vendredi 22 juin 2007

KAWARE MATSUKO NO ISSHÔ (Memories of Matsuko) (2006)

Réalisé et écrit par Tetsuya Nakashima d’après le roman de Muneki Yamada.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 20 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

Peu de gens ont une vie parfaite. En fait, c’est même le contraire pour la plupart. Matsuko Kawajiri (Miki Nakatani, récipiendaire du prix de l’Académie japonaise pour son rôle) fait partie de cette seconde catégorie. Nous découvrirons, à travers les souvenirs recueillis par son neveu, qui était cette dame venant d’être assassinée et pourquoi sa vie fut considérée insignifiante par son frère.
Empruntant à l’esthétique du vidéoclip, le montage épileptique, souvent surréaliste et accompagné de bruitage rappelle le début de Moulin Rouge!, surtout que certaines scènes sont chorégraphiées et chantées. Ici aussi, c’est lorsque l’intrigue décide de prendre son souffle que l’émotion apparaît et grandit cette œuvre dont la cinématographie est particulièrement onirique et inventive.
Il y a également du Amélie Poulain dans la maladresse du personnage et le côté bonbon de ses jeunes années, quoique ce qui l’attend est loin d’être rose. Commençant avec ce père froid, on la voit rechercher l’amour à travers les hommes de sa vie. Entre les moments où elle croit son existence terminée et ceux où elle a envie de chanter, on suit sa lente déchéance, d’enseignante à ermite obèse en passant par femme battue, masseuse érotique et meurtrière emprisonnée.
Au final, les seuls défauts du film sont sa longueur et sa richesse qui finissent par épuiser le spectateur. Cela n’empêche pas que cette histoire sur le pathétisme de la dépendance affective est franchement excellente. Assurément, Tetsuya Nakashima est un réalisateur à surveiller de près dans les années à venir. À ne pas manquer. 8/10

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