(format libre;vu le 17 décembre 2006)
The Proposition de John Hillcoat d’après un scénario de Nick Cave avec Guy Pearce, Emily Watson et John Hurt. Australie, 2005, 104 min.
Nouvellement chargé de faire mener l’ordre, le capitaine Stanley (Ray Winstone) décident de faire un exemple des frères Burns, trio infernal ayant récemment violé et tué une proche de la femme du capitaine (Emily Watson.) Arrêtant deux des frères, Mike (Richard Wilson) et Charlie (Guy Pearce), il fait une proposition à ce dernier: retrouver leur frère aîné (Danny Huston) et le tuer afin d'éviter la pendaison à son simplet de frère cadet. L'acceptation de cette offre les entraînera toutefois dans un tourbillon de violence.
Ce western sanglant qui a raflé de nombreux prix au AFI (Autralian film Institute) 2005 pour sa production stylisée (cinématographie, costume, musique, design) est finalement arrivé il y a quelques mois sur nos tablettes québécoises.
Tout d’abord attiré par le fait que le scénario était signé par Nick Cave, l’interprète des sombres et belles « Murder Ballads », on se demandait si le chanteur pourrait transposer sa poésie sombre dans un dialogue et une trame narrative qui tient la route pendant plus d’une heure trente. Étonnamment, il s'acquitte de la tâche avec brio, récoltant au passage le Prix Gucci de scénarisation au dernier festival de Venice.
Outre cela, ce troisième film de Hillcoat (deuxième avec Cave) parvient à captiver par sa reconstitution de l’Australie des premiers jours, celle où la justice en est à ses premiers balbutiements, où la violence est omniprésente parmi ces brutes niaises fraîchement débarquées du Royaume-Uni, où le racisme envers les aborigènes n’est nullement dissimulé et où les paysages sont à couper le souffle.
Par contre, certains défauts de l'oeuvre nous empêchent de l'encenser totalement. Tout d'abord, John Hurt (l'homme-éléphant en de jours meilleurs) nous sert un vieux mercenaire tellement surjoué qu'il parvient presque à nous faire décrocher du film après un début impeccable. Ensuite, à partir du milieu de l'histoire, le rythme commence à se faire inconsistant, notamment en raison de la présence de chansons de Cave qui semblent forcées dans le récit dans ce contexte 19e siècle.
Malgré cela, les interprétations toutes en nuances de la plupart des acteurs qui campent ces rôles naviguant en zone grise sauvent les meubles. Guy Pearce campe un être déchiré entre l'amour de ses deux frères; Emily Watson, une femme modèle ayant soif de vengeance; et Danny Huston, un meurtrier sanguinaire vivant dans un étrange calme jusqu'à ce que la tempête se déchaîne. On ne peut s’empêcher de croire en ces personnages torturés.
Ainsi, les fans de Cave et les amateurs du genre y trouveront leur compte, et l'auditeur moyen pourrait être très satisfait par ce film à la plastique parfaite.
7/10
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire