dimanche 6 juillet 2008

LOS CRONOCRIMENES (Timecrimes) (2007)

Écrit et réalisé par Nacho Vigalondo.
(Vu le 5 juillet 2008 dans le cadre du Festival Fantasia; format libre)

Hector vient d’emménager dans une nouvelle maison avec sa femme lorsqu’il aperçoit dans le boisée derrière chez lui une jeune femme à la plastique exceptionnelle se dénuder. Voulant voir les choses de plus près, il se fait attaquer par un homme mystérieux au visage couvert de bandages et, suite à un enchaînement de circonstances, il se réfugie dans un appareil se révélant être une machine à voyage dans le temps. Revenu une heure plus tôt, il découvre qu’il est lui-même l’homme l’ayant attaqué et qu’il doit tout faire pour permettre à son lui premier de retourner dans la machine. Ce premier paradoxe en cache d’autres et Hector n’est pas au bout de ses peines.

Nacho Vigalondo, qui a été nommé aux Oscars pour son court-métrage 7 :35 de la manana (2003), nous offre un premier long métrage intrigant qui prouve que le voyage dans le temps peut être traité de façon réaliste et anodine, sans une tonne d’effets spéciaux et des situations rocambolesques à outrance.

La force première de l’œuvre réside dans le montage. En effet, dès que Hector commence à se dédoubler, le montage se met à recouper des nombreux événements antérieurs, ce qui implique davantage le spectateur dans le déroulement (technique qui rappelle un peu celle utilisée par Philippe Falardeau dans l’excellent Congorama.)
Et plus l’histoire se complexifie, plus son intérêt s’intensifie, avec cette tension grandissante nous laissant avec le sentiment que tout cela se dirige de plus en plus vers une catastrophe.
Toutefois, n’espérez pas y voir plus clair dans le concept du voyage temporel, de nombreuses questions demeurant en suspens.

Le principal bémol pourrait être le personnage principal, un bourgeois naif, avec une tendance pour le voyeurisme, dont la maladresse entraîne la plupart des événements déplorables. En tant que spectateur, il devient parfois difficile de s’intéresser à son sort alors qu’il semble responsable de ses malheurs (même s’il ne désirait en aucun cas participer à un voyage dans le temps.)

En somme, sans être exceptionnel, il s’agit d’un divertissement très satisfaisant pour lequel on souhaite que le remake américain déjà en préparation évite la médiocrité habituelle de ce genre d’exercice et qu’il réussisse à conserver l’humour et le sens du rythme de la production originale (dans ce sens, la rumeur voulant que Cronenberg soit intéressé par le projet ne peut que nous réjouir.) 7/10

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