(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blogue/mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 16 juillet 2007; format libre)
D’abord intitulé « La nuit transfigurée », Jean Rollin a bien fait de changer le titre de son nouveau film, car c’est un véritable voyage dans le temps qu’il nous propose. Autour d’un synopsis plutôt mince (une jeune femme s’informe sur son oncle Michel Jean, cinéaste décédé et alter ego de Rollin, et pénètre peu à peu dans son monde allégorique à travers objets, personnages et fantasmes), il en profite pour revisiter sa carrière avec de nombreux extraits à l’appui. C’est ainsi à un véritable testament que nous convie le vénérable réalisateur de 68 ans, qui a d’ailleurs reçu un prix honorifique à Fantasia cette année pour l’ensemble de sa carrière.
Je l’avoue, c’était la première fois que j’assistais à un film de Jean Rollin, étrange expérience s’il en est une. D’abord rebuté par le jeu plaqué et récité des acteurs, je ne peux pas dire que j’ai haï au final ce poème gothique et surréaliste avec un fond de réflexion sur la mort.
Le sympathique et volubile cinéaste a affirmé, en guise de prologue à sa présentation, qu’il était heureux de présenter sa première mondiale au « Canada français » pour ainsi faire un pied de nez aux critiques parisiennes qui l’ont tant hué. C’est dans le même état d’esprit, pour répondre à ceux qui l’accusent d’être un pornographe, qu’il a engagé Ovidia, vedette porno, comme actrice principale. Ce choix pourrait toutefois donner de nouvelles munitions à ses détracteurs, car son jeu, sans vie ou sans nuance, est assez mauvais. C’est le cas d’ailleurs de la plupart des acteurs qui déclament leur texte ou ponctuent chacun de leurs mots par des tics faciaux, à l’exception peut-être de la vieille dame jouant le rôle de la gardienne des clés. Ainsi, Rollin sait vraiment choisir ses actrices pour leur plastique, mais peu pour leurs qualités dramatiques.
Par contre, il sait encore comment placer une caméra. Certains plans atmosphériques étaient excellents et ajoutaient au symbolisme de cette histoire où une création cherche son créateur. Également, la musique était intéressante (du moins, plus que celle des soupirs exaspérés de ma voisine, des rires aux mauvais moments ou des bancs qui claquaient quand une personne quittait la salle.)
Pour sa part, le montage, comme le montre ces cheveux de l’actrice qui changeaient d’une scène à l’autre, souffrait du temps qui a passé entre chaque jour du tournage pour des raisons budgétaires, détail que le réalisateur n’a pas eu peur de nous révéler avec candeur. De plus, même si certains extraits de ses vieux films arrivaient de façon plutôt abrupte dans le nouveau récit, je dois avouer que cela m’a donné le goût d’aller en revisiter, particulièrement ses premiers, fin 1960 début 1970, où la vampire est souvent assoiffée et toujours peu habillée.
Ce voyage dans le cerveau d’un créateur, qui suggère qu’il faut disséquer ses personnages ou les mettre à nu pour les comprendre et qui semblait présenter les déambulations d’un nouveau personnage « qui est soit mort, soit pas encore vivant » pendant que l’écrivain vit le syndrome de la page blanche, est tellement autoréférentiel qu’il ne peut être que pour les initiés.
Néanmoins, sans en être un moins moi-même, je ne regrette pas du tout d’avoir passé ma soirée en compagnie de ce personnage, tout a fait unique dans le paysage cinématographique français. Mais attention : « Rien n’est vrai ». 4/10
D’abord intitulé « La nuit transfigurée », Jean Rollin a bien fait de changer le titre de son nouveau film, car c’est un véritable voyage dans le temps qu’il nous propose. Autour d’un synopsis plutôt mince (une jeune femme s’informe sur son oncle Michel Jean, cinéaste décédé et alter ego de Rollin, et pénètre peu à peu dans son monde allégorique à travers objets, personnages et fantasmes), il en profite pour revisiter sa carrière avec de nombreux extraits à l’appui. C’est ainsi à un véritable testament que nous convie le vénérable réalisateur de 68 ans, qui a d’ailleurs reçu un prix honorifique à Fantasia cette année pour l’ensemble de sa carrière.
Je l’avoue, c’était la première fois que j’assistais à un film de Jean Rollin, étrange expérience s’il en est une. D’abord rebuté par le jeu plaqué et récité des acteurs, je ne peux pas dire que j’ai haï au final ce poème gothique et surréaliste avec un fond de réflexion sur la mort.
Le sympathique et volubile cinéaste a affirmé, en guise de prologue à sa présentation, qu’il était heureux de présenter sa première mondiale au « Canada français » pour ainsi faire un pied de nez aux critiques parisiennes qui l’ont tant hué. C’est dans le même état d’esprit, pour répondre à ceux qui l’accusent d’être un pornographe, qu’il a engagé Ovidia, vedette porno, comme actrice principale. Ce choix pourrait toutefois donner de nouvelles munitions à ses détracteurs, car son jeu, sans vie ou sans nuance, est assez mauvais. C’est le cas d’ailleurs de la plupart des acteurs qui déclament leur texte ou ponctuent chacun de leurs mots par des tics faciaux, à l’exception peut-être de la vieille dame jouant le rôle de la gardienne des clés. Ainsi, Rollin sait vraiment choisir ses actrices pour leur plastique, mais peu pour leurs qualités dramatiques.
Par contre, il sait encore comment placer une caméra. Certains plans atmosphériques étaient excellents et ajoutaient au symbolisme de cette histoire où une création cherche son créateur. Également, la musique était intéressante (du moins, plus que celle des soupirs exaspérés de ma voisine, des rires aux mauvais moments ou des bancs qui claquaient quand une personne quittait la salle.)
Pour sa part, le montage, comme le montre ces cheveux de l’actrice qui changeaient d’une scène à l’autre, souffrait du temps qui a passé entre chaque jour du tournage pour des raisons budgétaires, détail que le réalisateur n’a pas eu peur de nous révéler avec candeur. De plus, même si certains extraits de ses vieux films arrivaient de façon plutôt abrupte dans le nouveau récit, je dois avouer que cela m’a donné le goût d’aller en revisiter, particulièrement ses premiers, fin 1960 début 1970, où la vampire est souvent assoiffée et toujours peu habillée.
Ce voyage dans le cerveau d’un créateur, qui suggère qu’il faut disséquer ses personnages ou les mettre à nu pour les comprendre et qui semblait présenter les déambulations d’un nouveau personnage « qui est soit mort, soit pas encore vivant » pendant que l’écrivain vit le syndrome de la page blanche, est tellement autoréférentiel qu’il ne peut être que pour les initiés.
Néanmoins, sans en être un moins moi-même, je ne regrette pas du tout d’avoir passé ma soirée en compagnie de ce personnage, tout a fait unique dans le paysage cinématographique français. Mais attention : « Rien n’est vrai ». 4/10
1 commentaire:
Une chronique du somptueux nouveau film de Jean Rollin est disponible à cette adresse La nuit des horloges : chronique
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