lundi 30 juillet 2007

ZODIAC (2007)

Réalisé par David Fincher. Écrit par James Vanderbilt d’après le livre de Robert Graysmith.
(vu le 28 juillet; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007 )

1969, un tueur en série s’autoproclamant "le Zodiac" commet de nombreux meurtres en Californie et aime se faire de la publicité via les médias. Basé sur les livres de Robert Graysmith, qui était caricaturiste au Chronicle de San Francisco durant ces événements qui ont inspiré le premier Dirty Harry, le nouveau David Fincher se veut beaucoup moins stylisé que certaines de ses productions antérieures (Se7en, Fight Club). Toutefois, cette approche sobre et factuelle laisse toute la place à l’excellent scénario de James Vanderbilt et au jeu irréprochable de Robert Downey Jr., Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo. Aussi excitant que All the President’s Men pour la portion journalistique, aussi mystifiant que JFK en ce qui concerne l’enquête, cette histoire d’obsession nous plonge réellement au cœur de l’action, entre les complications et coups bas entourant une investigation. Finalement, même si le tueur n’a jamais été officiellement arrêté, la conclusion se révèle satisfaisante. 8/10

samedi 28 juillet 2007

GWOEMUL (L’Hôte) (2006)

Réalisé par Joon-ho Bong. Écrit par Chul-hyun Baek, Jon-won Ha et Joon-ho Bong.
(Vu le 27 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)
Le long métrage sud-coréen ayant battu le record d’assistance dans son pays natal arrive maintenant sur nos tablettes québécoises pour nous prouver que le film de monstre n’est pas mort! Avec un synopsis sorti tout droit d’une Série-B années 1950 (un déversement de produits toxiques provoque une mutation chez un animal marin qui sème terreur et destruction), Joon-ho Bong nous convie à bien plus avec ses nombreux thèmes : la peur des épidémies, la pollution, la désinformation et l’ingérence américaine. Ne comptant pas seulement sur les impressionnants effets spéciaux donnant vie à sa créature, croisement entre un calamar et un Tremors, le réalisateur mêle horreur, drame et humour. Même si cet amalgame n’est pas toujours savamment dosé et que le scénario se perd dans ses péripéties après un excellent début, les amateurs de fantastique devraient être satisfaits par cette œuvre colorée qui explore un sujet usé avec originalité et aplomb. 7/10

vendredi 27 juillet 2007

PERFUME : The Story of a Murderer (2006)

Réalisé par Tom Tykwer. Écrit par Andrew Birkin, Bernd Eichinger et Tom Tykwer d’après le roman de Patrick Suskind.
(Vu le 26 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Adapté du best-seller de Patrick Suskind, ce nouveau film de Tom Tykwer suit la vie de Jean-Baptiste Grenouille, jeune homme au destin tragique dont l’incroyable odorat, le talent de parfumeur et l’obsession pour l’odeur d’une jeune fille l’amèneront à commettre de nombreux meurtres durant sa quête du parfum ultime. En s'appropriant un livre chéri par ses admirateurs qui reposait davantage sur la qualité évocatrice de ses champs lexicaux olfactifs que sur une intrigue captivante, le talentueux réalisateur de Cours, Lola, Cours s’attaque à un défi de taille, et réussit à le relever. Comme le livre, il nous convie à une réelle expérience sensorielle grâce à sa reconstitution parfaite d’un Paris dégoûtant du 18e siècle et à une direction artistique qui a presque tout raflé aux German Film Awards. Finalement, Ben Whisaw incarne un assassin torturé à souhait et pratiquement attendrissant. Quoiqu’un peu longue, cette improbable adaptation s’avère être une réussite. 7,5/10

mardi 17 juillet 2007

THE LAST WINTER (2006)

Réalisé par Larry Fessenden. Écrit par Robert Leaver et Larry Fessenden.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blogue/mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 16 juillet 2007; format libre)

En Alaska, pays de l’or noir, des employés d’une compagnie pétrolière et des chercheurs environnementalistes cherchent à cohabiter paisiblement et à trouver un moyen pour que les États-Unis soient « indépendant énergiquement » quand des circonstances atmosphériques étranges poussent les membres de l’équipe à commettre des gestes incongrus et fatals. Ce qui pourrait bien être le dernier hiver sera assurément le leur.

Ave cette prémisse intéressante qui promet frissons et réflexion sur le réchauffement climatique, Larry Fessenden (Wendigo) nous convie à un film plutôt ordinaire. Le jeu des acteurs est très bien (Ron « Hellboy » Pearlman est plus qu’adéquat dans le rôle typique du chef bourru qui ne veut pas changer ses habitudes) et la réalisation est professionnelle, mais il manque un petit quelque chose pour rendre le tout excitant.

Surtout quand John Carpenter à visiter le même terrain de façon spectaculaire dans The Thing et que l’autre partie du synopsis, des esprits sortant du sol pour nous hanter et nous faire commettre des gestes irréparables, a également un air de déjà-vu.

Alors qu’un vent de folie atteint peu à peu l’équipe et que le mystère s’épaissit, certaines scènes de ce suspense procure la dose de stress attendue. Toutefois, on attend toujours de voir de quoi il s’agit réellement et, quand on finit par le savoir à la fin, on aurait préféré rester dans l’ignorance (une autre déception gracieuseté CGI.)

De plus, dans ce décor glacial, la cinématographie aurait pu être davantage atmosphérique et le rythme du montage épouse mal l’environnement, tentant de rendre son sujet trop palpitant pour son propre bien.

Tout de même, le traitement du thème se révèle intéressant, surtout quand on comprend que la plupart des environnementalistes sont subventionnés par les compagnies pour que, au final, leurs constatations n’atteignent pas le grand public et lorsqu’on suggère que ce n’est pas la nature qui s’adapte à nous, mais bien le contraire. Dans ce contexte, leur survie, et la nôtre, ne sera pas chose aisée.

Au final, le film ne se révèle jamais ennuyant, mais son potentiel dépassait le résultat (la finale où un personnage voit quelque chose de stupéfiant, mais pas nous, le démontre bien). Il est néanmoins certain qu’il fera de nombreux heureux les soirs de semaine lors de sa sortie en DVD. 5,5/10

LA NUIT DES HORLOGES (2007)

Écrit et réalisé par Jean Rollin.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blogue/mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 16 juillet 2007; format libre)

D’abord intitulé « La nuit transfigurée », Jean Rollin a bien fait de changer le titre de son nouveau film, car c’est un véritable voyage dans le temps qu’il nous propose. Autour d’un synopsis plutôt mince (une jeune femme s’informe sur son oncle Michel Jean, cinéaste décédé et alter ego de Rollin, et pénètre peu à peu dans son monde allégorique à travers objets, personnages et fantasmes), il en profite pour revisiter sa carrière avec de nombreux extraits à l’appui. C’est ainsi à un véritable testament que nous convie le vénérable réalisateur de 68 ans, qui a d’ailleurs reçu un prix honorifique à Fantasia cette année pour l’ensemble de sa carrière.

Je l’avoue, c’était la première fois que j’assistais à un film de Jean Rollin, étrange expérience s’il en est une. D’abord rebuté par le jeu plaqué et récité des acteurs, je ne peux pas dire que j’ai haï au final ce poème gothique et surréaliste avec un fond de réflexion sur la mort.

Le sympathique et volubile cinéaste a affirmé, en guise de prologue à sa présentation, qu’il était heureux de présenter sa première mondiale au « Canada français » pour ainsi faire un pied de nez aux critiques parisiennes qui l’ont tant hué. C’est dans le même état d’esprit, pour répondre à ceux qui l’accusent d’être un pornographe, qu’il a engagé Ovidia, vedette porno, comme actrice principale. Ce choix pourrait toutefois donner de nouvelles munitions à ses détracteurs, car son jeu, sans vie ou sans nuance, est assez mauvais. C’est le cas d’ailleurs de la plupart des acteurs qui déclament leur texte ou ponctuent chacun de leurs mots par des tics faciaux, à l’exception peut-être de la vieille dame jouant le rôle de la gardienne des clés. Ainsi, Rollin sait vraiment choisir ses actrices pour leur plastique, mais peu pour leurs qualités dramatiques.

Par contre, il sait encore comment placer une caméra. Certains plans atmosphériques étaient excellents et ajoutaient au symbolisme de cette histoire où une création cherche son créateur. Également, la musique était intéressante (du moins, plus que celle des soupirs exaspérés de ma voisine, des rires aux mauvais moments ou des bancs qui claquaient quand une personne quittait la salle.)

Pour sa part, le montage, comme le montre ces cheveux de l’actrice qui changeaient d’une scène à l’autre, souffrait du temps qui a passé entre chaque jour du tournage pour des raisons budgétaires, détail que le réalisateur n’a pas eu peur de nous révéler avec candeur. De plus, même si certains extraits de ses vieux films arrivaient de façon plutôt abrupte dans le nouveau récit, je dois avouer que cela m’a donné le goût d’aller en revisiter, particulièrement ses premiers, fin 1960 début 1970, où la vampire est souvent assoiffée et toujours peu habillée.

Ce voyage dans le cerveau d’un créateur, qui suggère qu’il faut disséquer ses personnages ou les mettre à nu pour les comprendre et qui semblait présenter les déambulations d’un nouveau personnage « qui est soit mort, soit pas encore vivant » pendant que l’écrivain vit le syndrome de la page blanche, est tellement autoréférentiel qu’il ne peut être que pour les initiés.

Néanmoins, sans en être un moins moi-même, je ne regrette pas du tout d’avoir passé ma soirée en compagnie de ce personnage, tout a fait unique dans le paysage cinématographique français. Mais attention : « Rien n’est vrai ». 4/10

lundi 16 juillet 2007

RATATOUILLE (2007)

Réalisé par Brad Bird. Écrit par Jim Capobianco, Emily Cook, Kathy Greenberg, Jan Pinkava et Brad Bird.
(vu le 12 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Un rat pas comme les autres aimant la cuisine fine se retrouve, après avoir été séparé de sa famille, dans les égouts parisiens sous le restaurant de Chef Gusteau. Grâce à son amour de la restauration et ses connaissances culinaires, il permettra l’ascension sociale d’un jeune homme maladroit. Malgré un début moins rocambolesque que certaines de leurs productions antérieures et un thème, l’importance de bien manger, intéressant davantage les adultes que les enfants, Pixar réussit encore l’exploit de créer des personnages auxquels on s’attache. Appuyée par des voix impeccables de Peter O’Toole, Ian Holm et Patton Oswalt, cette mise en situation un peu longuette installe à merveille l’excellent dernier tiers. Il ne s’agit peut-être pas d’un classique de la trempe de Toy Story ou de Monster Inc., mais ce touchant film d’animation sur l’accomplissement de soi malgré les obstacles et les préjugés prouve la suprématie de Pixar sur le genre. 8/10

THE TRIPPER (2006)

Réalisé par David Arquette. Écrit par Joe Harris et David Arquette.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 11 juillet 2007; format libre)

Un Hippie est quelque chose qui ressemble à Tarzan, déambule comme Jane et sent comme Cheetah (dixit Ronald Reagan, traduction maison)

Ouvrant avec cette citation, la première réalisation de David Arquette (le sympathique Dewey dans Scream, devenu par la suite « Monsieur Courtney Cox ») penche résolument vers la dérision, avec un amour prononcé pour les slashers des années 1970/1980.

Son prologue, qui explique comment la protection de la forêt peut engendrer un monstre républicain assoiffé de sang, est très engageant et réussi, comme l’a démontré les chauds applaudissements de cette salle à guichets fermés.

Le public s’est par contre fait un peu moins bruyant par la suite, et avec raison, alors que l’on suit une bande de hippies d’aujourd’hui se rendant dans un festival de musique au milieu de nulle part. En effet, cette horde droguée ne réussit pas à créer une ambiance fraternelle suffisamment engageante. Seul Jason Mewes (Jay dans les films de Kevin Smith) parvient à gagner notre sympathie et nos rires, mais il est malheureusement le premier à passer sous la hache.

Il s’agit ici d’une première réalisation et cela paraît, Arquette tombant dans la plupart des pièges : retours en arrière inutiles, montage aux effets trop nombreux, bruitage exagéré, scènes longuettes (la chanson…), blagues récurrentes sur Bush dont quelques unes tombent à plat, etc.

Néanmoins, le tout se révèle divertissant, surtout quand « Ronald Reagan » apparaît enfin dans son costume à la American Psycho et charcute tout et un chacun. De plus, les caméos sont appréciés, particulièrement Paul Reubens (Pee-Wee Herman) dans le rôle de l’organisateur radin. Finalement, en touchant à certains thèmes tels que l’horreur de la violence de la guerre projetée aux nouvelles et certaines erreurs de l’administration Reagan comme la désinstitutionalisation des patients en psychiatrie, Arquette ajoute de la dimension à son film même si celui-ci reste principalement en mode mineur. Le retour des Républicains : ça saigne! 5.5/10


RIGHT AT YOUR DOOR (2006)

Écrit et réalisé par Chris Gorak
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 10 juillet 2007; format libre)

Après un générique plantant l’action dans une banlieue ordinaire de Los Angeles, on sait qu’il y aura anguille sous roche dès le moment où la femme s’en va au travail tandis que l’homme reste à la maison (déjà là, il s’agit d’un crime capital dans un film américain…)

Quelques minutes plus tard, le musicien chômeur en question (Rory Cochrane, Dazed and Confused, CSI) entend à la radio qu’une bombe vient d’exploser au centre-ville. Il saute dans sa voiture pour aller rejoindre sa bien-aimée, mais la police bloque les routes pour limiter l’accès à la ville.

Ce départ extrêmement haletant, appuyé par une caméra-épaule efficace, se révèle presque aussi excitant que la première fois qu’on découvre 24. De plus, le chaos social qui s’en suit et le flot d’informations stressantes continuelles de la radio mettent bien en place le thème : la paranoïa.

Écrit en 2003, le timide réalisateur (c’est sa première réalisation, mais il a déjà travaillé avec des grands tels que Gilliam, Fincher, Spielberg, frères Coen) a avoué dans l’entrevue suivant la présentation qu’il avait pondu le scénario en réaction aux événements de septembre 2001 et l’ambiance qu’il y avait alors, et qu’il y a encore, aux États-Unis. De plus, son but était de nous faire voir un attentat du point de vue des victimes, sans parler de ce qui motive le terrorisme. En ce sens, il rejoint en partie Paul Grengrass avec son United 93 et, en plus, son montage empli d’ellipses rappelle le Bloody Sunday du même réalisateur.

Ainsi, son film se concentre autour de ses deux acteurs principaux : Rory Cochrane et Mary McCormack. Après l’explosion de ces bombes chimiques mortelles, le mari doit s’enfermer dans sa maison sans sa femme. Lorsque celle-ci revient, le film perd de son rythme, mais met en place un questionnement intéressant : que ferait-on pour aider celle que l’on aime si on savait qu’elle est contaminée et contagieuse?

Tourné en 19 jours avec 500 000$, le résultat est extrêmement professionnel compte tenu des circonstances. C’est sûr que, par moments, le jeu de Cochrane est un peu trop affligé et que McCormack découpe parfois mal ses intentions et offre des réactions stéréotypées, donnant ainsi l’impression qu’on est dans un épisode-télé, mais, la production reposant entièrement sur leurs épaules et la quantité de texte débitée en si peu de temps étant impressionnante, ils s’en sortent très bien.

Abordant dans le même sens que mon collègue Kristof G. (voir son excellente critique), je ne comprends pas pourquoi le buzz dans Internet est si faible autour du film (seulement 6,1 sur imdb.com) Est-ce le fait que c’est un huit clos? Que cela critique la façon dont les autorités américaines réagissent en temps de crise (Katrina…)? Ou encore que, dans sa volonté de montrer le désarroi des victimes, cela donne presque raison à la peur que les Républicains veulent installer pour justifier leurs budgets?

Pour ma part, j’ai vraiment embarqué et apprécié le voyage malgré une fin sur laquelle on passe en vitesse. À ne pas manquer lors de sa sortie officielle. 7/10

jeudi 12 juillet 2007

EKUSUTE (EXTE:Hair Extensions) (2007)

Réalisé par Sion Sono. Écrit par Masaki Adachi et Sion Sono.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 10 juillet 2007; format libre)

Un cadavre retrouvé dans un conteneur empli de cheveux est mis entre les mains d’un employé de la morgue, fétichiste capillaire plutôt déséquilibré. Il décide d’amener à la maison ce corps d’une fille dont la toison pousse sans cesse et de vendre quelques mèches dans les salons de coiffure. Celles qui auront le malheur de les porter mourront d’une manière atroce. L’une de celles sur cette route sanglante est Yuko, apprenti styliste.

Décidemment, j’avais choisi ma journée pour aller préalablement chez la coiffeuse!!!

En fait, je voulais voir Zero City, un des films russes ayant finalement traversé le rideau d’acier, mais la présentation avait été annulée (je dis que ça sent le retour de la Guerre Froide) et remplacée par Hatchet. Comme je ne voulais pas voir la version épurée, je me suis rabattu sur les rallonges de cheveux tueuses… et je n’ai pas été déçu!

Je n’ai d’ailleurs pas été le seul : c’est une salle pratiquement comble et extrêmement réceptive qui a assisté à ce nouveau film de Sion Sono (Suicide Club.)

Dès le départ, lorsque les douaniers découvrent le corps, les dialogues nous confirment que le film est conscient de sa prémisse farfelue et qu’il veut simplement nous divertir, ce qui sera corroboré par la plupart des scènes avec Ren Osugi, le thanatologue désaxé.

Sono a toutefois plusieurs agendas dont celui d’exposer divers types d’abus. Ainsi, à travers Yuko (Chiaki Kuroyama, « Gogo » dans Kill Bill 1), on explore le thème de la violence commise envers les enfants. Sa nièce étant régulièrement frappée par sa demi-sœur, on a le droit à quelques scènes, quoique légèrement appuyées, qui amènent un bon fond de réalisme dramatique à cette histoire fantastique. Certaines altercations avec la dite sœur sont assez prenantes dans l’intensité de cette méchanceté simpliste et la fillette s’avère touchante.

Le réalisateur japonais n’oublie quand même pas les effusions de sang désirées par le public et certains agissements de ce Blob tout en cheveux réussissent à être réellement horrifiants, comme le moment où les rallonges d’une fille se collent au plafond ou, encore, lorsqu'une coiffeuse plante ses ciseaux dans l’oreille d’une cliente.

Ceci étant dit, malgré quelques scènes excellentes, ce mélange entre horreur, comédie, drame et récit policier n’est pas toujours égal : les retours en arrière explicatifs sur les raisons qui poussent les cheveux à tuer sont plutôt inutiles, les monologues de départ de son interprète principale sont mal assumés et la musique, souvent ridicule, est trop prononcée.

Tout de même, cette version trash d’Opération Beurre de Peanut m’a grandement amusé! 6,5/10

mardi 10 juillet 2007

YOUR MOMMY KILLS ANIMALS (2007)

Réalisé et écrit par Curt Johnson.
(dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 9 juillet 2007; format libre)
Pour ma première incursion dans l’édition 2007 de Fantasia (je sais, je suis un peu en retard, mais mon horaire est complètement fou en ce moment; c’est ce qui arrive quand on est en vacances…), je suis allé voir le documentaire Your Mommy Kills Animals de Curt Johnson.

Prévue pour lundi 9 juillet à 17h, cette seconde présentation tombait à point pour tous les estomacs fragiles. En fait, le titre m’avait un peu trompé, car je croyais que c’était sur le végétarisme, sur le fait que maman est une tueuse sanguinaire chaque fois qu’elle met du bœuf haché dans nos burgers. Heureusement que ce n’était pas le cas, parce que j’aurais peut-être regretté avoir mangé sur le pouce à la Belle Pro du coin…

En fait, le film traite des gens militant pour les droits des animaux. On insiste aussi beaucoup sur le fait que, dans l’ère Bush et la paranoïa post-septembre 2001, tout ce qui est contraire au courant de pensée républicain est considéré comme du terrorisme. Le FBI a d’ailleurs déclaré ces activistes « la menace terroriste domestique numéro 1 ». Par contre, essayez de trouver une déclaration du genre pour les manifestants pro-vie qui font sauter des cliniques…

Après un début touffu et assez chaotique où tout le monde essaie de donner son avis sur le sujet à l’intérieur d’images d’archives des années 80 à aujourd’hui, le documentaire s’avère davantage interpellant lorsqu’il s’intéresse à deux membres du Stop Huntington Animals Cruelty (Huntington étant ici une compagnie testant sur les animaux, et non la ville de notre très cher maire Gendron) qui sont en procès pour des propos tenus sur leur site web et pendant une conférence universitaire organisée secrètement par le FBI.

Les deux gars sont simplement de jeunes idéalistes prêts à faire parfois le mauvais choix pour leur cause. Impossible de ne pas les trouver sympathiques et à l’antipode de ce que l’on considérerait terroriste… Lorsqu’on apprend à la fin qu’ils ont eu pour 3 et 6 ans d’emprisonnement ou une amende d’un million de $ pour avoir brandi des pancartes devant des maisons de présidents de compagnie testant sur les animaux et avoir suggéré quoi faire dans Internet pour taper sur les nerfs des dites entreprises, on ne peut qu’être bouche bée devant l’incongruité du système judiciaire américain.

Aimant l’envers de la médaille (son dernier documentaire s’intitulait Michael Moore Hates America), le réalisateur s’empêtre peut-être un peu trop dans les guéguerres entre les groupuscules du droit animalier. Néanmoins, si vous voulez en apprendre plus sur ALF (qui n’est pas l’extraterrestre des années 80), les dessous des agissements de PeTa et de la Humane Society of The US, l’Éco-terrorisme, quoi faire ou ne pas faire pour manifester en toute liberté, ce documentaire pourrait vous plaire.

Pour ma part, j’ai trouvé qu’il manquait de ligne directrice. Tout de même, j’ai appris quelques informations qui m’ont surpris telles que : 1- quand c’est écrit que ce produit n’a pas été testé sur des animaux, cela veut dire que le produit que tu tiens spécifiquement dans tes mains ne l’a pas été, mais tous les ingrédients l’ont été, et que, de toute façon, une loi fédérale oblige tous ces composants à l’être; 2- l’envers des manifestations visant à mettre à jour les compagnies utilisant des procédés cruels est qu’elles se déplacent ensuite dans des pays tiers-mondistes où il n’y a aucune législation; 3- en Allemagne, il est illégal de tuer un animal sans foyer (même pour les organismes comme la SPCA) 4- Pamela Anderson a les seins refaits.

P.S. : À proscrire pour les cœurs sensibles qui ne peuvent voir des images atroces entourant le processus de la fabrication des manteaux de fourrures. 6,5/10

samedi 7 juillet 2007

SWEET LAND (2005)

Réalisé et écrit par Ali Selim d’après une nouvelle de Will Weaver.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 7 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol.2 no. 12 le 8 août 2007)

Après avoir fait le tour des festivals et avoir gagné à quatre reprises le prix du meilleur film, cette première oeuvre reçoit enfin une distribution nationale sur DVD méritée. Présentant d’abord un homme hésitant à vendre la terre de ses grands-parents, le scénario, à travers des retours en arrière, s’appliquera ensuite à nous faire comprendre pourquoi. Cette prémisse sur l’importance du patrimoine nous introduit à l’histoire des difficultés qu’éprouvaient les pionniers venus cultiver le sol américain, aux complications qui entouraient un mariage arrangé ainsi que le racisme auquel les Allemands étaient confrontés suite à la Première Guerre mondiale. Tournée dans des décors idéalisés et accompagnée d’une belle musique rurale, cette production lente et mélancolique sur l’importance de vivre le grand amour est jouée et réalisée avec soin. Toutefois, elle ne se révèle pas toujours captivante pour qui ne partage pas ces racines fermières américaines et le goût de la nostalgie. 6,5/10

mercredi 4 juillet 2007

BEHIND THE MASK: The Rise of Leslie Vernon (2006)

Réalisé par Scott Glosserman. Écrit par David J. Stieve et Scott Glosserman.
(Vu le 4 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol.2 no. 12 le 8 août 2007)

Calquant la base de C’est arrivé près de chez vous où une équipe de tournage suivait un tueur pour en faire un documentaire, ce récipiendaire du meilleur film occidental au Fantasia 2006 recueille les confidences de Leslie Vernon, apprenti tueur en série. Celui-ci prépare son grand coup afin d’entrer dans la légende tel que ses idoles : Freddy, Jason et Michael Myers. Connaissant son slasher fin 1970 début 1980 sur le bout des ongles, Scott Glosserman nous amène réellement « derrière le masque » avec son scénario imaginatif où chaque élément risible du genre devient un protocole à respecter. Entre caméra digitale pour le documentaire et pellicule pour les meurtres, on penche davantage vers la comédie adroite, quoique tension et horreur, sur un mode adolescent, nous sont efficacement réservées pour la fin. Enfin, les caméos de Robert Englund et de la médium de Poltergeist complètent cette matérialisation du fantasme de tout fanboy. 7,5/10

mardi 3 juillet 2007

MISS POTTER (2006)

Réalisé par Chris Coonan. Écrit par Richard Maltby Jr.
(vu le 3 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol. 2 no.12 le 8 août 2007)

Tout comme Finding Neverland était un drame biographique enveloppé de fiction sur James Barrie et la genèse de Peter Pan, Miss Potter traite avec fantaisie des amours, espoirs et épreuves de Béatrix Potter au tournant du dernier siècle. Cette écrivaine renommée pour ses livres pour enfants, dans un rôle taillé sur mesure pour Renée Zellweger, est présentée ici comme une vieille fille de 32 ans à l’esprit indépendant, excentrique au point de parler à ses créations telles que Peter Rabbit. Malgré qu’Ewan McGregor se fasse plus discret qu’à son habitude en éditeur amoureux, les parents (Barbara Flynn, Bill Paterson) ainsi qu’Emily Watson dans le rôle de la confidente apportent l’humour et l’émotion attendus. En somme, outre la préciosité de ces amours vieillots et une fin hésitante, il s’agit d’un film charmant pour les adultes n’ayant pas perdu leur cœur d’enfant. Prochaine sur la liste : Jane Austen dans Becoming Jane7/10

lundi 2 juillet 2007

PACINO: AN ACTOR'S VISION (Coffret 4 DVD)

The Local Stigmatic (1990) : Réalisé par David F. Wheeler et Al Pacino d’après la pièce de Heathcote Williams; Looking For Richard (1996), documentaire réalisé par Al Pacino; Chinese Coffee (2000) : réalisé par Al Pacino et écrit par Ira Lewis, basé sur sa propre pièce.
(Commande du journal Bang Bang; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol.2 no.12 le 8 août 2007; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Si vous aimez Al Pacino, mais peu ses dernières performances plutôt mécaniques, ce coffret de films qu’il a réalisés et qui le présente sous un autre angle pourrait vous réjouir. Sa dite « vision » consiste en : Looking For Richard, documentaire impeccablement monté explorant Richard III de Shakespeare et lui ayant valu un prix de la Director’s Guild of America; l’étrange expérience qu’est The Local Stigmatic et un Chinese Coffee aux dialogues incisifs et bien livrés, deux productions inédites traitant d’amitié dans un style off-off-Broadway. Le 4e disque est un documentaire ordinaire, Babbleonia, qui prend la forme d’une entrevue, formule également utilisée pour les prologues et épilogues qui accompagnent les films. Prenant naissance à l’Actor’s Studio, cette entreprise frôlant le narcissisme et préparant la sortie de sa prochaine réalisation, Salomaybe?, est surtout pour les fans de l’acteur, mais pourrait plaire à tous ceux qui partagent avec lui un amour du théâtre. (Looking For Richard: 7/10; The Local Stigmatic: 5,5/10; Chinese Coffee: 6,5/10; Babbleonia: 3/10; Coffret: 6/10)