dimanche 31 décembre 2006

THE BLACK DAHLIA (2006)

Réalisé par Brian De Palma. Écrit par Josh Friedman d'après un livre de James Ellroy.
(format 150 mots; vu le 30 décembre 2006)

Il est vrai que l’adaptation en deux heures d’un livre de James Ellroy doit être complexe et difficile, mais le L.A Confidential de Curtis Hanson nous avait prouvé que, avec un bon scénariste, on pouvait en faire une œuvre magistrale. Ici, le scénario manque tellement de focus qu’on a l’impression d’assister à un résumé en images du livre, le tout sur lecture rapide. Avec un sujet pareil (la police de Los Angeles des années 40 au prise avec un meurtre mystérieux et sanguinaire), on espérait vraiment revoir un Brian De Palma en forme (lire : The Untouchables.) À la place, on a des effets de caméra inutiles, une reconstitution à rabais, une direction d’acteurs nulle et, pour un film néo-noir, une direction photo qui manque de style. Finalement, en ayant Josh Harnett comme enquêteur principal, on est, disons, très loin d’Humphrey Bogart dans The Big Sleep5/10

samedi 30 décembre 2006

THE DESCENT (2005)

Réalisé et écrit par Neil Marshall.
(format 150 mots; vu le 19 décembre 2006)

Six filles aimant le risque descendent dans une cave afin de l’explorer et de ressouder leur amitié perdue. Peu ou pas remonteront de cet enfer dantesque... Tout au long de ce film d’horreur claustrophobique, Neil Marshall (meilleur réalisateur, British Independant Film Award 2005) crée la tension nécessaire au genre. Malheureusement, dans la prémisse, comme il semble pressé d’en arriver aux faits, il n’installe pas l’émotion nécessaire pour qu’on s’attache aux personnages. Alors, quand cela se transforme en mini-gorefest dans le dernier tiers, il ne peut que se fier au son et à l’image pour nous faire peur. Il en résulte un détachement affectif désamorçant le suspense de la situation. Néanmoins, tous les amateurs de sensations fortes, s’ils ne sont pas trop déçus par les créatures mi-Gollum mi-Morlock ou par la fin qui en laissera plusieurs perplexes, devraient être satisfaits par cette variation souterraine sur le thème d’Alien. 7/10

THANK YOU FOR SMOKING (2005)

Réalisé et écrit Jason Reitman d'après un roman de Christopher Buckley.
(Format 150 mots; vu le 29 décembre 2006)

La récente nomination de ce film de 2005 aux Golden Globes de 2007 dans la catégorie « Meilleur film – Musical ou comédie » montre à quel point la cuvée de 2006 a été triste... Tout de même, il est bien que ce film reçoive un peu de reconnaissance, car la satire y est savoureuse. Dans ce premier long métrage de Jason Reitman, un lobbyiste (Aaron Eckhart) travaille pour une compagnie vantant les mérites de la cigarette et sa rhétorique admirable, souvent amorale, doit convaincre tous les personnages de ce « star-cast » : son fils, un sénateur (William H. Macy), un producteur de cinéma (Rob Lowe), une journaliste (Katie Holmes) et l’ancien Malboro Man (Sam Elliott). En conservant de nombreuses répliques cinglantes du livre, cette bonne adaptation, qui devrait faire rire et réfléchir simultanément, est pour tous ceux qui aiment les deux côtés de la médaille. 7/10

SOPHIE SCHOLL - DIE LETZTEN TAGE (2005)

Réalisé par Marc Rothemund. Écrit par Fred Breinersdorfer.
(format 150 mots; vu le 20 décembre 2006; publié dans le journal Bang Bang Vol.2 No.1 le 17 janvier 2007)

Ce film allemand, nominé pour l'Oscar 2006 du meilleur film étranger, met en scène les derniers jours de Sophie Scholl, une universitaire arrêtée en 1943 pour avoir distribué avec son frère des tracts antinazis. L'interrogatoire suivi d'une condamnation à mort de la jeune martyre pourrait rappeler à certains La Passion de Jeanne d'Arc, l'incroyable cinématographie de Carl Theodore Dreyer en moins. Malgré que le tout soit filmé d'une manière assez quelconque avec une caméra digitale, l'actrice principale (Juli Jentsch, meilleure actrice au festival de Berlin) nous offre une performance d'un stoïcisme majestueux. La scène du tribunal, avec son juge fasciste drapé de rouge, est d'ailleurs très percutante et difficile à regarder sans se sentir interpellés dans nos valeurs démocratiques. De plus, la catharsis amène l'émotion nécessaire à la satisfaction du spectateur. Malheureusement, un remake américain sortira sous peu... 7,5/10

LITTLE MISS SUNSHINE (2006)

Réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris. Écrit par Michael Arndt.
(format 150 mots; vu le 19 décembre 2006; publié dans le journal Bang Bang Vol.2 No.1 le 17 janvier 2007))

Prenez note si vous êtes un cinéaste américain indépendant et que vous voulez faire ce que nos voisins du Sud appellent un "sleeper hit": soit présenter une famille dysfonctionnelle attachante (My big fat greek wedding), soit présenter un "road trip" (Sideways) ou, dans le cas présent, les deux en même temps. Malgré que le film ne mérite peut-être pas toutes les accolades qu'il reçoit, il en vaut néanmoins le détour, ne serait-ce que pour voir la performance de la petite Abigail Breslin. Elle est le véritable rayon de soleil de la production et ce n'est pas chose facile, car tout le monde y brille. Que ce soit Steve Carell en homosexuel suicidaire, Alan Arkin en grand-père lubrique et héroïnomane ou encore Paul Dano en adolescent ayant fait voeu de silence, chacun a droit à plusieurs scènes mémorables dans ce film charmant et hyper sympathique. 8/10

THE PROPOSITION (2005)

Réalisé par John Hillcoat. Écrit par Nick Cave.
(format 150 mots; vu le 17 décembre 2006; publié dans le journal Bang Bang Vol. 2 No.1 le 17 janvier 2007)

En voyant le scénario à son nom, notre curiosité était piquée et on se demandait si Nick Cave pourrait réussir à transposer ses paroles sombres et ses univers torturés en des dialogues consistants et une trame narrative qui tient la route. La surprise est de taille en regardant l'oeuvre de l'Australien qui en profite au passage pour récolter un prix de scénarisation au dernier festival de Venise. Outre quelques défauts (jeu mal contenu de John Hurt en mercenaire, rythme inconsistant par moments et bande sonore qui semble un peu forcée dans ce contexte), les interprétations toutes en nuances des acteurs (notamment Guy Pearce et Emily Watson) qui campent des personnages naviguant en zone grise pourraient plaire à ceux qui sont habituellement réfractaires au genre. Ce Western sanglant, qui a d'ailleurs récolté la majorité des prix techniques au Australian Film Institute 2005, n'est donc pas que pour les fans de Cave . 7/10

The Proposition (version longue)

PAS SEULEMENT POUR LES FANS DE NICK CAVE
(format libre;vu le 17 décembre 2006)

The Proposition de John Hillcoat d’après un scénario de Nick Cave avec Guy Pearce, Emily Watson et John Hurt. Australie, 2005, 104 min.

Nouvellement chargé de faire mener l’ordre, le capitaine Stanley (Ray Winstone) décident de faire un exemple des frères Burns, trio infernal ayant récemment violé et tué une proche de la femme du capitaine (Emily Watson.) Arrêtant deux des frères, Mike (Richard Wilson) et Charlie (Guy Pearce), il fait une proposition à ce dernier: retrouver leur frère aîné (Danny Huston) et le tuer afin d'éviter la pendaison à son simplet de frère cadet. L'acceptation de cette offre les entraînera toutefois dans un tourbillon de violence.

Ce western sanglant qui a raflé de nombreux prix au AFI (Autralian film Institute) 2005 pour sa production stylisée (cinématographie, costume, musique, design) est finalement arrivé il y a quelques mois sur nos tablettes québécoises.

Tout d’abord attiré par le fait que le scénario était signé par Nick Cave, l’interprète des sombres et belles « Murder Ballads », on se demandait si le chanteur pourrait transposer sa poésie sombre dans un dialogue et une trame narrative qui tient la route pendant plus d’une heure trente. Étonnamment, il s'acquitte de la tâche avec brio, récoltant au passage le Prix Gucci de scénarisation au dernier festival de Venice.

Outre cela, ce troisième film de Hillcoat (deuxième avec Cave) parvient à captiver par sa reconstitution de l’Australie des premiers jours, celle où la justice en est à ses premiers balbutiements, où la violence est omniprésente parmi ces brutes niaises fraîchement débarquées du Royaume-Uni, où le racisme envers les aborigènes n’est nullement dissimulé et où les paysages sont à couper le souffle.

Par contre, certains défauts de l'oeuvre nous empêchent de l'encenser totalement. Tout d'abord, John Hurt (l'homme-éléphant en de jours meilleurs) nous sert un vieux mercenaire tellement surjoué qu'il parvient presque à nous faire décrocher du film après un début impeccable. Ensuite, à partir du milieu de l'histoire, le rythme commence à se faire inconsistant, notamment en raison de la présence de chansons de Cave qui semblent forcées dans le récit dans ce contexte 19e siècle.

Malgré cela, les interprétations toutes en nuances de la plupart des acteurs qui campent ces rôles naviguant en zone grise sauvent les meubles. Guy Pearce campe un être déchiré entre l'amour de ses deux frères; Emily Watson, une femme modèle ayant soif de vengeance; et Danny Huston, un meurtrier sanguinaire vivant dans un étrange calme jusqu'à ce que la tempête se déchaîne. On ne peut s’empêcher de croire en ces personnages torturés.

Ainsi, les fans de Cave et les amateurs du genre y trouveront leur compte, et l'auditeur moyen pourrait être très satisfait par ce film à la plastique parfaite.

7/10