mardi 15 mai 2007

DELIVER US FROM EVIL (2006)

Écrit et réalisé par Amy Berg.
(vu le 14 mai 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)

Ce documentaire, nominé aux Oscars, est le portrait troublant d’un prêtre pédophile et de ses nombreuses victimes. Aujourd’hui, l’homme veut se confesser et parler de ses tourments. La plus grande frustration ressentie devant les faits accomplis n’est pas seulement d’apprendre que cet homme, visiblement instable psychologiquement, a violé des centaines d’enfants, mais aussi de voir à quel point l’Église a tout fait pour ne pas que le scandale éclate. Du monseigneur au cardinal, on voit tout ce beau monde nier avoir su quoi que ce soit, alors que l’agresseur avait demandé de l’aide dès 1973 et que, en le déplaçant quatre fois de diocèse, ils lui ont permis d’éviter les autorités policières pendant 15 ans. Outre connaître des statistiques effrayantes et être abominé par ces images du prêtre se promenant toujours librement, ce documentaire vaut la peine d’être vu juste pour partager la douleur d’un père, Bob Jyono, extrêmement touchant. 8/10

dimanche 13 mai 2007

13 TZAMETI (2005)

Écrit et réalisé par Géla Babluani.
(vu le 10 mai 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)

Un jeune immigrant travaillant pour un morphinomane se retrouve dans une impasse financière après la surdose de ce dernier. Ayant entendu son employeur parler d’une façon de se faire beaucoup d’argent facilement, il suit des instructions volées sans savoir que celles-ci le mèneront à une joute mortelle de roulette russe. Dans une cinématographie noir et blanc rappelant La Haine, cette production française nous offre une première moitié très lente appuyée par un jeu d’acteur plutôt amateur. Celle-ci réussit toutefois à créer ultérieurement un contraste intéressant avec la tension amenée par le tournoi funeste. Cette première réalisation, gagnante du prix du Grand Jury au festival Sundance, n’est pas The Deer Hunter, mais le réalisme cru de la seconde partie impressionnera tous ceux qui auront eu la bonne idée de supporter la première. Le DVD offre également un court métrage à l’humour noir extrême, Sunday’s Game, qui est à ne pas manquer. 7/10

mercredi 9 mai 2007

THE PAINTED VEIL (2006)

Réalisé par John Curran. Écrit par Ron Nyswaner d’après le roman de W. Somerset Maugham.
(vu le 8 mai 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)
En 1925, à l’aube de la révolution chinoise, un bactériologiste (Edward Norton) et sa femme infidèle (Noami Watts) se rendent dans un village éloigné pour soigner une épidémie de choléra. Comme dans bien des adaptations littéraires, les péripéties initiales campant le contexte sont escamotées pour en arriver rapidement au cœur de l’histoire. Toutefois, ce drame trouve son rythme une fois parvenu à la zone contaminée et est joué avec aplomb par ses deux vedettes. Ainsi, dans un paysage enchanteur doublé d’une reconstitution historique crédible, nous avons droit à une histoire d’amour d’une autre époque, mais pas excessivement naïve, dans laquelle la distance entre ses deux protagonistes semble plus dure à franchir que celle entre Londres et Shanghai. Peut-être un peu trop sobre pour éveiller un réel engouement, le film nous laisse tout de même avec le sentiment qu’il faut vivre ces passions malgré qu’elles soient, telles que les fleurs, périssables. 7/10

mardi 8 mai 2007

DREAMGIRLS (2006)

Réalisé et écrit par Bill Condon d’après le livre de Tom Eyen.
(vu le 6 mai 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)

Les Dreams, trio de chanteuse, connaîtra, grâce à un gérant sans scrupules et à un auteur-compositeur talentueux, la gloire ainsi que sa rançon. Cette comédie musicale fictive, inspirée de l’histoire de Diana Ross and The Supremes, en est une assez compétente. Toutefois, Bill Condon n’a pas jugé bon de retirer du scénario certains moments de la version Broadway et lorsque, après le premier tiers, certains personnages se mettent à chanter un R&B à la sauce du jour dans leurs conversations quotidiennes, le tout s’alourdit terriblement. Tout de même, s’ils ne sont pas agacés par la prise de son correspondant peu à l’époque, les fans des belles années Motown devraient être divertis par ce spectacle aux décors flamboyants et aux chorégraphies travaillées. À mi-parcours, le film s’essouffle, mais les performances d’Eddie Murphy en simili James Brown et la puissante voix de Jennifer Hudson, ex-American Idol primée pour son premier rôle, sauvent l’ensemble. 6/10

samedi 5 mai 2007

LITTLE CHILDREN (2006)

Réalisé par Todd Field. Écrit par Todd Field et Tom Perrotta d’après le roman de ce dernier.
(vu le 4 mai 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)

Dans le parc pour enfants d’une banlieue où il serait parfait d’en élever si un prédateur sexuel n’y rôdait pas, un homme et une femme s’éprendront l’un de l’autre. Ce qui paraît d’abord être une simple histoire d’adultère se révèle être bien plus que cela. En effet, l’excellent scénario traite aussi de ces pulsions qu’on ne peut refouler et de la sécurité : celle que l’on voudrait atteindre dans notre quartier, dans notre vie de couple, à notre travail et, ultimement, celle que l’on désire pour nos enfants. Kate Winslet, en Madame Bovary moderne, est superbe et les rôles secondaires offrent également des performances remarquables avec Noah Emmerich en ex-policier traumatisé et Jackie Earle Haley en pédophile. La narration peut agacer, mais elle atteint son but : faire vivre cette histoire telle une fable. Finalement, le dénouement décevra probablement les romantiques, mais le voyage est ici plus important que la destination. 8/10

mercredi 2 mai 2007

THE HISTORY BOYS (2006)

Réalisé par Nicholas Hytner et écrit par Alan Bennett d’après sa pièce de théâtre.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 1er mai 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)

Dans l’Angleterre des années 1980, huit élèves talentueux de Sheffield doivent se préparer pour leurs examens d’admission universitaire en histoire. Le directeur, croyant qu’ils n’ont aucune chance d’entrer à Oxford ou à Cambridge avec leurs professeurs actuels, dont Hector (Richard Griffiths, attachant), engage un tuteur avec des idées « nouvelles ». D’abord une pièce de théâtre ayant remporté un succès critique (présentement montée chez Duceppe), l’adaptation cinématographique en utilise la distribution originale. Malheureusement, certains jouent encore comme s’ils étaient en scène, particulièrement le directeur, et l’ensemble semble parfois oublier que ce texte répété mille fois est nouveau pour l’oreille du téléspectateur. Cette comédie dramatique intéressera sûrement les amateurs d’histoire, mais, en tant que récit initiatique scolaire, on est loin de Dead Poets Society. En somme, l’intéressante bande sonore new wave et les performances de certains acteurs ne viennent pas sauver une cinématographie grisâtre et un scénario qui manque de concision. 6/10

LES MISÉRABLES –Cinema classics collection (1935 & 1952)

D’après le roman de Victor Hugo, réalisé par Richard Boleslawski et écrit par W.P. Lipscomb (1935); réalisé par Lewis Milestone et écrit par Richard Murphy (1952).
(Commande du journal Bang Bang; vu le 20 avril 2007 (1935) et le 1er mai 2007 (1952); format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 no. 10 le 6 juin 2007)

Dans le cadre de leurs rééditions DVD de classiques littéraires, 20th Century Fox nous offre leurs deux versions du chef d’œuvre de Victor Hugo. La version de 1935, une production de premier ordre signée Darryl F. Zanuck, en justifie à elle seule l’achat en étant appuyée à la perfection par ses deux acteurs principaux. En effet, Frederic March, le caméléon par excellence de l’époque (oscarisé pour son interprétation de Dr. Jekill and Mr. Hyde) incarne à merveille les transformations du personnage Jean Valjean et, dans la peau du nemesis Inspecteur Javert, Charles Laughton donne beaucoup de profondeur au rôle de l’homme que l’on aime haïr. La version de 1952 de Lewis Milestone, malgré une cinématographie plus travaillée et de meilleures techniques de montage, semble plutôt accessoire en comparaison, mais elle réussit aussi à faire passer efficacement le message romantique de l’auteur : la justice est plus importante que la loi. (1935: 8/10; 1952: 6/10)