mardi 29 janvier 2008

THE DEVIL CAME ON HORSEBACK (2007)

Écrit et réalisé par Ricki Stern et Anne Sundberg.
(Vu le 28 janvier 2008; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Engagé pour surveiller un cessez-le-feu au Soudan en 2004, Brian Steidle a été témoin d’atrocités au Darfur et en a pris les premières photos troublantes, ayant un accès en tant que militaire là où les journalistes ne pouvaient aller. Devant l’inaction de l’Union africaine, il a rapatrié ses preuves, croyant naïvement que ses images d’une horreur sans nom feraient réagir l’administration américaine. Ce documentaire explique efficacement ce conflit et vaut ainsi le détour si on veut mieux comprendre ce génocide enclenché par le Janjanweed, milice financée secrètement par le gouvernement arabe en place afin d’éliminer la population noire du pays, et l’inaction de l’ONU, causée en partie par la Chine et ses intérêts économiques pétroliers. Le débit du film est plutôt lent et se concentre trop sur un seul homme (blanc), mais ses photos devraient être vues par tous pour que cesse enfin l’inaction de la communauté internationale. 7/10

mercredi 23 janvier 2008

SHOOT 'EM UP (2007)

Écrit et réalisé par Michael Davis.
(Vu le 22 janvier 2008; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; format 150 mots)

Après Children of Men, Clive Owen récidive dans un rôle lui confiant la même mission : protéger un bébé important. Oubliez toutefois ce coup-ci la critique sociale et la volonté de faire un grand film : on nage en pleine série-B, laquelle est agréablement assumée. Empruntant son nom à ces jeux vidéos dans lesquels il faut tirer sur tout ce qui bouge, la production offre le même divertissement léger avec une trame sonore dynamique, des répliques stéréotypées tordantes, des situations volontairement incongrues et une hécatombe qui affiche une centaine de morts au compteur. Le scénario prend de nombreux raccourcis, la direction d’acteurs manque de rigueur (Paul Giamatti s’amuse comme un fou en « méchant », mais surjoue) et les effets spéciaux d’une fusillade en parachutes sont nuls au point de presque tout gâcher, mais ceux qui sauront regarder cette œuvre au bon degré, le deuxième, éprouveront probablement beaucoup de plaisir. 6,5/10

jeudi 17 janvier 2008

THE KINGDOM (2007)

Réalisé par Peter Berg. Écrit par Matthew Michael Carnahan.
(Vu le 16 janvier 2008; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Dans le royaume des Saudis en Arabie Saoudite, dernier allié des Américains au Moyen-Orient, des extrémistes punissent ces « infidèles » en tuant une centaines d’Occidentaux travaillant pour une compagnie pétrolière. Un agent du FBI compte parmi les cadavres et quatre de ses confrères, sans l’aval de la Maison Blanche, prennent sur eux-mêmes de trouver les coupables. Débutant avec une approche très documentaire et concluant avec les deux versants de la médaille, Peter Berg prouve qu’il ne veut pas seulement offrir un film d’actions. Le montage, la caméra-épaule, les courts dialogues, les nombreuses fusillades et explosions (dont une atrocement CGI) divertiront le grand public, mais, à l’instar de Blood Diamond et The Last King of Scotland, pourront peut-être également l’instruire. Le personnage de Jamie Foxx personnifie à lui seul l’ingérence américaine, mais, agréablement, l’oeuvre donne un visage et une voix aux personnages arabes, ce qui est rare dans ce genre de production. 7/10

mardi 15 janvier 2008

SUNSHINE (2007)

Réalisé par Danny Boyle. Écrit par Alex Garland.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 15 janvier 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.9 le 4 septembre 2008)

Dans un futur incertain, une équipe d’astronautes ont pour mission de rallumer, à l’aide d’une bombe, le soleil qui est en train de mourir. Plus dans la tradition de 2001 : A Space Odyssey et de Solyaris (sans toutefois avoir des considérations philosophiques de la même envergure) que de Aliens, le dernier Danny Boyle (Transpotting) est une œuvre de science-fiction plutôt satisfaisante. En effet, malgré certaines invraisemblances, des plans de vue extérieurs du vaisseau générés par ordinateur éliminant une partie du sentiment de claustrophobie inhérente à ce type d’histoire et des effets agaçants entourant le capitaine d'Icarus I, espèce de Freddy Kruger spatial, le film intéresse grâce au scénario d’Alex Garland (28 Weeks Later) qui, en en faisant une histoire de sacrifice de soi pour le bien commun et en suggérant l’importance de la science dans le règlement de certains problèmes environnementaux, fait écho à certaines réalités actuelles alarmantes. 7/10

samedi 12 janvier 2008

BLUFF (2007)

Réalisé par Simon-Olivier Fecteau et Marc-André Lavoie. Écrit par Simon-Olivier Fecteau, Marc-André Lavoie et David Gauthier.
(Vu le 11 janvier 2008; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com))

Une découverte dans un appartement sur le point d’être démoli pousse au questionnement : qui des 5 derniers locataires aurait-il pu commettre ceci? Avec une brochette d’acteur impressionnante, ce chassé-croisé au synopsis efficace se trouve malheureusement aux prises avec ses limites budgétaires. En effet, quelques aspects du film font plutôt amateurs, tant dans certains dialogues que dans la direction d’acteur inconstante ou la cinématographie ordinaire. L’ensemble des saynètes est toutefois réussi (particulièrement celle dans laquelle Emmanuel Bilodeau accepte que sa copine, interprétée par Julie Perreault, leur fasse une enfant avec le personnage de David La Haye), mais le fil conducteur (Jean-Phillipe Pearson en ouvrier découvrant le pot aux roses dans le bloc appartement de Raymond Bouchard) est plutôt faible. Le DVD de ce film se voulant un peu un assemblage de courts-métrages en est accompagné de trois amusants (dont un ayant été nominé aux Genie) faits préalablement par ses artisans. 6/10

mercredi 9 janvier 2008

3:10 TO YUMA (2007)

Réalisé par James Mangold. Écrit par Halsted Welles. Michael Brandt et Derek Haas d’après la nouvelle d’Elmore Leonard.
(Vu le 8 janvier 2008; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; format 150 mots)

50 ans plus tard, James Mangold suit pas à pas et avec brio le scénario original de ce western dans lequel un fermier, père de famille acculé à la faillite (Christian Bale), doit amener un assassin séducteur (Russell Crowe) au train allant à la prison de Yuma. Sans posséder la cinématographie inventive de la première mouture, ce remake offre une version dynamisée avec des personnages plus étoffés. La joute psychologique où la frontière entre bons et méchants s’amincie fait l’intérêt du film et ses deux vedettes en élèvent la qualité par leur jeu et leur présence. Quelques commentaires sociaux sur l’Ouest (retombées de la Guerre de Sécession, exploitation des Chinois durant la construction du chemin de fer, obsession de la jeunesse pour la violence) et certains personnages secondaires (Peter Fonda en mercenaire, Ben Foster en bras droit) viennent compléter une œuvre qui fera bonne figure au sein de son genre. 7,5/10