mercredi 25 juin 2008

PERSEOPOLIS (2007)

Écrit et réalisé par Vincent Paronneau et Marjane Satrapi d’après les bandes dessinées et le roman de cette dernière.
(Vu le 24 juin 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.9 le 4 septembre 2008)

Du début des années 1980 au milieu des années 1990, cette animation peu conventionnelle suit le parcours d’une jeune Iranienne qui n’a pas la langue dans sa poche et qui devra malheureusement subir le régime révolutionnaire islamique après qu’il ait remplacé la dictature du Shah. L’imagerie utilisée, principalement en noir et blanc, est très personnelle et en même temps très forte, un peu à l’image de ce récit autobiographique basé sur les bandes dessinées et le roman de la coréalisatrice, Marjane Satrapi. Après une première moitié au rythme exemplaire, l’œuvre s’essouffle un peu avec l’arrivée de la jeune fille en Occident et sa personnalité adolescente perd beaucoup de la fraîcheur et du charme qu’elle avait enfant, mais, peu importe que le film ne sache pas comment se conclure puisque la vie suit son cours, on a depuis longtemps été conquis par cette expérience touchante, drôle, triste, émouvante, frustrante et éducative. 8/10

BE KIND REWIND (2008)

Écrit et réalisé par Michel Gondry.
(Vu le 24 juin 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.9 le 4 septembre 2008)

Après que le corps magnétisé de Jerry (Jack Black) ait effacé le contenu de toutes les casettes VHS, Mike (Mos Def) et lui devront tourner tous les films à nouveau à leur façon pour sauver un vieux vidéoclub de la faillite. Avec cette bonne prémisse, Michel Gondry, génie du vidéoclip et expert en effets spéciaux maison, fait malheureusement une comédie qui lève peu, en raison notamment d’une direction d’acteur qui ne contrôle pas le cabotinage de ses vedettes. La bonne finale nous rappelle la thématique centrale : la nostalgie d’une époque révolue où les films étaient faits avec le cœur et les moyens du bord. Toutefois, cela nous rappelle aussi à quel point il est passé à côté, principalement à cause du scénario, et que, sans un scénariste de la trempe de Charlie Kaufman, l’extraordinaire The Eternal Sunshine of a Spotless Mind pourrait devenir une exception dans son parcours cinématographique. 6/10

mardi 24 juin 2008

4 LUNI, 3 SEPTAMÄNI SI 2 ZILE (4 mois, 3 semaines et 2 jours) (2007)

Écrit et réalisé par Cristian Mungiu
(Vu le 24 juin 2008; format 150 mots)

Premier film roumain a remporté la Palme d’Or à Cannes, celui-ci se situe dans « l’âge d’or de la Roumanie », c’est-à-dire quelques années avant la chute du régime communiste. Loin d’être une époque que le réalisateur Christian Mungiu semble chérir, il nous convie à une histoire d’horreur du quotidien : Gabita est enceinte et demande à son amie Otilia de l’aider à se faire avorter, ce qui est illégal. Après un premier quart banal où une caméra-épaule suit leur démarche et rappelle à l’auditeur occidental toutes les difficultés ponctuelles de ce système, les événements se corsent avec l’arrivée de M. Bébé, l’avorteur dont les demandes dépassent ce qui semblait initialement prévu. Filmée en longs plans-séquences, dont l’un de près de dix minutes à un souper bavard auquel Otilia voudrait échapper, Mungiu créé une œuvre à la réalité palpable qui ne fera assurément pas l’unanimité, mais qui demeurera inoubliable pour tous. 7,5/10

CONTROL (2007)

Réalisé par Anton Corbijn. Écrit par Matt Greenhalgh d’après une autobiographie de Deborah Curtis.
(Vu le 23 juin 2008; format 150 mots)

Gagnant de la Caméra d’Or à Cannes, ce film qui se penche sur la vie du chanteur de Joy Division est à ne pas manquer pour ceux qui s’intéressent au mouvement post-punk anglais. Anton Corbijn, qui a déjà travaillé avec le groupe, réalise en noir et blanc une première œuvre très contrôlée, malgré qu’elle traite du manque d’emprise que Ian Curtis avait sur sa vie, tant en ce qui concerne son groupe, ses responsabilités, ses choix de jeunesse ou encore son propre corps (son épilepsie.) Pour sa part, Sam Riley, qui incarne Curtis, est une véritable révélation grâce à son physique similaire, sa prestance et sa voix. Néanmoins, le traitement lent pourrait rebuter les habitués des dernières biographies musicales à succès, et le personnage de sa femme est sous-exploité, surtout lorsque le scénario est basé sur son livre et que la théorie principale derrière son suicide soit son mariage malheureux. 7,5/10

BORDERLINE (2008)

Réalisé par Lyne Charlebois. Écrit par Lyne Charlebois et Marie-Sissi Labrèche d’après ses livres « Borderline » et « La Brèche ».
(Vu le 22 juin 2008; format 150 mots)

Au moment de son trentième anniversaire, Kiki Labrèche, une dépendante affective et sexuelle s’autoproclamant « borderline », doit faire face à son passé, que ce soit sa folle de mère, sa grand-mère à la santé chancelante, ses nombreuses aventures et erreurs de jeunesse ou encore sa peur de s’engager dans une relation signifiante. Basée sur les romans de Marie-Sissi Labrèche, cette exploration psychologique peut sembler un peu longuette par moments en raison de son manque de péripéties ou encore par cette volonté de coller à ses pendants littéraires, mais elle demeure captivante en raison de la présence de nombreuses actrices chevronnées : Isabelle Blais, Sylvie Drapeau et Angèle Coutu. Au passage, Lyne Charlebois livre une première œuvre solide plutôt unique dans le paysage cinématographique québécois et, malgré que les scènes de nudité y abondent et frôlent parfois la pornographie, elles s’avèrent nécessaires pour bien saisir les carences et les obsessions du personnage. 7/10

dimanche 22 juin 2008

THE INCREDIBLE HULK (2008)

Réalisé par Louis Leterrier. Écrit par Zak Penn.
(Vu le 15 juin 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No. 7 en juillet 2008)

Seulement 5 ans après le controversé Hulk d’Ang Lee, la machine à sous Marvel nous en propose un second se voulant davantage un hommage à la télé série des années 1970. Alors que le premier avait tendance à être trop cérébral, celui-ci se concentre principalement sur les scènes d’action. Ainsi, Louis Leterrier (The Transporter) se sent beaucoup plus à l’aise dans les explosions, délaissant dangereusement sa direction d’acteurs. En effet, les scènes entre William Hurt et Tim Roth sonnent fausses et l’apport de Liv Tyler est inégal (particulièrement dans certaines scènes ridicules comme celle de la belle et la bête dans la caverne, et les adieux susurrés sur la plateforme d’un hélicoptère en plein vol.) Ajoutons à cela une armée qui démolit tout sur son passage, une prémisse escamotée se résumant au générique d’ouverture, une finale où l’ordinateur domine et nous nous retrouvons avec un divertissement estival compétent, sans plus. 6/10

dimanche 8 juin 2008

THE GREAT DEBATERS (2007)

Réalisé par Denzel Washington. Écrit par Robert Eisele d’après une histoire de Robert Eisele et Jeffrey Porro.
(Vu le 7 juin 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No. 7 en juillet 2008)

1935, Melvin Tolson, professeur d’un collège noir du Texas, forme une équipe de débats qui marquera l’histoire en affrontant pour la première fois des universités blanches, dont Harvard. Basée sur une histoire vraie, nominée aux Golden Globes pour meilleur drame, cette seconde réalisation de Denzel Washington se révèle compétente et touchante. Cela ne veut pas dire que certaines maladresses n’y subsistent pas, comme cette introduction particulièrement confuse et une direction d’acteurs inconstante, mais l’acteur a choisi une histoire pleine de bons sentiments dont il tire le meilleur parti. Également, sa propre présence dans le rôle de l’enseignant impliqué, aux activités gauchistes dangereuses, donne une stabilité professionnelle au déroulement, avec en prime la performance charmante de Denzel Whitaker, qui incarne un génie de 14 ans. Au final, cette leçon de justice, d’égalité, de dépassement de soi et d’excellence émeut et rend nostalgique d’une époque qui semble être révolue dans nos écoles. 7/10

samedi 7 juin 2008

RAMBO (2008)

Réalisé par Sylvester Stallone. Écrit par Art Monterastelli et Sylvester Stallone d’après les personnages de David Morell.
(Vu le 6 juin 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No. 7 en juillet 2008)

Établi en Thailande, John Rambo aide à contrecoeur des Américains chrétiens à entrer en territoire birman. Bien entendu, ils se feront capturer et il devra les sauver. Après un court topo sur le Myanmar (ex-Birmanie), on établit rapidement que les dialogues ne seront pas la principale force du scénario, que l’actrice principale est nulle et que seules comptent les scènes d’action. « Nothing does change », affirme Rambo le philosophe et Sly y annonce son parti pris : son personnage sexagénaire est toujours aussi musclé, antisocial, inarticulé, et n’a pas pris une ride (seulement bien d’autres choses pour en arriver là…) C’est le premier volet réalisé par l’acteur et, agréablement, il ne se prend pas au sérieux. Suivant Mel Gibson, il offre un montage rythmé, une cinématographie compétente et des scènes d’une violence graphique ridicule qui amuse, ce qui devrait plaire aux amateurs de la série et des films d’action années 1980. 6,5/10

jeudi 5 juin 2008

DIARY OF THE DEAD (2007)

Écrit et réalisé par Georges A. Romero.
(Vu le 1er juin 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No. 7 en juillet 2008)

Des étudiants en cinéma tournent un film d’horreur amateur au moment où tous les cadavres renaissent en morts-vivants affamés. Alors qu’il satisfera probablement ses fans et tout amateur de films de zombie, le dernier Romero risque d’être injustement comparé à Cloverfield en raison du choix esthétique, c’est-à-dire un tournage à la première personne avec un des personnages tenant constamment la caméra. Même s’il a fait moins de bruit, le cas présent a un scénario beaucoup moins convenu, comporte un humour faisant davantage mouche et possède des effets spéciaux où l’on sent moins la manipulation digitale. Cela ne veut pas dire que tout est parfait, car le film est également victime d’un jeu d’acteur moyen et le commentaire social habituel du réalisateur (ici sur les médias : leur omniprésence, notre obsession, la désinformation...) devient plutôt lourd, tout comme la narration inutile à la Sarah Connor (Terminator 2) accompagnant les images d’apocalypse. 6/10