Phillips. En effet, le déroulement (voir un homme lire un livre) est peu captivant, surtout que sa soudaine obsession est difficile à saisir et que les calculs du chiffre 23 défilent à une vitesse désensibilisant l’intérêt. Également, la découverte du livre s’insère mal dans la mise en situation et la fin, noyée dans la narration, est inutilement explicative. Malgré tout, Carrey s’en tire plutôt bien avec ce rôle dont le principal défi consiste à en jouer l’alter ego littéraire. À ce jeu, Virginia Madsen s’en sort encore mieux, étant pratiquement méconnaissable dans son second personnage. 5,5/10

IRAQ IN FRAGMENTS (2006)

Réalisé par James Longley.
(Vu le 30 juillet 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Ce bon documentaire, nommé aux Oscars, présente l’Iraq de l’intérieur, le réalisateur y ayant vécu deux ans. À travers une cinématographie et une narration lyriques, James Longley l’expose en « fragments » couvrant les trois communautés. Le premier présente un jeune sunnite de 11 ans, philosophe à ses heures. Celui qui rêvait de travailler et qui a ensuite cessé de rêver en travaillant souhaite devenir pilote d’avion pour « visiter de beaux pays, pas comme l’Iraq. » Le second, plus violent, suit une bande de Chiites. Persécutés durant le régime de Saddam, ces islamistes ne veulent pas d’un nouveau président mis en place « par les ennemis de Dieu ». Finalement, le troisième expose une famille de Kurdes, ces ignorés heureux de l’arrivée des Américains. À travers le montage, parfois un peu trop frénétique, les enfants sont omniprésents. En effet, ce sera à eux de reconstruire cette Iraq qui, envahisseurs occidentaux ou non, est malheureusement divisée. 7,5/10