(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 18 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)
Dès l’ouverture de son premier long métrage, avec ces deux femmes nues s’embrassant langoureusement, François Miron nous plonge dans un univers aux relations fusionnelles. Par la suite, avec ces nombreux gros plans de yeux qui clignent face à la lumière, il nous fait également comprendre que celles-ci seront troubles.
Profitant du fait que son héroïne voit la réalité à travers une certaine distorsion, en raison de traumatismes de jeunesse, il étale ainsi son savoir-faire visuel acquis durant les 20 dernières années.
En effet, cet enseignant de cinéma à Concordia a créé un procédé particulier d’impression optique à travers ses nombreux courts métrages expérimentaux qui lui ont acquis une solide réputation.
C’est donc dans les courtes séquences, comme dans ce retour en arrière où le personnage principal assassine sa famille et qui rappelle le cinéma d’horreur italien des années 70, que le réalisateur réussit davantage, ce qui n’est pas nécessairement le cas de l’ensemble de l’œuvre.
Tout de même, cela devrait plaire aux amateurs de Lynch avec cette volonté de se jouer du spectateur, ce jeu d’acteur plaqué et cette trame narrative déconstruite, surtout que le look à la Noami Watts de son actrice et cette romance trouble au féminin nous ramène à Mulholland Dr.
Loin d’être une véritable réussite avec ce scénario confus, ces acteurs peu versatiles et ces dialogues faussement philosophiques, le film mérite, ne serait-ce que pour cette cinématographie travaillée et cette volonté d’expérimenter, qu’on aille encourager l’un des seuls longs métrages québécois présentés durant le festival. 4,5/10
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