samedi 29 mars 2008

THE MIST (2007)

Réalisé et écrit par Frank Darabont d’après la nouvelle de Stephen King.
(Vu le 25 mars 2008; format 150 mots)

Une brume étrange s’empare lentement de la ville et force un groupe de personnes à se réfugier dans un supermarché. Alors que les effets spéciaux nous font regretter les bons vieux tentacules en caoutchouc du temps de Tremors, Frank Darabont a la bonne idée de ne pas concentrer ses efforts sur l’horreur surnaturelle de l’histoire, mais bien celle humaine amenée par l’ignorance et la peur, que ce soit la xénophobie ou la montée du fondamentalisme religieux. Malheureusement, outre Marcia Gay Harden, excellente dans le rôle de la fanatique illuminée, le jeu des acteurs supporte mal les dialogues bien ficelés, particulièrement Thomas Jane, héros typiquement américain duquel on sent peu l’émotion. Ceux qui s’attendent à ce que le réalisateur ait refait l’exploit de The Shawshank Redemption ou de The Green Mile seront déçus et, alors qu’il y a de très bons moments, les qualités du film ne surpassent pas ses défauts. 7/10

mardi 25 mars 2008

I AM LEGEND (2007)

Réalisé par Francis Lawrence. Écrit par Mark Protosevich et Akiva Goldsman d’après le roman de Richard Matheson et le scénario de John William Corrington et Joyce Hooper Corrington.
(Vu le 23 mars 2008; format 150 mots)

Basé sur le roman d’anticipation de Richard Matheson dans lequel un virus a décimé la population humaine, ce véhicule taillé sur mesure pour Will Smith en est la troisième adaptation, après The Last Man on Earth (1964) et The Omega Man avec Charlton Heston (1971). Le début, où l’on présente efficacement un New York dévasté, même si cela a été fait souvent, et où le protagoniste n’a qu’un chien avec qui dialoguer (variation vivante sur le ballon de soccer de Cast Away), est atmosphérique à souhait et présente la tension nécessaire, quoi que l’on sente déjà cette volonté de surexploiter les effets visuels CGI. En effet, la suite se gâte quand apparaissent les survivants altérés, monstres tristement générés par ordinateur. Finalement, quand le scénario commence à présenter de sérieux trous et nous laisse en plan avec une finale décevante, il ne nous reste seulement l’impression que cela aurait pu être bon. 6,5/10

dimanche 23 mars 2008

LE RING (2007)

Réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette. Écrit par Renée Beaulieu.
(Vu le 19 mars 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.5 le 8 mai 2008)

Jessy est un adolescent du quartier Hochelaga-Maisonneuve dont la passion pour la lutte est sa seule échappatoire face à la réalité désolante qui l’entoure. Anaïs Barbeau-Lavalette a déjà fait du documentaire, notamment avec des enfants défavorisés du Honduras, et utilise habilement ce qu’elle y a appris pour cette première fiction s’inspirant du cinéma social des frères Dardenne. N’évitant pas totalement le pathos (école buissonnière, mère héroïnomane, père alcoolique peu présent, frère délinquant vendeur de drogues, sœur prostituée) l’œuvre, sans avoir cette scène forte réellement marquante, est sincère avec sa direction photo alternant entre des plans poétiques bruts du quartier défavorisé et une caméra collant à la peau des personnages, sa mélancolie discrète appuyée par la musique de Catherine Major et Maxime Desjardins-Tremblay, extrêmement attachant dans ce rôle du jeune comprenant que la vie n’est pas obligée d’être comme la lutte, c’est-à-dire une mascarade où les perdants sont décidés à l’avance. 7/10

BEE MOVIE (2007)

Réalisé par Steve Hickner et Simon J. Smith. Écrit par Jerry Seinfeld, Spike Feresten, Barry Marder et Andy Robin.
(Vu le 18 mars 2008; format 150 mots)

Harry B. Benson est une abeille pas comme les autres qui décide d’aller explorer l’extérieur de la ruche et qui devra faire face aux conséquences de ses gestes. Malgré que ce soit un divertissement compétent, le principal problème de ce film d’animation est ce scénario à huit mains aux péripéties plutôt ennuyantes essoufflant rapidement le potentiel limité des jeux de mots sur les abeilles. L’histoire recèle quand même des commentaires sociaux intéressants, mais ils ont tous déjà été exploités : surconsommation (Over The Hedge), les effets de nos agissements sur l’environnement (Happy Feet), exploitation animalière (Madagascar), l’importance de l’individu au sein de la masse (Antz.) L’animation est d’une grande qualité, mais on aurait presque préféré, comme c’était le cas dans la bande-annonce, de voir Jerry Seinfeld déambuler en costume d’abeille, car, malgré quelques rires, cette sortie, après près de 10 ans de léthargie, sera un peu décevante pour ses fans. 6/10

LE DERNIER CONTINENT (2007)

Réalisé par Jean Lemire. Écrit par Caroline Underwood et Jean Lemire.
(Vu le 11 mars 2008, format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.5 le 8 mai 2008)

Pendant plus d’un an, Jean Lemire et son équipe ont mis le cap sur l’Antarctique pour aller mesurer les effets du réchauffement climatique. Alors que la réalisation lui est créditée, les véritables forces du film demeurent l’incroyable direction photo de Martin Leclerc et le montage rythmé, quoique l’on sente beaucoup de mise en scène dans cette aventure aux nombreux obstacles. Également, la narration du capitaine du navire est agaçante, prise dans une formalité modèle Canal D qui ne lui sied pas, et la musique est appuyée au point que l’on se croirait parfois dans un film-catastrophe à la The Poseidon Adventure. Cela n’empêche pas la production d’avoir des moments touchants (ce père appelant son jeune fils pour son anniversaire, ce bébé pĥoque semblant abandonné par sa mère.) Malheureusement, en évacuant la plupart des données scientifiques du sujet, on assiste davantage à un bon journal de bord filmé qu’à un documentaire. 6,5/10

samedi 8 mars 2008

INTO THE WILD (2007)

Réalisé et écrit par Sean Penn d’après le livre Jon Krakauer.
(Vu le 5 mars 2008; format 150 mots)

Fin des années 1980, un collégien récemment diplômé part sur la route sans avertir personne avec l’Alaska comme objectif. Emile Kirsh, rappellant Leonardo Di Caprio dans The Beach, se révèle un bon choix. En effet, il suit courageusement Sean Penn et sa réalisation très assurée dans l’évolution et tous les extrêmes du personnage qui, lentement, se détachera de tout ce que représente la vie en Amérique. Il fera en chemin de nombreuses rencontres formatrices, dont la plus intéressante demeure celle avec Hal Holbrook, dans laquelle il fait un dernier contact avec un semblant de famille et donne goût de vivre à un vieillard. Bercée par la musique d’Eddie Vedder, cette histoire vraie, malgré un montage inventif, s’éloigne difficilement de sa source littéraire et risque d’ennuyer ceux qui ne seront pas intéressés par une quête de la vérité, loin du matérialisme et de l’hypocrisie, aux nombreux échos à la mentalité hippie. 7/10

mercredi 5 mars 2008

IN THE VALLEY OF ELAH (2007)

Réalisé par Paul Haggis. Écrit par Paul Haggis et Mark Boal.
(Vu le 2 mars 2007; format 150 mots)

Après avoir réalisé une fresque ambitieuse sur cette mince frontière entre le bien et le mal avec Crash, gagnant du meilleur film 2005, le nouveau Paul Haggis est beaucoup plus minimaliste et se concentre sur la quête d’un seul homme. En effet, Tommy Lee Jones, dans un rôle nominé aux Oscars, porte le film sur ses épaules même s’il est difficile d’avoir de la sympathie pour cet ancien militaire qui tente de comprendre ce qui est arrivé à son fils, disparu depuis son retour d’une mission en Irak. Œuvre très satisfaisante malgré un dénouement qui aurait pu être plus spectaculaire, elle est passée plutôt inaperçu, probablement en raison de son sujet. Les Américains ne semblent pas prêts à se faire dire que leurs soldats en Irak, guerre dont les dommages collatéraux prennent souvent la forme d’enfants innocents, vivent une pression psychologique trop forte, les poussant à la torture, au meurtre. 7,5/10

samedi 1 mars 2008

30 DAYS OF NIGHT (2007)

Réalisé par David Slade. Écrit par Steve Niles, Stuart Beattie et Brian Nelson d’après la bande dessinée de Steve Niles et Ben Templesmith.
(vu le 29 février 2008; format 150 mots)

Utilisant une prémisse intéressante (dans un petit village en Alaska, il y fait nuit pendant trente jours consécutifs, laissant la voie libre à une bande de vampires assoiffés), David Slade (Hard Candy) offre une cure de rajeunissement au mythe du vampire en les transformant en des machines à tuer à la force surhumaine. Alors que cela amène son lot de scènes sanglantes qui pourront satisfaire les amateurs de films d’horreur, l’ensemble n’est pas aussi efficace qu’il pourrait l’être en raison du montage qui neutralise souvent le suspense et qui nous laisse insensible devant l’effusion d’hémoglobine. De plus, le jeu des acteurs (sauf Ben Foster, sous-exploité) n’arrive pas à cacher la pauvreté des dialogues de ce scénario assez conventionnel. Ces beaux paysages enneigés et la cinématographie nous rappelant que la source première de l’œuvre est une bande dessinée demeurent les plus grandes forces de cette production qui divertit sans être mémorable. 6/10

THE DARJEELING LIMITED (2007)

Réalisé par Wes Anderson. Écrit par Roman Coppola, Jason Schwartzman et Wes Anderson.
(Vu le 27 février 2008; format 150 mots)

Trois frères ne s’étant pas vu depuis des années se rencontrent en Inde pour renouer leurs liens, ce qui ne sera pas chose facile étant donné le caractère hyper contrôlant du plus vieux (Owen Wilson), l’obsession pour la mort de son père du second (Adrien Brody) et la vie amoureuse chamboulée du dernier (Jason Schwartzman.) Gardant la douce folie de The Royal Tenenbaums et la mélancolie inhérente à Rushmore, ce dernier film de Wes Anderson se rapproche toutefois plus de The Aquatic Life with Steve Zissou, c’est-à-dire que l’on suit une brochette de personnages à partir d’un véhicule (un train ici au lieu d’un sous-marin) dans un endroit exotique vivant des péripéties qui se révèlent, somme toute, inintéressantes. Le réalisateur sait toujours marier le son et l’image, certains dialogues et situations sont de bonnes trouvailles, mais la cinématographie exploite peu les ressources colorées de l’Inde et l’ensemble laisse plutôt indifférent. 6,5/10