samedi 24 mai 2008

I'M NOT THERE (2007)

Réalisé par Todd Haynes. Écrit par Todd Haynes et Oren Moverman d’après les chansons et la vie de Bob Dylan.
(Vu le 22 mai 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No. 7 en juillet 2008)

Pas exactement une biographie de Bob Dylan, mais plutôt une interprétation basée sur ses chansons et sa vie, Todd Haynes choisit pour ce faire six acteurs. Chacun représente un aspect de la légende vivante aux multiples facettes : Woody Guthrie (Marcus Carl Franklin), un préadolescent talentueux errant se créant une histoire personnelle à travers les chansons des autres; Arthur Rimbaud (Ben Whishaw), le poète ironique; Jack Rollins (Christian Bale), le jeune ingénu du Greenwich Village qui se reconvertira au christianisme; Robbie Clarke (Heath Ledger), l’homme de famille; Jude Quinn (Cate Blanchett), le Dylan électrifié se mettant presse et fans à dos avec son attitude nihiliste; et Billy the Kid (Richard Gere), le reclus. Ajoutez à cela un montage non linéaire et un réalisateur se prenant pour Fellini, et vous avez un ennuyant fourre-tout visuel. Heureusement, il reste en arrière-plan les chansons et la qualité des interprétations, particulièrement celle de Blanchett. 6,5/10

mardi 20 mai 2008

WAR DANCE (2007)

Écrit et réalisé par Sean Fine et Andrea Nix.
(Vu le 19 mai 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)

Nommé pour l’Oscar du meilleur documentaire, ce premier film de Sean Fine et d'Andrea Nix s’intéresse au sort de jeunes ougandais du Nord, vivant dans un camp de réfugiés suite aux atrocités de la guerre civile, et leur désir de participer au concours national de musique et de danse. On y suit particulièrement trois adolescents, représentant les catégories principales de la compétition ainsi qu’un aspect des conséquences de la guerre : Dominic, le talentueux xylophoniste ayant été enlevé pour être un enfant-soldat; Rose, l’orpheline chanteuse, exploitée par sa tante; et Nancy, la danseuse dont le père a été assassiné. Le rythme peut être lent par moments, mais la cinématographie est superbe, les enfants, extrêmement touchants et le documentaire regorge de moments forts : Dominic confrontant un rebelle emprisonné, Nancy allant voir la tombe de son père, et la remise de prix, qui n’a rien à voir avec une tricherie hollywoodienne. 7,5/10

lundi 19 mai 2008

ORFANATO, EL (2007)

Réalisé par Juan Antonio Bayona. Écrit par Sergio G. Sanchez.
(vu le 19 mai 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)

Ayant acheté l’orphelinat où elle a été élevée, Laura et son fils adoptif y seront confrontés à des événements paranormaux. Basé sur la recette éculée de l’enfant qui se met à avoir des visions une fois en contact avec une maison recluse au passé lourd (prémisse qu’avait également exploité son compatriote Alejandro Amenabar dans The Others), ce premier film de Juan Antonio Bayona, réalisé avec maîtrise, réussit tout de même à amener le tout un peu plus loin. En effet, malgré qu’on soit loin d’éviter les clichés du genre, et qu’il ne faille surtout pas croire ceux y voyant un quelconque lien avec l’excellent El laberinto del fauno, les acteurs jouent avec aplomb dans ce qui se révèle être, après un premier quart plutôt mou, un thriller satisfaisant à la cinématographie intéressante. De plus, une séquence de contact surnaturel, rehaussée par la présence de Geraldine Chaplin, est d’un suspense exemplaire. 7/10

SCAPHANDRE ET LE PAPILLON, LE (2007)

Réalisé par Julian Schnabel. Écrit par Ronald Harwood d’après le livre de Jean-Dominique Bauby.
(vu le 11 mai 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)

Jean-Dominique Bauby était l’éditeur en chef du magazine Elle et compensait sa vie familiale ratée par de nombreux excès lorsqu’il fut victime d’un arrêt cérébral. Atteint du « locked-in syndrome », tous ses membres demeuraient paralysés alors qu’il conservait toutes ses facultés mentales. Basée sur l’autobiographie dictée à l’aide du seul mouvement de sa paupière, le réalisateur américain Julian Schnabel, qui a insisté pour que la production soit tournée en français, met tout en œuvre pour nous mettre dans la peau de l’homme, que l’on ressente également cette sensation de voir la vie à travers le hublot d’un scaphandre prisonnier au fond des mers. Ce procédé pouvant agacer au début se révèle ultimement efficace, notamment en raison de la qualité du jeu des acteurs. Au final, il s’agit d’une histoire inspirante, qui valait la peine d’être racontée, sur la beauté de la vie malgré les obstacles parfois insurmontables qu’elle nous impose. 7,5/10

dimanche 11 mai 2008

IRON MAN (2008)

Réalisé par Jon Favreau. Écrit par Mark Fergus, Hawk Ostby, Art Marcum et Matt Holloway d’après les personnages de Stan Lee, Don Heck, Larry Lieber et Jack Kirby.
(Vu le 10 mai 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)

Tony Stark est un playboy et un génie fabriquant des armes pour la compagnie familiale. Ne voyant aucun problème moral à son style de vie, sa vision des choses va cependant changer lorsqu’il se fera enlever par des terroristes ayant mis la main sur les armes manufacturées par son entreprise. Bien entendu, les méchants sont d’origine arabe et seul un Américain peut sauver les innocents subissant la guerre, l’amourette avec Gwyneth Paltrow est accessoire et certains gags visuels démontrent que le public ciblé est assez jeune, mais le choix des acteurs principaux rehausse le film au-dessus du niveau habituel du genre. Robert Downey Jr se révèle un choix judicieux pour le rôle avec son Iron Man crédible et charismatique, et Jeff Bridges incarne savoureusement son adversaire. Se concentrant davantage sur le développement du personnage que sur des scènes d’action pétaradantes, il s’agit d’une réussite en matière de film de superhéros. 7,5/10

DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS 2 (2008)

Réalisé par Philippe Gagnon. Écrit par Pierre-Yves Bernard et Claude Legault.
(Vu le 7 mai 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)

Après 4 ans d’absence, l’équipage du Romano Fafard est de retour sur nos grands écrans, poursuivant sa quête de la planète qui pourra abriter 6 milliards de tatas. Cette suite, toujours dans la lignée absurde à la Spaceballs, est conçue comme un feu roulant de gags, mais ceux-ci tombent malheureusement souvent à plat. En fait, le problème principal du film est sa réalisation. En effet, Philippe Gagnon, plus habitué à la télévision, fait certains choix douteux (le vidéoclip), dirige ses acteurs avec mollesse, les laissant cabotiner inutilement et s’ancrer dans leurs habitudes, et n’arrive pas à installer le rythme adéquat pour permettre aux nombreuses blagues de respirer. Tout de même, il est toujours amusant de retrouver le capitaine Patenaude de Guy Jodoin avec ses troubles de diction et la fin, avec son petit message environnementaliste, rachète une grande partie de ce film léger qui aurait facilement pu être plus drôle. 6/10

CLOVERFIELD (2008)

Réalisé par Matt Reeves. Écrit par Drew Goddard.
(Vu le 22 avril 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)

Partant d’une prémisse géniale, Godzilla rencontre Blair Witch Project, les artisans de ce projet font malheureusement très peu. En effet, le déroulement se révèle par la suite tristement conventionnel avec toutes ces péripéties sans invention. Que ce soit sur le pont, dans le tunnel du métro ou dans l’hélicoptère, tout ce qui arrive fait preuve de bien peu d’imagination. De plus, le jeu des acteurs sorti tout droit d’un épisode télé pour adolescents ne nous permet pas de s’attacher aux personnages, situation qui devient rapidement évidente durant la longue introduction. Certains moments font preuve d’un suspense adéquat, particulièrement lors des premières apparitions de la créature, mais celle-ci se retrouve trop exposée par la suite avec des effets spéciaux navrants. Tout de même, malgré tous ses défauts et le fait que la forme surpasse grandement le fond, il s’agit d’une expérience cinématographique unique que de nombreux amateurs de sensations fortes apprécieront. 6,5/10