vendredi 16 mars 2007

LA VIE SECRÈTE DES GENS HEUREUX (2006)

Réalisé et écrit par Stéphane Lapointe.
(vu le 15 mars 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.6 le 28 mars 2007)

Thomas est le mouton noir d’une « famille parfaite ». Après avoir trébuché sur une demoiselle, il s’en amourache au grand bonheur de ses parents. Il va toutefois découvrir que la félicité renferme des secrets qu’il vaut mieux taire. Ce film qui, après Les Invasions Barbares et La vie avec mon père, traite de ce fossé qui se crée entre le père québécois et son fils, est une première œuvre. Cela paraît à bien des égards : saynètes alourdissant le déroulement, direction d’acteur inconsistante et réalisation se rapprochant plus du téléroman que du cinéma. Cela ne l’empêche pas d’être un premier long métrage intéressant et rempli de promesses, comme en fait foi son prix Claude-Jutra remporté aux Génie. Au générique final, Yann Perreau chante : « La vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille… » Le film toutefois l’est un peu (du moins, davantage que ce que présageait la bande-annonce.) 6,5/10

mercredi 14 mars 2007

THE FULL MONTY (1997)

Réalisé par Peter Cattaneo. Écrit par Simon Beaufoy.
(commande du journal Bang Bang; également disponible sur leur site www.bangbangtemort.com; revu le 13 mars 2007; format 150 mots)

Le 10e anniversaire de cette charmante comédie se veut une belle occasion de la redécouvrir avec une réédition en deux disques. Dans une ville minière d’Angleterre, Gaz (Robert Carlyle) n’a plus d’emploi et pourrait perdre la garde de son fils. Avec des amis aussi paumés que lui, il décide de monter un spectacle d’effeuillage masculin. Cette petite histoire de détermination, traitée avec goût malgré le sujet, comprend des personnages attachants, de réelles émotions et est nul autre que le film le plus lucratif de l’histoire du cinéma britannique. À travers des scènes amusantes à l’humour british et une bande sonore de circonstance, le film laisse sous-entendre que, si on a le courage de mettre son âme à nu, qui veut peut. Si la fin un peu abrupte vous laisse sur votre faim, la réédition ne lésine pas sur les suppléments : scènes coupées, commentaires, entrevues, courts-métrages techniques… bref, the full monty! 7,5/10

lundi 12 mars 2007

MR. MOTO (Coffret DVD vol.2 1938-1939)

D’après les romans de John P. Marquand, principalement réalisé par Norman Foster, le coffret vol.2 comprend : Mr. Moto’s Gamble, Mr. Moto in Danger Island, Mr. Moto’s Last Warning et Mr. Moto Takes a Vacation.
(commande du journal Bang Bang; vus entre le 9 et 11 mars 2007; format 150 mots)

Si l’idée de voir un Hongrois, parlant anglais avec un accent européen, jouer un Japonais ne vous dérange pas, voici ce qu’il vous faut : les Mr. Moto! Sérieusement, ces sous-Charlie Chan, qui étaient visiblement de la série-B, sont en fait très divertissants si vous êtes intéressés par l’époque et par les intrigues policières exotiques. Même si on est loin de son rôle dans M, Peter Lorre est toujours agréable à voir jouer. Dommage que les producteurs de l’époque se soient mis en tête, pour faire rire le jeune public qui appréciait la série, de toujours le jumeler avec des personnages secondaires ridicules. Tristement, la haine envers les Asiatiques, après le bombardement de Pearl Harbor, a mis fin à cette amusante série légère. En ce qui concerne les rééditions, comme il s’agit de courts films, 20th Century Fox aurait pu sortir les 8 en un seul coffret plutôt qu’en deux. 6/10

vendredi 9 mars 2007

300 (2006)

Réalisé par Zack Snyder. Écrit par Kurt Johnstad, Michael Gordon et Zack Snyder d’après le roman graphique de Frank Miller et Lynn Varley.
(vu le 8 mars 2007; format 150 mots)

Fort du succès de Sin City, les adaptations des œuvres de Frank Miller ont le vent dans les voiles. Cette fois, on suit 300 Spartiates qui résistent à l’invasion perse. Grandement inspirée du roman graphique, la cinématographie est époustouflante. Zack Snyder (Dawn of the Dead) repousse ici les limites des images de synthèse. Ayant passé pratiquement un an en post-production, il est difficile de départir ce qui réel de ce qui ne l’est pas, le tout se fondant dans une imagerie très particulière qui relève du chef-d’œuvre visuel. Ceci étant dit, le fil de l’histoire est plutôt mince (rien de plus qu’une longue bataille) et les dialogues, coincés entre deux scènes d’embrochages, sont lamentables. Aussi, de nombreuses pointes d’humour viennent nuire à la tension dramatique et empêcher le film d’être réellement magistral. Cela ne devrait toutefois pas gêner les fans de combats qui seront comblés par ce monument de virilité. 7/10

BORAT : Cultural learnings of America for make benefit glorious nation of Kazakhstan (2006)

Réalisé par Larry Charles. Écrit par Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham, Dan Mazer et Todd Phillips.
(vu le 8 mars 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.6 le 28 mars 2007)

Borat, reporter kazakh, se rend aux États-Unis afin de faire un documentaire pour son pays. Arrivé à New York, il tombe en amour avec la Pamela Anderson de Baywatch et décide d’aller en Californie pour la marier. Après une première moitié tordante, les rires s’estompent graduellement en raison d’une fixation pour les blagues scatologiques, le tout culminant dans une séance peu gracieuse de lutte masculine nue. Malgré cela, le film demeure un incontournable de 2006, ne serait-ce que pour les moments dans lesquels Borat nous fait découvrir l’Amérique profonde en interviewant des gens du public ne sachant pas qu’ils jouent dans un film. Que ce soit à un rodéo, dans une Église catholique fanatique, avec de jeunes américains soûls ou chez un armurier, ce personnage de Sacha Biron Cohen, créé pour le Ali G show, fait ressortir, en l’étant lui-même, le raciste, l’homophobe, le sexiste et l’ignorant en tout un chacun. 7/10

lundi 5 mars 2007

TIDELAND (2005)

Réalisé par Terry Gilliam. Écrit par Tony Grisoni et Terry Gilliam d’après un roman de Mitch Cullin.
(vu le 5 mars 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.6 le 28 mars 2007)

Réalisé de pair avec The Brothers Grimm, ce dernier Terry Gilliams (Brazil, Twelve Monkeys) flirte également avec le conte. Il s’agit cette fois d’une allégorie moderne puisant dans Alice au pays des merveilles. Tout d’abord, Jodelle Ferland, qui incarne la fillette résiliente débordant d’imagination, réussit admirablement à porter le film sur ses épaules. Ensuite, l’ex-Monty Python, en raison des situations tordues que vivra la petite, aurait pu présenter un film très sombre, mais il le garde lumineux avec une chaude cinématographie afin qu’on ne s’éloigne jamais du point de vue innocent de l’enfant. Par contre, après un bon début sur l'acide qui rappellera à certains Fear and Loathing in Las Vegas, le rythme s’enlise lorsqu’on arrive dans une belle campagne peuplée de personnages étranges. En somme, les séquences fantasmagoriques sont captivantes, mais le déroulement général déçoit en faisant du surplace et en n’allant pas jusqu’au bout de sa proposition féerique. 6,5/10

vendredi 2 mars 2007

LE GÉNIE DU CRIME (2006)

Réalisé par Louis Bélanger d’après une pièce de Georges F. Walker (traduction de Maryse Warda.)
(vu le premier mars 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No. 5 le 14 mars 2007)

Adapté d’une pièce de théâtre de Georges F. Walker, ce nouveau film de Louis Bélanger (Gaz Bar Blues) fait peu pour se départir de sa théâtralité. En effet, en respectant l’unité de lieu (une chambre de motel), de temps et d’action, ils ne font que renforcer l’impression d’une pièce filmée pour la télé (communautaire…) Photographié en 11 jours avec un budget visiblement restreint, le réalisateur ne tourne pas ces contraintes à son avantage. Pressées dans le temps, les intentions sont mal découpées et les dialogues s’enchaînent dans un jeu d’acteur étonnamment médiocre. Gilles Renaud, avec son phrasé, semble sortir d’un épisode de La Petite Vie et Anne-Marie Cadieux est peu crédible en criminelle. François Papineau et Patrick Drolet s’en tirent mieux, quoique ce dernier nous serve son personnage habituel. Certains passages du texte sont assez cocasses et plusieurs répliques auraient pu être très savoureuses, mais l’ensemble est malheureusement trop escamoté. 4/10