vendredi 4 juillet 2008

LA ANTENA (2007)

Écrit et réalisé par Esteban Sapir.
(Vu le 4 juillet 2008 dans le cadre du Festival Fantasia; format libre)

Dans une métropole froide, simultanément futuriste et rétro, les gens n’ont plus le don de la parole, sauf une femme à la voix sensuelle utilisée par la chaîne de télévision. Monsieur TV, à la base de ce silence imposé, est toujours aussi assoiffé de contrôle et prépare un nouveau plan diabolique. Seuls un réparateur anonyme de télévision et sa famille pourront le déjouer.

Hommage à l’expressionnisme allemand, particulièrement au Metropolis de Fritz Lang, mais aussi aux premiers balbutiements du cinéma (comme en fait foi ce visage lunaire à la Méliès), ce second long métrage de l'Argentin Esteban Sapir est un véritable festin visuel se pliant, pour notre plus grand plaisir, aux règles d’un cinéma révolu, celui des années 1920.

Poussant même le zèle jusqu’à avoir un bruit de projecteur en fond sonore, quelques paroles, certaines idées puisées dans la bande dessinée et dans le vidéoclip et le fait que les intertitres sont placés directement sur l’écran, aux côtés des personnages, sont les seuls éléments pouvant rappeler que ce film a bel et bien été tourné au 21e siècle.

Empreint également d’un surréalisme intéressant et d’un symbolisme efficace, il s’agit d’une allégorie directe aux monopoles médiatiques (« Ils nous ont enlevé la parole, mais ils ne nous ont pas enlevé nos mots »), mais peut-être aussi peut-on y voir une relation avec la censure subie sous les nombreux régimes dictatoriaux sud-américains.

Ceci étant dit, quelques motivations imprécises au départ ainsi que certains événements pour lesquels nous devons attendre longtemps avant d’en connaître la signification nous remémorent qu’il n’est pas toujours chose aisée de suivre les Maîtres et de raconter tout d’un point de vue visuel.

Au final, malgré que ce soit une véritable réussite, tant sur le fond que sur la forme, cette production ayant remporté la meilleure réalisation aux prix Clarin, tenus à Buenos Aires, est délibérément marginale et s’adresse plus particulièrement aux cinéphiles.

En effet, elle aura probablement de la difficulté à sortir du circuit des festivals et à rejoindre le grand public, en raison notamment de son scénario d’une autre époque.

Peut-être que, si le nom de Tim Burton était associé à l’entreprise, il en serait autrement… 7,5/10

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