dimanche 30 septembre 2007

ZWARTBOEK (Black Book) (2006)

Réalisé par Paul Verhoeven. Écrit par Gerard Soeteman et Paul Verhoeven.
(Vu le 28 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.1 le 24 janvier 2008)

Trente ans après leur Soldaat van Oranje, Paul Verhoven (Robocop, Total Recall) et Gerard Soeteman collaborent à nouveau sur un projet à propos de la Seconde Guerre mondiale. Tombé en défaveur à Hollywood après des navets tels que Showgirls et Hollow Man, il aura fallu que le controversé réalisateur retourne dans sa Hollande natale pour nous offrir une œuvre de calibre internationale. En effet, cette histoire originale dans laquelle on suit une Juive tenter de survivre pendant la guerre, après un début qui se cherche légèrement, regorge de rebondissements inattendus où les apparences sont trompeuses et où personne n’est totalement noir ou blanc. L’érotisme un peu débridé de Verhoeven est encore présent et pourrait en déstabilisé plus d’un, tout comme la cinématographie lustrée neutralise un peu la dureté de cette réalité, mais l’ensemble satisfait et Carice van Houten est très bonne en Mata Hari hollandaise tombant amoureuse d’un général nazi. 7,5/10

IMPROVISATION (1950, 2007)

Réalisé par Gjon Mili et Norman Granz.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 29 septembre 2007; format 150 mots)

En 1950, Gjon Mili et Norman Granz s’étaient réunis pour réaliser un second court métrage de jazz improvisé. Le projet fut toutefois abandonné puisque le procédé utilisé, enregistrer d’abord les musiciens et les filmer ensuite tentant de recréer leurs improvisations, détruisait complètement le concept. Tout en sachant que l’image était nullement synchronisée avec le son, ce document important (l’un des seuls documents visuels avec Charlie « Bird » Parker) comprenant également Buddy Rich et Ella Fitzgerald fut remonté en 1996 par Jacques Muyal et nous est présenté ici avec certains angles inédits. Pour compléter ce petit montage, Granz inclut d’autres improvisations qu’il a filmées au cours des ans, dont une impressionnante de Duke Ellington en visite chez Miro et une finale qui swingue avec Oscar Peterson et compagnie. Ce bel objet comprend également Jammin’ The Blues, premier court métrage du duo, petit bijou avec une photographie superbe nominé aux Oscars de 1944. 7/10

jeudi 27 septembre 2007

KNOCKED UP (2007)

Écrit et réalisé par Judd Apatow.
(Vu le 26 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.1 le 24 janvier 2008)

Dans son style davantage télévisuel que cinématographique, le réalisateur de 40 Year Old Virgin nous convie à une comédie dramatique assez ordinaire dans laquelle une fille, enceinte d’une aventure regrettable d’un soir avec un laideron, décide de garder l’enfant. Tout de même, la production a ses moments drôles, surtout lors des scènes entre Seth Rogen et Paul Rudd, ou encore quand le futur papa traîne avec ses amis, bande d’ados retardés vivant en commune (dont le montréalais Jay Baruchel.) De plus, la tendance du réalisateur à laisser de nombreuses situations et certaines répliques s’improviser permet une spontanéité qui ne nuit pas à la comédie. Toutefois, cela entraîne aussi un jeu d'acteur inconstant. Également, quand la portion dramatique de cette histoire trop longue prend le dessus, les rires s’estompent, la chimie dans le couple fonctionne peu et les deux actrices principales ont tendance à incarner des personnages antipathiques. 6,5/10

COMMANDO (Director's Cut) (1985)

Réalisé par Mark L. Lester. Écrit par Steven E. de Souza d’après une idée de Jeph Loeb et Matthew Weisman.
(Commande du journal Bang Bang; revu le 27 septembre 2007; format 150 mots)

Ne cherchez plus le cadeau idéal pour votre père : la version finale de Commando, avec une grosse minute supplémentaire, est maintenant disponible! Dès le départ, c’est du sérieux : l’ouverture offre quelques scènes d’action inutiles prouvant que les méchants sont méchants, juste avant de nous présenter les biceps d’Arnold. Ensuite, celui-ci doit retrouver sa fille kidnappée par un dictateur sud-américain, joué par un Américain bronzé, dont le bras droit ressemble à une version musclée de Freddie Mercury. Entre-temps, Arnie suit des indices dont la logique échappe à tout le monde sauf à l’hôtesse qu’il a ramassée en chemin (Rae Dwan Chang, réussissant le même exploit que la femme de Spielberg dans Temple of Doom, c’est-à-dire être inutile et irritante.) Malgré ces nombreuses invraisemblances, gageons que tous les amateurs d’action 1980 voudront posséder dans leur collection la scène finale d’anthologie où le gouverneur de la Californie trucide toute une armée. 5/10

mercredi 26 septembre 2007

SOMEONE LIKE ME (2007)

Réalisé par Bob Franklin.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 24 septembre 2007; format 150 mots)

Du temps où il s’appelait Reginald Dwight et oeuvrait au sein de Bluesology à la parution de son dernier disque The Captain and The Kid en passant par ses belles années (1970-75), la drogue, l’alcoolisme, la boulimie, le Roi Lion et l’enterrement de la princesse Diana, ce nouveau documentaire sur Elton John n’oublie rien et pourrait, en ce sens, s’avérer très informatif pour les fans occasionnels. Toutefois, cette narration bon marché, ces scènes tournées en caméra digitale et ces images fréquemment répétées ne peuvent nous empêcher d’avoir l’impression de regarder une musicographie bas de gamme, sentiment renforcé par l’absence totale de chansons d’Elton John. De plus, aucune entrevue récente n’a été accordée par l’artiste même ou quiconque étant un collègue proche. En somme, il s’agit du genre de documentaire qui se prend bien lorsqu’il passe gratuitement à la télévision, mais pour lequel on serait bien fou de dépenser de l’argent. 4/10

lundi 24 septembre 2007

AWAY FROM HER (2006)

Écrit et réalisé par Sarah Polley d’après une nouvelle de Alice Munro.
(Vu le 22 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Ayant davantage fait parler de lui dans les festivals qu’en salle, ce premier long métrage de Sarah Polley, la jolie blonde du dernier Dawn of the Dead, est excellent. On y suit un vieux couple qui n’a jamais été séparé et dont la femme devient atteinte de l’Alzheimer. Après avoir choisi d’être placée dans un centre spécialisé, celle-ci s’amourache d’un autre patient. Dans le rôle de la malade, Julie Christie est superbe et lumineuse malgré cette noirceur qui s’empare de sa mémoire. Pour sa part, Gordon Pinsent offre une performance touchante dans la peau du mari qui n’a pas toujours été fidèle, mais qui n’a jamais cessé d’aimer sa femme et qui, pour le bien de celle-ci, doit apprendre à la laisser vivre sans lui. Polley sera une réalisatrice à surveiller, car il s’agit d’une œuvre étonnamment sensible, mature et humaine pour quelqu’un qui n’a pas encore terminé sa vingtaine. 8/10

samedi 22 septembre 2007

DEATH PROOF (2007)

Écrit et réalisé par Quentin Tarantino.
(vu le 20 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Portion du programme-double Grindhouse, cette histoire dans laquelle des filles sont aux prises avec un maniaque utilisant sa voiture pour tuer fait l’objet d’une sortie individuelle, avec près d’une demi-heure de scènes ajoutées. Et c’est là que le bât blesse… En effet, initialement beaucoup plus court et carré, la sauce est ici étirée, surtout que certaines actrices forcent ces dialogues particuliers, coupant ainsi ce naturel qui a fait que l’on cite encore aujourd’hui plusieurs répliques de Reservoir Dogs ou de Pulp Fiction. Néanmoins, cet hommage aux films violents des années 1970 qu’on retrouvait dans d'obscures salles miteuses avec pellicule égratignée ou manquante respire le cool de la touche Tarantino et nous ramène un Kurt Russell en forme avec son Stuntman Mike, sorti tout droit d’un Carpenter des années 1980. En somme, cet effort mineur aurait dû être offert en DVD sous sa forme originale avant d’être allongé pour les fans. 6,5/10

dimanche 16 septembre 2007

DISTURBIA (2007)

Réalisé par D. J. Caruso. Écrit par Christopher B. Landon et Carl Ellsworth.
(vu le 16 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Un adolescent se retrouve en liberté surveillée dans sa propre maison avec un bracelet GPS au mollet après avoir frappé son enseignant d’espagnol. Mourant d’ennui, il se met à épier ses voisins et à soupçonner l’un d’eux d’être un tueur. En salle, cette petite histoire de paranoïa a connu un réel succès auprès des jeunes, probablement parce que ceux-ci ne savaient pas qu’il s’agit du même synopsis de base que le Rear Window d’Hitchcock… L’entrée en matière, dans laquelle on apprend qu’il ne faut pas conduire en parlant au cellulaire et que le personnage principal est un bon petit gars malgré sa condition future, est très racoleuse. Tout de même, avec l’arrivée en scène de David Morse en voisin louche et lorsqu’ils utilisent des technologies auxquelles James Stewart n’avait pas accès, certaines scènes font preuve d’un suspense efficace. Au final, malgré de nombreux clichés, le dénouement se révèle satisfaisant. 6/10

THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (2006)

Réalisé par Ken Loach. Écrit par Paul Laverty.
(vu le 13 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Récipiendaire de la Palme d’Or à Cannes, cette chronique historique suit de jeunes révolutionnaires dans les années 1920 désirant une Irlande libre et prenant les armes contre l’envahisseur britannique. Après une courte mise en situation dans laquelle on assiste à la cruauté des soldats anglais et démontrant que le contexte oblige à une réaction violente, Ken Loach propose un film cru où l’absence de plans rapprochés rend ces jeunes gens plutôt anonymes et ces morts sans gloire, tel que cela a dû l’être dans la réalité. Toutefois, ces balbutiements de l’IRA ne deviennent intéressants qu’au moment où l’opprimé devient l’oppresseur. Outre certaines dissensions au sein des factions, incarnées par les deux frères O’Donovan (dont Cillian Murphy, seul interprète se démarquant), le réalisateur britannique nous offre une production un peu manichéenne. En effet, les Anglais y sont représentés uniquement comme des tyrans barbares et détestables ou, au mieux, des capitalistes véreux. 7/10

samedi 8 septembre 2007

REEL TALENT: First Films by Legendary Directors (2007)

(Commande du journal Bang Bang; vu le 8 septembre 2007;publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007 )

Ce nouveau DVD consiste en une compilation de courts-métrages créés par des « réalisateurs légendaires » alors qu’ils étaient étudiants en cinéma à l’USC (University of Southern California.) À première vue, on constate que le court-métrage a énormément évolué depuis l’avènement du numérique et qu’on peut trouver meilleure qualité dans n’importe quelle soirée fêtant ce format. Néanmoins, nous avons droit à quelques trouvailles intéressantes telles que The Lift, simili-Lynch offert par Robert Zemeckis (Forrest Gump), la genèse de THX 1138 pour les fans de Lucas, Broken Record de Shawn Levy (Night at the Museum), amusante petite histoire dans laquelle des jeunes tentent de briser un record Guiness, Proof de Kevin Reynolds (Robin Hood), journée disjonctée en parachute, et The Goodbye Place, premier film de Richard Kelly (Donnie Darko.) Principalement d’un intérêt scolaire, il aurait été intéressant que l’exercice s’étende à davantage de réalisateurs, empêchant ainsi l’impression d’assister à une info-pub pour l’USC. 6/10

mercredi 5 septembre 2007

DAS LEBEN DER ANDERSEN (La vie des autres) (2006)

Réalisé et écrit par Florian Henckel von Donnersmarck.
(vu le 4 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

1984, Big Brother existe, mais sous la forme de la « Stasi », police secrète est-allemande dont le but était, avant que le Rideau de fer ne tombe, de savoir tout sur tous. Hauptmann Gerd Wiesler, membre de cette police enseignant également l’art de l’interrogatoire, devient chargé de surveiller les moindres faits et gestes de Dreyman, dramaturge à succès. Lorsque l’agent se rend toutefois compte que ce dernier est sous surveillance simplement parce qu’un ministre veut l’écarter afin de s’approprier sa compagne, une actrice connue, il lui est difficile de rester neutre devant la situation. Dans le rôle de cette oreille implacable qui s’humanise peu à peu au contact de l’art, Ulrich Muhe est juste et touchant. Moins léger que Goodbye Lenin, mais aussi éclairant sur cette période sombre de l’histoire européenne, cette production qui a remporté l’Oscar du meilleur film étranger se veut un incontournable de ce renouveau du cinéma allemand. 8/10