vendredi 19 octobre 2007

PLANET TERROR (2007)

Écrit et réalisé par Robert Rodriguez.
(Vu le 18 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Débutant avec une fausse bande-annonce hilarante, la sortie individuelle de Planet Terror correspond davantage à l’esprit Grindhouse que son frère jumeau, Death Proof. En effet, on ne se perd pas en conjonctures et, très rapidement, sans que la vraisemblance n’importe, des personnages colorés se trouvent aux prises avec des créatures, croisement entre des zombies et Toxic Le Ravageur. Que ce soit grâce à cette effusion de sang et de rires, cette pellicule défraîchie, cette bobine manquante ou ces répliques clichées, on ne s’ennuie pas. Robert Rodriguez est du genre chiche avec le budget et a tendance à tourner les coins ronds, livrant toujours des oeuvres imparfaites, mais ce côté brouillon sied bien ici et il a réussi à créer un film résolument divertissant. Pour ce qui est des acteurs, Freddy Rodriguez n’est pas toujours crédible en héros, mais ce bémol est vite éclipsé par Rose McGowan, pulpeuse à souhait. 7,5/10

mercredi 17 octobre 2007

TRANSFORMERS (2007)

Réalisé par Michael Bay. Écrit par Roberto Orci, Alex Kurtzman et John Rogers.
(Vu le 16 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Des robots venus d’une autre planète s’affrontent sur Terre pour l’obtention d’un cube et le sort de l’humanité repose entre les mains de l’armée américaine et d’un adolescent superficiel. Cette production à gros budget visant la nostalgie d’une génération ainsi que l’intérêt d’une autre en ayant de jeunes personnages principaux contient des scènes d’actions compétentes, des effets spéciaux à la hauteur et un montage maintenant l’intérêt du spectateur. Dommage toutefois que ce soit Michael Bay aux commandes de l’entreprise… En effet, celui-ci ne peut s’empêcher, tout comme dans son navet bruyant Pearl Harbor, d’inclure des discours pompeux sur la liberté et la suprématie de l’armée américaine, des scènes humoristiques tombant à plat ainsi que des héros aux valeurs douteuses (tant aux niveaux social que environnemental.) Ces choix malheureux empêchent ce divertissement pur d’être mémorable, comme le Terminator 2 de James Cameron pouvait l’être, pour n’être finalement que la saveur du mois. 6,5/10

dimanche 14 octobre 2007

28 WEEKS LATER (2007)

Réalisé par Juan Carlos Fresnadillo. Écrit par Rowan Joffe, Jesus Olmo, E. L. Lavigne et Juan Carlos Fresnadillo.
(Vu le 13 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

6 mois après les événements initiaux, tous les infectés sont décédés. Peu à peu, sous la surveillance de l’armée américaine, les gens reviennent s’installer en Angleterre, mais le virus réapparaît. Remplaçant Danny Boyle à la réalisation, Juan Carlos Fresnadillo ne possède pas l’œil de ce dernier et sa caméra est inutilement frénétique dans les scènes d’action. Toutefois, lorsqu’il se concentre sur le suspense et non la boucherie, il crée une atmosphère adéquate et efficace. Quoique satisfaisante, cette production est loin d’être parfaite: Robert Carlyle semble inconfortable en hypocrite et devient accessoire dans la seconde moitié, le scénario contient de nombreux raccourcis et invraisemblances (ces enfants échappant à la surveillance de toute une armée, ce soldat tirant ses confrères pour sauver des civils, ce zombie parternel avec carte d'accès…), la bande sonore est moche et l’épilogue est inutile. Malgré ses nombreux défauts, il s’agit d’une suite divertissante qui devrait satisfaire tous les amateurs de films de zombies. 6,5/10

samedi 13 octobre 2007

MOLIÈRE (2007)

Réalisé par Laurent Tirard. Écrit par Grégoire Vigneron et Laurent Tirard.
(Vu le 11 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Réponse française à Shakespeare In Love, nous suivons ici Molière dans les mois suivants sa sortie de prison, période incertaine pour les historiens alors que nous sommes treize ans avant son triomphe à la cour. Les scénaristes en profitent donc pour nous concocter une aventure et une amourette fictives qui auraient été à la base de son œuvre, principalement de Le Bourgeois gentilhomme et de Tartuffe, et accessoirement de Les Précieuses ridicules et de Les Fourberies de Scapin. Romain Duris s’en tire bien dans le rôle principal, rappelant Johnny Depp dans cette façon de s’amuser à surjouer, tandis que Fabrice Luchini offre un M. Jourdain inégal qui s’avère toutefois ultimement attendrissant. Moins rocambolesque et possédant une intrigue amoureuse moins intéressante que son pendant anglais, ce film léger aux décors et aux costumes somptueux devrait plaire aux amateurs du dramaturge avec ces nombreux clins d’œil à son œuvre et une finale réussie. 6,5/10

vendredi 12 octobre 2007

REIGN OVER ME (2007)

Écrit et réalisé par Mike Binder.
(Vu le 9 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Un dentiste rencontre par hasard son ancien colocataire universitaire. Ce dernier est maintenant devenu un être très renfermé, étant traumatisé par la mort de sa femme et de ses trois enfants dans la tragédie aérienne du 11 septembre 2001. Cette histoire où un homme ne doit pas laisser son passé régner sur sa vie est un peu longuette par moments et elle n’évite par certaines métaphores faciles, comme cette cliente névrosée qui sert à personnifier plus tard l’espoir ou cette cuisine qui symbolise le deuil. Toutefois, ce drame est rehaussé par la présence de ses acteurs principaux. En effet, Adam Sandler nous livre ici la meilleure performance dramatique de sa carrière ainsi que certains monologues étonnamment touchants. Don Cheadle, pour sa part, joue un peu le rôle du faire-valoir, mais sa présence est toujours la bienvenue, tout comme cette fixation pour la musique du Boss et celle de The Who. 7/10

mardi 9 octobre 2007

MARIANNE FAITHFULL- Dreaming My Dreams (2000)

Réalisé par Michael Collins.
(Commande du Journal Bang Bang; vu le 8 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Réalisé en 2000, ce documentaire sur la vie mouvementée de Marianne Faithfull est offert à nouveau par Eagle Rock dans une version tronquée. En effet, nous n’avons pas ici les récentes portions en concert qui constituaient le dernier tiers, cette réédition se concentrant sur sa biographie d’une durée d’une heure. Néanmoins, il s’agit d’une bonne introduction à la vie de cette icône des années 1960 qui ne l’a pas eue facile. Comprenant de nombreuses entrevues avec l’artiste, celle-ci se livre avec honnêteté et candeur. On y suit donc sa carrière entière : de ses débuts fulgurants où elle interprète la première composition du tandem Jagger/Richard (ce dernier livrant quelques commentaires avec sa diction particulière) à sa consécration tardive en passant par ses ex-maris (Mick Jagger, le guitariste des Vibrators, etc.), ses graves problèmes avec la drogue et sa brève réincarnation en punk rockeuse, il s’agit d’un survol intéressant de sa carrière. 6/10

lundi 8 octobre 2007

MARVIN GAYE (Greatest Hits Live in ’76) (1976)

Réalisé par Charles Leeuvenhanp.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 8 octobre 2007; format 150 mots)

Enregistrée à Amsterdam en 1976, cette performance est un amalgame des plus grands succès de Marvin Gaye, de ses premiers tubes des années 1960 (I Heard It Trough The Grapevine) à ceux chantés avec des partenaires féminins (Ain’t No Mountain High Enough) en passant par son disque What’s Going On, que plusieurs considèrent comme le chef d’œuvre ultime de la Soul. Malheureusement, la plupart des chansons nous sont présentées sous forme d’un medley. Aussi, Marvin Gaye, au moment de l’enregistrement, vivait un divorce difficile et ses problèmes de drogues nuisaient à ses performances, ce qui ne l’empêche pas ici d’être électrisant après s’être échauffé avec Let’s Get It On. Ainsi, il est dommage que l’un de ses seuls concerts que l’on conserve de cet artiste unique en soit un filmé avec l’inventivité d’un spécial pour la télévision et, comprenant approximativement cinquante minutes sans suppléments, ce DVD est loin d’être généreux. 4/10

THE GRADUATE (40th Anniversary Edition) (1967)

Réalisé par Mike Nichols. Écrit par Calder Willingham et Buck Henry d’après un roman de Charles Webb.
(Commande du journal Bang Bang; revu le 8 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Il est difficile d’écrire à propos d’un film sur lequel tout a déjà été, et avec raison, écrit: simultanément ancrée dans son époque (jeunesse perdue et aliénée par la génération précédente) et révolutionnaire pour son temps (l’importance de la psychologie du personnage, présence d’un triangle amoureux intergénérationnel, utilisation de la bande sonore comme outil de mise en marché), l’œuvre est encore valide aujourd’hui (certains plans innovateurs demeurent mémorables tout comme les interprétations intemporelles de Dustin Hoffman et d’Anne Bancroft.) À l’occasion du quarantième anniversaire du film, MGM offre une réédition qui se veut intéressante seulement si on ne possède pas les précédentes. En effet, les nouveautés se résument en deux pistes de commentaires et deux nouvelles vignettes documentaires. On nous offre également un CD comprenant quatre chansons de Simon & Garfunkel provenant du film, bonne idée qui aurait pu être exploitée davantage (lire : nous offrir la bande sonore au complet.) Film: 8,5/10 Réédition: 5/10

samedi 6 octobre 2007

1408 (Director’s Cut) (2007)

Réalisé par Mikael Hafstrom. Écrit par Matt Greenberg, Scott Alexander et Larry Karaszewski d’après une nouvelle de Stephen King.
(vu le 2 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Un écrivain blasé parcourt les endroits hantés et les analyse pour ses livres. Complètement désabusé devant l’absence de réels frissons, il ne se doute pas que quelque chose l’attend dans la chambre 1408 de l’hôtel Dolphin. Après une mise en situation correcte, une bonne scène entre John Cusack et Samuel L. Jackson installe l’ambiance voulue pour son entrée dans la chambre, moment au suspense très efficace. Toutefois, lorsque le passé de l’écrivain le rattrape et devient l’essentiel de ce huit clos aux effets spéciaux décevants, l’histoire fait du surplace et nous offre un Cusack souvent sur le pilote automatique. Rappelant parfois Le Locataire de Polanski ou Evil Dead II de Raimi avec un Bruce Campbell se parlant seul dans une pièce maudite, sans avoir la critique sociale de l’un ou l’humour de l’autre, ce petit film d’horreur possédant un excellent début nous laisse en plan avec un dernier quart insatisfaisant. 6/10

BLADES OF GLORY (2007)

Réalisé par Josh Gordon et Will Speck. Écrit par Jeff Cox, Craig Cox, John Altschuler, Dave Krinsky et Busy Philipps.
(vu le 29 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Deux patineurs rivaux se voient retirer la possibilité de concourir après qu’ils se soient chamaillés sur le podium alors qu’ils étaient ex-aquo pour la médaille d’or. Une seule possibilité s’offre maintenant à eux s’ils veulent encore enfiler leurs patins : devenir le premier couple masculin de patinage artistique. Avec cette idée de base originale, Josh Gordon et Will Speck réalisent le tout de façon relativement classique. Même si elle élimine de nombreux rires, cette méthode qui ne cherche pas le gag à tout prix a le mérite de nous permettre de s’intéresser davantage à la situation et aux personnages. Will Ferrell nous livre un autre personnage unidimensionnel en mode cabotin, mais son Jim Morrison du patin est assez amusant et égal. Jon Heder, pour sa part, s’en tire plutôt bien en faire-valoir blondinet dans ce film divertissant où l’on s’ennuie rarement et qui se veut une véritable info-pub pour Montréal. 6/10