dimanche 30 décembre 2007

SWEENEY TODD: THE DEMON BARBER OF FLEET STREET (2007)

Réalisé par Tim Burton. Écrit par John Logan et adapté musicalement par Chritopher Bond d’après la pièce musicale de Stephen Sondheim et Hugh Wheeler.
(Vu le 19 décembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Cette histoire du folklore anglais du 19e siècle dans laquelle un barbier tranche les gorges de ses clients qui sont ensuite revendus sous forme de tartes à la viande par sa complice (Helena Bonham Carter, drôle et touchante) a déjà fait l’objet d’une dizaine de versions. Ce nouveau tour de force gothique de Tim Burton, adaptation de la comédie musicale de Broadway de 1979, en restera assurément la plus mémorable. En effet, le visuel de sa dernière œuvre est une véritable réussite technique. Toutefois, certains aspects de cette création étonnante ne feront pas l’unanimité, principalement l’omniprésence du chant et cet humour noir particulier. Pour sa part, Johnny Depp y fait preuve d’une voix agréable à l’émotion sentie, mais son rôle, croisement entre Edward Scissorhands et Ichabod Crane, est difficilement sympathique, surtout lorsqu’il se met à trancher la gorge de tout un chacun sans raison dans des scènes d’un gore inattendu. 7,5/10

EASTERN PROMISES (2007)

Réalisé par David Cronenberg. Écrit par Steven Knight.
(Vu le 23 décembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Gardant les mêmes ingrédients qui avaient fait le succès de son excellent A History of Violence (des gens ordinaires projetés, avec une structure narrative linéaire, dans une sous-culture sanguinaire réaliste), David Cronenberg nous revient avec une histoire intense explorant la mafia russe londonienne. Contrairement à la trilogie The Godfather où l’importance mise sur la famille faisait presque croire qu’il est sympathique d’appartenir au crime organisé, il en propose une vision brute qui ne fait pas de doutes sur la réalité sanglante à laquelle ces gens sont confrontés. Certains pourront trouver que sa distribution internationale donne une image stéréotypée des Russes ou encore que la petite intrigue amoureuse amenée par la présence de Naomi Watts est futile, mais Viggo Mortensen, à travers ces moments de non-dit à la tension palpable, est tout simplement époustouflant en membre de la Vory V Zakone et sa scène de combat nu en est une d’anthologie. 8/10

samedi 22 décembre 2007

LES 3 P'TITS COCHONS (2007)

Réalisé par Patrick Huard. Écrit par Claude Lalonde et Pierre Lamothe.
(Vu le 18 décembre; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Pour son premier long métrage, Patrick Huard, nous livre une réalisation compétente. Toutefois, il tombe dans presque tous les pièges du débutant : effets de mise en scène inutiles, narrations multiples n’apportant rien à l’histoire, développement stéréotypé de la psychologie des personnages (voir sa vision des adolescents), direction d’acteurs molle et plusieurs longueurs (le film aurait pu être amputé d’une demi-heure…) Pour ce qui est des acteurs, Guillaume Lemay-Thivierge incarne étonnamment le personnage le plus crédible et attachant, tandis que Claude Legault se révèle égal à lui-même. Pour sa part, Paul Doucet, jouant le rôle du petit cochon à la maison de briques nous réservant une surprise, est plutôt rigide. En fait, outre la présence de Mahée Paiement, ce qui rend ordinaire ce grand gagnant du box-office québécois 2007 est ce scénario sur l’adultère oscillant entre drame, humour et critique sociale sans jamais offrir un regard neuf ou réellement intéressant. 6/10

PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END (2007)

Réalisé par Gore Verbinski. Écrit par Ted Elliot et Terry Rossio.
(Vu le 20 décembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Troisième volet de cette franchise, seul vrai succès des Studios Disney depuis belle lurette, celui-ci se rapproche davantage de la seconde mouture que de l’œuvre original. En effet, il s’agit encore une fois d’un gros spectacle de sons et de lumière dans lequel les multiples intrigues ne visent qu’à engendrer des scènes de combats épiques au budget colossal, aux effets spéciaux impeccables et aux maquillages et costumes oscarisables. Cette « dernière » partie a toutefois un fil conducteur plus clair, quoiqu’on s’y perdrait facilement sans avoir vu la deuxième. Coté acteurs, Geoffrey Rush y vole la vedette, Johnny Depp étant plus que jamais en mode cabotin dans un personnage qui sert peu à l’histoire. En somme, pour une trilogie dont les deux derniers morceaux ont été tournés simultanément, celle-ci se révèle supérieure aux finales de Back To The Future ou The Matrix, mais on est loin de Lord of the Ring. 6,5/10

dimanche 16 décembre 2007

BECOMING JOHN FORD (2007)

Réalisé par Nick Redman. Écrit par Julie Kirgo.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 16 décembre 2007; format 150 mots)

Cet intéressant documentaire est produit dans le cadre de la sortie d’un coffret intitulé « Ford at Fox », lequel comprend 24 films de ce réalisateur grognon ayant remporté 4 fois l’Oscar du meilleur réalisateur et étant devenu, avec 144 films réalisés entre 1917 et 1976, l’un des vrais icônes américains de l’Age d’or d’Hollywood. Outre une narration irritante personnifiant la relation entre John Ford et son producteur Daryl F. Zanuck (interprétée respectivement par les réalisateurs Walter Hill et Ron Shelton), il s’agit d’un document de qualité doté d’une belle cinématographie et d’entrevues intéressantes. Malheureusement, il s’agit principalement d’un outil promotionnel et il se révèle incomplet, car on omet complètement son long partenariat avec John Wayne étant donné que cela a déjà fait l’objet d’une autre sortie… Trois coffrets de cinq films seront également disponibles : sa période muette, sa période comique et ses incontournables (dont l’excellent The Grape of Wrath.) 6/10

FANTASTIC 4: RISE OF THE SILVER SURFER (2007)

Réalisé par Tim Story. Écrit par Don Payne, John Turman et Mark Frost d’après les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 16 décembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Second volet d’une franchise qui rapporte bien au box-office, celui-ci n’a pas réussi davantage que la première partie a obtenir un succès critique, et avec raison : Tim Story tourne les scènes avec l’aplomb d’un réalisateur-télé. De plus, le scénario nous présente des personnages infantiles qui utilisent leurs pouvoirs pour séduire les filles ou faire disparaître un bouton, et nous livre des dialogues qui feraient bonne figure dans n’importe quel roman savon. Également, Jessica Alba est toujours aussi peu crédible en Invisible Woman tandis que The Thing a toujours l’air aussi ridicule en caoutchouc, sans compter que le Silver Surfer ressemble à T-1000 avec une planche de surf et que Dr Doom est le sosie de l’Empereur de Star Wars durant la première demi-heure… Des effets spéciaux efficaces et une cinématographie aux couleurs riches empêchent le tout d’être un ratage complet, mais il n’est pas difficile de trouver meilleur divertissement. 5/10

samedi 15 décembre 2007

HARRY POTTER AND THE ORDER OF THE PHENIX (2007)

Réalisé par David Yates. Écrit par Michael Goldenberg et J.K. Rowling.
(Vu le 14 décembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Ayant la tâche ingrate d’adapter le pire livre de la série, Michael Goldenberg réussit à pondre un scénario fluide triant adéquatement cette montagne de péripéties inutiles. Également, en se penchant sur certains aspects sociaux de l’œuvre (manipulation médiatique, aberrations politiques, gérance scolaire inadéquate), il offre une profondeur qui n’était pas autant exploitée dans les autres films. Pour sa part, David Yates va chercher une bonne performance de ses acteurs, quoique Daniel Radcliffe soit souvent en mode adolescent frustré à la Luke Skywalker et que de nombreux acteurs secondaires talentueux soient peu utilisés. Aussi, sa volonté de rendre la cinématographie plus réaliste retire un peu du lustre magique habituel et les effets spéciaux sont moches. Cependant, Imelda Staunton (Vera Drake) est parfaite dans le rôle de celle que l’on aime haïr et vole la vedette de ce spectacle satisfaisant qui n’atteint toutefois pas le niveau du troisième volet réalisé par Cuaron. 6,5/10

jeudi 13 décembre 2007

SUPERBAD (2007)

Réalisé par Greg Mottola. Écrit par Seth Rogen et Evan Goldberg.
(Vu le 11 décembre 2007; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; format 150 mots)

Il serait facile de dire que, comme le titre, ce film est « super mauvais », mais ce serait faux. En fait, il faut retirer le « super » : il est tout simplement mauvais. Écrit par Seth Rogen et produit par Judd Apatow, qui ont collaboré sur Knocked Up et 40 Year Old Virgin, cette nouvelle comédie est du même acabit que les deux précédentes, c’est-à-dire qu’elle se veut irrévérencieuse ou outrancière, mais ne se résume en fait qu’à une longue suite de blagues sous la ceinture, le tout saupoudré de ce mot débutant par un F. Le duo Jonah Hill-Michael Cera fonctionne assez bien et Christopher Mintz-Plasse a la voix et la bouille idéales pour son rôle, mais les rires qui ne sont pas gras se font rares et le synopsis, deux rejets voulant absolument coucher avec une fille le dernier jour du secondaire, est vraiment du réchauffé. 5,5/10

lundi 10 décembre 2007

NUOVOMONDO (2006)

Écrit et réalisé par Emanuele Crialese.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 10 décembre 2007; format 150 mot)

Au tournant du vingtième siècle, une famille de Siciliens tente d’émigrer aux États-Unis, le « nouveau monde ». Cette coproduction Italie-Allemagne-France a raflé huit prix à la Mostra de Venise 2006, dont le Lion d’Argent, enthousiasme qu’il est toutefois difficile à partager en regardant l’œuvre. En effet, malgré que certaines mises en scène de foules soient bien orchestrées et innovatrices, que la cinématographie de quelques scènes soit très belle (particulièrement celle où le bateau largue ses amarres, scindant la foule entre ceux qui restent et ceux qui partent) et que l’histoire nous présente des aspects parfois étonnants ou révoltants de l’immigration (tests d’entrée frôlant l’épurement ethnique ou l’examen de cheptel, mariages forcés pour avoir son visa), les côtés surréalistes de la réalisation se révèlent inutiles et l’on s’attache malheureusement peu au sort de la famille ainsi qu’à celui du personnage de Charlotte Gainsbourg, mystérieuse Anglaise rouquine au teint blafard. 6,5/10

dimanche 9 décembre 2007

ONCE (2006)

Écrit et réalisé par John Carney.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 9 décembre 2007; format 150 mots)

Pour son cinquième film, le réalisateur irlandais John Carney nous offre une touchante histoire d’amour entre un musicien itinérant et une immigrante tchèque qui lui valut le prix du public à Sundance et au Festival international des films de Dublin. Tourné sans moyens avec une caméra digitale, le film est plutôt laid, mais ce ne sont pas ses qualités visuelles qui captent notre attention, mais bien celles auditives. En effet, la voix du personnage principal interprété par Glen Hansard (ancien chanteur de The Frames, le guitariste dans The Commitments) est étonnamment émouvante et se marie très bien avec celle de Marketa Irglova, avec laquelle il avait déjà enregistré un album. Ils sont musiciens avant d’être acteurs, mais Carney réussit à obtenir d’eux un jeu naturel et une complicité palpable. Leur amour impossible, quoique intéressant, est toutefois éclipsé par ces chansons d’une beauté rare qui valent à elles seules le détour. 8/10

vendredi 7 décembre 2007

RESCUE DAWN (2006)

Écrit et réalisé par Werner Herzog.
(Commande du journal Bang Bang; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.4 le 10 avril 2008; vu le 5 décembre 2007; format 150 mots)

Pour son premier film américain, le réputé réalisateur allemand Werner Herzog (Grizzly Man, Nosferatu 1979) met en scène une histoire vraie à propos de laquelle il a déjà tourné un documentaire. Il s’agit de celle de l’un de ses compatriotes, Dieter Dengler, un aviateur qui, en 1965, fit une mission secrète au Laos pour l’armée américaine et devint prisonnier de guerre. Ceux qui s’attendent, à la vue de cette pochette avec un Christian Bale amaigri accompagné d’une jungle bombardée, à un film avec beaucoup d’actions seront probablement déçus, car Herzog se concentre sur les impacts psychologiques de la situation et son montage elliptique tue complètement le rythme. Aussi, pour une production à propos des POW, cela manque l’humour de Stalag 17, la violente intensité de The Deer Hunter, le développement des personnages de The Great Escape, mais, heureusement, on est également très loin de Mission in Action avec Chuck Norris! 6/10

samedi 1 décembre 2007

LIVE FREE OR DIE HARD (2007)

Réalisé par Len Wiseman. Écrit par Mark Bomback d’après une histoire de David Marconi et de Mark Bomback basée sur un article de John Carlin et certains personnages créés par Roderick Thorp.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 27 novembre 2007; format 150 mots; également disponible sur le site www.bangbangtemort.com)

Des cyberterroristes prennent le contrôle des ordinateurs responsables de la plupart des sphères de la vie américaine, semant un chaos incroyable, et décident d’éliminer au passage chaque pirate informatique qui pourrait déjouer leur plan. Heureusement pour les États-Unis, John McClane arrive, contre son gré bien entendu, à la rescousse! Malgré de nombreuses invraisemblances, certains effets spéciaux évidents, des plaies qui cicatrisent le temps de le dire et des mercenaires increvables, les scènes d’action sont efficaces et c’est avec un réel plaisir que l’on retrouve un Bruce Willis en forme dans le rôle de son policier pas tuable qui n’a pas la langue dans sa poche. Dans le rôle du compagnon qui devient témoin sans le vouloir des exploits de notre héros, on perd un peu au change, car Justin Long n’est pas Samuel Jackson, mais il s’en tire plutôt bien et le tout est assurément meilleur que Die Hard 2. 7/10

NO END IN SIGHT (2007)

Écrit et réalisé par Charles Ferguson.
(Vu le 26 novembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3 )

Pour son premier documentaire, Charles Ferguson s’est attelé au bourbier qu’est la guerre en Irak. Ayant gagné le prix spécial du jury au dernier festival de Sundance, ce film semble nous en apprendre un peu moins de l’autre côté de la frontière, nos médias nous ayant déjà divulgué la plupart de ces informations (sauf peut-être la mort par bombardement d’un des hauts commissaires de l’ONU, Segio Vieira de Mello) qui sont cachées au peuple américain. Néanmoins, cela offre une bonne récapitulation des événements. Avec des interviews intéressantes de gens du gouvernement qui ont été directement impliqués, le film se penche surtout sur les erreurs de l’administration Bush, dont certaines incroyables comme le renvoi et non la réutilisation des soldats irakiens après la tombée de Bagdad. Dommage toutefois que l’on donne peu la parole aux Irakiens afin de trouver des solutions à ce conflit qui perdure pour le profit d’une minorité. 7/10

LA VIE EN ROSE (2007)

Réalisé par Olivier Dahan. Écrit par Isabelle Sobelman et Olivier Dahan.
(vu le 20 novembre 2007; format 150 mots; publié le 12 mars 2008 dans le Bang Bang Vol. 3 No.3)

Basé sur la vie d’Edith Piaf, ce drame biographique suit celle qui n’a jamais connu la sérénité, des bas-fonds de son enfance malheureuse aux sommets de la gloire. Exploitant surtout le côté misérabiliste de son existence, la réalisation ordinaire d’Olivier Dahan appuyé par un scénario conventionnel nous réserve tout de même de nombreuses scènes émotives d’une grande qualité comme celles où, pour la première fois, une Piaf préadolescente chante La Marseillaise dans la rue pour rapporter quelques sous ou lorsqu’elle apprend que l’amour de sa vie est mort dans un accident d’avion alors qu’il venait la rejoindre. En fait, c’est l’interprétation magistrale de Marion Cotillard qui vaut ici le détour. Elle est vraiment époustouflante dans ce rôle aux nombreux registres se déroulant sur de nombreuses années. Sans elle et la merveilleuse musique de Piaf en arrière-plan, ce spectacle visant souvent à seulement nous tirer une larme aurait été plutôt banal. 7,5/10

mardi 20 novembre 2007

OCEAN'S THIRTEEN (2007)

Réalisé par Steven Soderbergh. Écrit par Brian Koppelman et David Levien d’après des personnages de George Clayton Johnson et Jack Golden Russell.
(Vu le 19 novembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.1 le 24 janvier 2008)

Décidemment, novembre aura été le mois des sorties DVD des troisièmes volets non nécessaires, juste à temps pour Noël et ses cadeaux obligés. Alternant depuis son Oscar pour Traffic entre expérimentations (Full Frontal, Bubble, The Good German) et films commerciaux, Soderbergh s’amuse encore cette fois à prendre une pause artistique avec son équipe de joyeux lurons. La prémisse est originale, s’assurer qu’un casino perde de l’argent et non le voler, mais elle nous est servie avec les mêmes ingrédients : montage rythmé (beaucoup trop précipité au début dans le cas présent), musique entraînante (encore une fois réussie), nombreuses blagues d’initiés avec une brochette de vedette en mode mineur (Al Pacino est le dernier en lice à cabotiner)… La sauce a de la difficulté à prendre au départ, mais une fois la vengeance mise en place, le film se révèle tout de même amusant et divertissant, sans toutefois égaler le premier volet. 6/10

lundi 19 novembre 2007

PARIS, JE T'AIME (2006)

Écrit et réalisé par un collectif de 18 réalisateurs.
(Vu le 13 novembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.1 le 24 janvier 2008)

Cette collection réunit dix-huit réalisateurs internationaux rendant hommage à la ville lumière à travers des courts-métrages, un par arrondissement (deux ayant été coupés au montage.) Peu de liens unissent ces saynètes sauf Paname même ainsi que le désir d’explorer l’amour sur tous ses angles, et l’œuvre est à l’image de n’importe quelle oeuvre collective, c’est-à-dire inégale et disparate. Néanmoins, on ne s’ennuie jamais devant cet ensemble d’un excellent niveau qui a un bon rythme et dont certains segments sont de petits bijoux, plus particulièrement celui des frères Coen, l’amour multiculturel offert par Gurinder Chadha, les mimes de Sylvain Chomet, la prise unique d’Alfonso Cuaron, un dernier souffle par Oliver Schmitz, l’amourette en accéléré de Tom Tykwer avec Nathalie Portman et la finale d’Alexander Payne avec sa touriste américaine qui termine le film avec une belle mélancolie nous donnant le goût d’être à Paris ou, à tout le moins, de voyager. 7/10

samedi 10 novembre 2007

THE NAMESAKE (2006)

Réalisé par Mira Nair. Écrit par Sooni Taraporevala d’après le roman Jhumpa Lahiri.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 8 novembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Une famille d’Indiens vient s’établir aux États-Unis en 1977 et on suit leur histoire jusqu’à nos jours, plus particulièrement leur rapport avec leurs enfants, dont un jeune homme prénommé Gogol. Celui-ci n’apprécie pas son nom tiré d’un célèbre écrivain russe et sa volonté de changement constitue la clef de cette histoire sur un fossé générationnel. Pris entre son daknam (« pet name ») et son bahlonam (« good name »), il s’agit d’une métaphore sur comment ces immigrants de seconde génération se sentent, pris entre leur pays d’accueil et leur pays d’origine, entre les valeurs traditionnelles et les nouvelles, entre la famille et les amis, etc. Basé sur un roman aux allures autobiographiques, l’ensemble, telle une vie imprévue emplie d’événements plus ou moins importants, manque parfois de focalisation autour de ce fil conducteur ténu. Néanmoins, empreint d’une franchise et d’une fraîcheur, ce récit révèle une réalité qui s’avère souvent touchante et intéressante. 6,5/10

jeudi 8 novembre 2007

SICKO (2007)

Écrit et réalisé par Michael Moore.
(Vu le 6 novembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Nouveau pamphlet incendiaire de Michael Moore, il s’attaque cette fois aux compagnies privées d’assurances médicales. Aux États-Unis, plus de 50 millions de personnes en sont dépourvues, mais ce brûlot s’attarde en fait à ces gens qui en possèdent, mais qui ne réussissent tout de même pas à recevoir de soins. Le but de ces compagnies étant de maximiser les profits, rejeter les demandes devient ainsi la norme et les médecins reçoivent même des bonus en refusant de soigner des gens! Le ton paternaliste de la narration de Moore peut être agaçant, tout comme son portrait idéalisé des services médicaux des autres pays et sa manière sensationnaliste de tourner les coins ronds, mais la logique derrière le montage est implacable et extrêmement efficace. De plus, il faudrait être inhumain pour fermer les yeux, ne pas comprendre l’importance de son message et ne pas être touché par ces expériences réelles qu’il expose. 7,5/10

samedi 3 novembre 2007

TALK TO ME (2007)

Réalisé par Kasi Lemmons. Écrit par Michael Genet et Rick Famuyiwa.
(Vu le 1er novembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Basé sur des fait réels, ce drame est celui de Petey Greene, un ex-détenu qui, dans les années 1960, devint disc-jockey pour une radio à Washington et révolutionna en partie le genre avec son franc-parler. Dans le rôle principal, Don Cheadle parvient adéquatement à donner de la profondeur à un personnage semblant souvent en surface. Également, la première partie racontant l’ascension vers la gloire, appuyée par une bonne bande sonore soul, est engageante. Toutefois, la seconde sur la rançon de celle-ci l’est un peu moins et le montage semble parfois chercher son souffle, ne voulant manquer aucun détail de ces faits s’échelonnant sur une vingtaine d’années. Au final, il s’agit d’un bon drame historique, mais on ne peut s’empêcher de penser que certains événements de la trame de fond, tel l’assassinat de Martin Luther King, sont plus importants que les tribulations d’un ex-criminel désirant s’exprimer sans censure sur les ondes. 6/10

jeudi 1 novembre 2007

SPIDER-MAN 3 (2007)

Réalisé par Sam Raimi. Écrit par Alvin Sargent, Ivan Raimi et Sam Raimi d’après les bandes dessinées de Stan Lee et Steve Ditko.
(Vu le 30 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Un nouvel ennemi (Sandman), un parasite extraterrestre, un rival au travail (le futur Venom), une intrigue amoureuse avec une collègue universitaire, un meilleur ami voulant le tuer pour venger son père (le New Goblin), une fiancée frustrée par sa vie professionnelle qu’il voudrait marier… pas facile d’être Spider-Man! Et le temps que l’on positionne tous ces pions sur l’échiquier, cette débâcle de péripéties fait malheureusement du surplace pendant une heure. Également, ce scénario chaotique empêche le développement du vilain attendrissant de Thomas Hayden Chruch, tout comme le personnage de Venom n’est exploité qu’à la fin. De plus, le nombre de plans entièrement composés d’images générées par ordinateur fait en sorte qu’on se demande si on assiste à un jeu vidéo avec des séquences filmées ou vice-versa. En somme, après un Spider-Man 2 qui était un petit chef d’œuvre pour le genre, il est visible que le cœur n’y est plus. 6/10

vendredi 19 octobre 2007

PLANET TERROR (2007)

Écrit et réalisé par Robert Rodriguez.
(Vu le 18 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Débutant avec une fausse bande-annonce hilarante, la sortie individuelle de Planet Terror correspond davantage à l’esprit Grindhouse que son frère jumeau, Death Proof. En effet, on ne se perd pas en conjonctures et, très rapidement, sans que la vraisemblance n’importe, des personnages colorés se trouvent aux prises avec des créatures, croisement entre des zombies et Toxic Le Ravageur. Que ce soit grâce à cette effusion de sang et de rires, cette pellicule défraîchie, cette bobine manquante ou ces répliques clichées, on ne s’ennuie pas. Robert Rodriguez est du genre chiche avec le budget et a tendance à tourner les coins ronds, livrant toujours des oeuvres imparfaites, mais ce côté brouillon sied bien ici et il a réussi à créer un film résolument divertissant. Pour ce qui est des acteurs, Freddy Rodriguez n’est pas toujours crédible en héros, mais ce bémol est vite éclipsé par Rose McGowan, pulpeuse à souhait. 7,5/10

mercredi 17 octobre 2007

TRANSFORMERS (2007)

Réalisé par Michael Bay. Écrit par Roberto Orci, Alex Kurtzman et John Rogers.
(Vu le 16 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Des robots venus d’une autre planète s’affrontent sur Terre pour l’obtention d’un cube et le sort de l’humanité repose entre les mains de l’armée américaine et d’un adolescent superficiel. Cette production à gros budget visant la nostalgie d’une génération ainsi que l’intérêt d’une autre en ayant de jeunes personnages principaux contient des scènes d’actions compétentes, des effets spéciaux à la hauteur et un montage maintenant l’intérêt du spectateur. Dommage toutefois que ce soit Michael Bay aux commandes de l’entreprise… En effet, celui-ci ne peut s’empêcher, tout comme dans son navet bruyant Pearl Harbor, d’inclure des discours pompeux sur la liberté et la suprématie de l’armée américaine, des scènes humoristiques tombant à plat ainsi que des héros aux valeurs douteuses (tant aux niveaux social que environnemental.) Ces choix malheureux empêchent ce divertissement pur d’être mémorable, comme le Terminator 2 de James Cameron pouvait l’être, pour n’être finalement que la saveur du mois. 6,5/10

dimanche 14 octobre 2007

28 WEEKS LATER (2007)

Réalisé par Juan Carlos Fresnadillo. Écrit par Rowan Joffe, Jesus Olmo, E. L. Lavigne et Juan Carlos Fresnadillo.
(Vu le 13 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

6 mois après les événements initiaux, tous les infectés sont décédés. Peu à peu, sous la surveillance de l’armée américaine, les gens reviennent s’installer en Angleterre, mais le virus réapparaît. Remplaçant Danny Boyle à la réalisation, Juan Carlos Fresnadillo ne possède pas l’œil de ce dernier et sa caméra est inutilement frénétique dans les scènes d’action. Toutefois, lorsqu’il se concentre sur le suspense et non la boucherie, il crée une atmosphère adéquate et efficace. Quoique satisfaisante, cette production est loin d’être parfaite: Robert Carlyle semble inconfortable en hypocrite et devient accessoire dans la seconde moitié, le scénario contient de nombreux raccourcis et invraisemblances (ces enfants échappant à la surveillance de toute une armée, ce soldat tirant ses confrères pour sauver des civils, ce zombie parternel avec carte d'accès…), la bande sonore est moche et l’épilogue est inutile. Malgré ses nombreux défauts, il s’agit d’une suite divertissante qui devrait satisfaire tous les amateurs de films de zombies. 6,5/10

samedi 13 octobre 2007

MOLIÈRE (2007)

Réalisé par Laurent Tirard. Écrit par Grégoire Vigneron et Laurent Tirard.
(Vu le 11 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Réponse française à Shakespeare In Love, nous suivons ici Molière dans les mois suivants sa sortie de prison, période incertaine pour les historiens alors que nous sommes treize ans avant son triomphe à la cour. Les scénaristes en profitent donc pour nous concocter une aventure et une amourette fictives qui auraient été à la base de son œuvre, principalement de Le Bourgeois gentilhomme et de Tartuffe, et accessoirement de Les Précieuses ridicules et de Les Fourberies de Scapin. Romain Duris s’en tire bien dans le rôle principal, rappelant Johnny Depp dans cette façon de s’amuser à surjouer, tandis que Fabrice Luchini offre un M. Jourdain inégal qui s’avère toutefois ultimement attendrissant. Moins rocambolesque et possédant une intrigue amoureuse moins intéressante que son pendant anglais, ce film léger aux décors et aux costumes somptueux devrait plaire aux amateurs du dramaturge avec ces nombreux clins d’œil à son œuvre et une finale réussie. 6,5/10

vendredi 12 octobre 2007

REIGN OVER ME (2007)

Écrit et réalisé par Mike Binder.
(Vu le 9 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Un dentiste rencontre par hasard son ancien colocataire universitaire. Ce dernier est maintenant devenu un être très renfermé, étant traumatisé par la mort de sa femme et de ses trois enfants dans la tragédie aérienne du 11 septembre 2001. Cette histoire où un homme ne doit pas laisser son passé régner sur sa vie est un peu longuette par moments et elle n’évite par certaines métaphores faciles, comme cette cliente névrosée qui sert à personnifier plus tard l’espoir ou cette cuisine qui symbolise le deuil. Toutefois, ce drame est rehaussé par la présence de ses acteurs principaux. En effet, Adam Sandler nous livre ici la meilleure performance dramatique de sa carrière ainsi que certains monologues étonnamment touchants. Don Cheadle, pour sa part, joue un peu le rôle du faire-valoir, mais sa présence est toujours la bienvenue, tout comme cette fixation pour la musique du Boss et celle de The Who. 7/10

mardi 9 octobre 2007

MARIANNE FAITHFULL- Dreaming My Dreams (2000)

Réalisé par Michael Collins.
(Commande du Journal Bang Bang; vu le 8 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Réalisé en 2000, ce documentaire sur la vie mouvementée de Marianne Faithfull est offert à nouveau par Eagle Rock dans une version tronquée. En effet, nous n’avons pas ici les récentes portions en concert qui constituaient le dernier tiers, cette réédition se concentrant sur sa biographie d’une durée d’une heure. Néanmoins, il s’agit d’une bonne introduction à la vie de cette icône des années 1960 qui ne l’a pas eue facile. Comprenant de nombreuses entrevues avec l’artiste, celle-ci se livre avec honnêteté et candeur. On y suit donc sa carrière entière : de ses débuts fulgurants où elle interprète la première composition du tandem Jagger/Richard (ce dernier livrant quelques commentaires avec sa diction particulière) à sa consécration tardive en passant par ses ex-maris (Mick Jagger, le guitariste des Vibrators, etc.), ses graves problèmes avec la drogue et sa brève réincarnation en punk rockeuse, il s’agit d’un survol intéressant de sa carrière. 6/10

lundi 8 octobre 2007

MARVIN GAYE (Greatest Hits Live in ’76) (1976)

Réalisé par Charles Leeuvenhanp.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 8 octobre 2007; format 150 mots)

Enregistrée à Amsterdam en 1976, cette performance est un amalgame des plus grands succès de Marvin Gaye, de ses premiers tubes des années 1960 (I Heard It Trough The Grapevine) à ceux chantés avec des partenaires féminins (Ain’t No Mountain High Enough) en passant par son disque What’s Going On, que plusieurs considèrent comme le chef d’œuvre ultime de la Soul. Malheureusement, la plupart des chansons nous sont présentées sous forme d’un medley. Aussi, Marvin Gaye, au moment de l’enregistrement, vivait un divorce difficile et ses problèmes de drogues nuisaient à ses performances, ce qui ne l’empêche pas ici d’être électrisant après s’être échauffé avec Let’s Get It On. Ainsi, il est dommage que l’un de ses seuls concerts que l’on conserve de cet artiste unique en soit un filmé avec l’inventivité d’un spécial pour la télévision et, comprenant approximativement cinquante minutes sans suppléments, ce DVD est loin d’être généreux. 4/10

THE GRADUATE (40th Anniversary Edition) (1967)

Réalisé par Mike Nichols. Écrit par Calder Willingham et Buck Henry d’après un roman de Charles Webb.
(Commande du journal Bang Bang; revu le 8 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Il est difficile d’écrire à propos d’un film sur lequel tout a déjà été, et avec raison, écrit: simultanément ancrée dans son époque (jeunesse perdue et aliénée par la génération précédente) et révolutionnaire pour son temps (l’importance de la psychologie du personnage, présence d’un triangle amoureux intergénérationnel, utilisation de la bande sonore comme outil de mise en marché), l’œuvre est encore valide aujourd’hui (certains plans innovateurs demeurent mémorables tout comme les interprétations intemporelles de Dustin Hoffman et d’Anne Bancroft.) À l’occasion du quarantième anniversaire du film, MGM offre une réédition qui se veut intéressante seulement si on ne possède pas les précédentes. En effet, les nouveautés se résument en deux pistes de commentaires et deux nouvelles vignettes documentaires. On nous offre également un CD comprenant quatre chansons de Simon & Garfunkel provenant du film, bonne idée qui aurait pu être exploitée davantage (lire : nous offrir la bande sonore au complet.) Film: 8,5/10 Réédition: 5/10

samedi 6 octobre 2007

1408 (Director’s Cut) (2007)

Réalisé par Mikael Hafstrom. Écrit par Matt Greenberg, Scott Alexander et Larry Karaszewski d’après une nouvelle de Stephen King.
(vu le 2 octobre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Un écrivain blasé parcourt les endroits hantés et les analyse pour ses livres. Complètement désabusé devant l’absence de réels frissons, il ne se doute pas que quelque chose l’attend dans la chambre 1408 de l’hôtel Dolphin. Après une mise en situation correcte, une bonne scène entre John Cusack et Samuel L. Jackson installe l’ambiance voulue pour son entrée dans la chambre, moment au suspense très efficace. Toutefois, lorsque le passé de l’écrivain le rattrape et devient l’essentiel de ce huit clos aux effets spéciaux décevants, l’histoire fait du surplace et nous offre un Cusack souvent sur le pilote automatique. Rappelant parfois Le Locataire de Polanski ou Evil Dead II de Raimi avec un Bruce Campbell se parlant seul dans une pièce maudite, sans avoir la critique sociale de l’un ou l’humour de l’autre, ce petit film d’horreur possédant un excellent début nous laisse en plan avec un dernier quart insatisfaisant. 6/10

BLADES OF GLORY (2007)

Réalisé par Josh Gordon et Will Speck. Écrit par Jeff Cox, Craig Cox, John Altschuler, Dave Krinsky et Busy Philipps.
(vu le 29 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Deux patineurs rivaux se voient retirer la possibilité de concourir après qu’ils se soient chamaillés sur le podium alors qu’ils étaient ex-aquo pour la médaille d’or. Une seule possibilité s’offre maintenant à eux s’ils veulent encore enfiler leurs patins : devenir le premier couple masculin de patinage artistique. Avec cette idée de base originale, Josh Gordon et Will Speck réalisent le tout de façon relativement classique. Même si elle élimine de nombreux rires, cette méthode qui ne cherche pas le gag à tout prix a le mérite de nous permettre de s’intéresser davantage à la situation et aux personnages. Will Ferrell nous livre un autre personnage unidimensionnel en mode cabotin, mais son Jim Morrison du patin est assez amusant et égal. Jon Heder, pour sa part, s’en tire plutôt bien en faire-valoir blondinet dans ce film divertissant où l’on s’ennuie rarement et qui se veut une véritable info-pub pour Montréal. 6/10

dimanche 30 septembre 2007

ZWARTBOEK (Black Book) (2006)

Réalisé par Paul Verhoeven. Écrit par Gerard Soeteman et Paul Verhoeven.
(Vu le 28 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.1 le 24 janvier 2008)

Trente ans après leur Soldaat van Oranje, Paul Verhoven (Robocop, Total Recall) et Gerard Soeteman collaborent à nouveau sur un projet à propos de la Seconde Guerre mondiale. Tombé en défaveur à Hollywood après des navets tels que Showgirls et Hollow Man, il aura fallu que le controversé réalisateur retourne dans sa Hollande natale pour nous offrir une œuvre de calibre internationale. En effet, cette histoire originale dans laquelle on suit une Juive tenter de survivre pendant la guerre, après un début qui se cherche légèrement, regorge de rebondissements inattendus où les apparences sont trompeuses et où personne n’est totalement noir ou blanc. L’érotisme un peu débridé de Verhoeven est encore présent et pourrait en déstabilisé plus d’un, tout comme la cinématographie lustrée neutralise un peu la dureté de cette réalité, mais l’ensemble satisfait et Carice van Houten est très bonne en Mata Hari hollandaise tombant amoureuse d’un général nazi. 7,5/10

IMPROVISATION (1950, 2007)

Réalisé par Gjon Mili et Norman Granz.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 29 septembre 2007; format 150 mots)

En 1950, Gjon Mili et Norman Granz s’étaient réunis pour réaliser un second court métrage de jazz improvisé. Le projet fut toutefois abandonné puisque le procédé utilisé, enregistrer d’abord les musiciens et les filmer ensuite tentant de recréer leurs improvisations, détruisait complètement le concept. Tout en sachant que l’image était nullement synchronisée avec le son, ce document important (l’un des seuls documents visuels avec Charlie « Bird » Parker) comprenant également Buddy Rich et Ella Fitzgerald fut remonté en 1996 par Jacques Muyal et nous est présenté ici avec certains angles inédits. Pour compléter ce petit montage, Granz inclut d’autres improvisations qu’il a filmées au cours des ans, dont une impressionnante de Duke Ellington en visite chez Miro et une finale qui swingue avec Oscar Peterson et compagnie. Ce bel objet comprend également Jammin’ The Blues, premier court métrage du duo, petit bijou avec une photographie superbe nominé aux Oscars de 1944. 7/10

jeudi 27 septembre 2007

KNOCKED UP (2007)

Écrit et réalisé par Judd Apatow.
(Vu le 26 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.3 No.1 le 24 janvier 2008)

Dans son style davantage télévisuel que cinématographique, le réalisateur de 40 Year Old Virgin nous convie à une comédie dramatique assez ordinaire dans laquelle une fille, enceinte d’une aventure regrettable d’un soir avec un laideron, décide de garder l’enfant. Tout de même, la production a ses moments drôles, surtout lors des scènes entre Seth Rogen et Paul Rudd, ou encore quand le futur papa traîne avec ses amis, bande d’ados retardés vivant en commune (dont le montréalais Jay Baruchel.) De plus, la tendance du réalisateur à laisser de nombreuses situations et certaines répliques s’improviser permet une spontanéité qui ne nuit pas à la comédie. Toutefois, cela entraîne aussi un jeu d'acteur inconstant. Également, quand la portion dramatique de cette histoire trop longue prend le dessus, les rires s’estompent, la chimie dans le couple fonctionne peu et les deux actrices principales ont tendance à incarner des personnages antipathiques. 6,5/10

COMMANDO (Director's Cut) (1985)

Réalisé par Mark L. Lester. Écrit par Steven E. de Souza d’après une idée de Jeph Loeb et Matthew Weisman.
(Commande du journal Bang Bang; revu le 27 septembre 2007; format 150 mots)

Ne cherchez plus le cadeau idéal pour votre père : la version finale de Commando, avec une grosse minute supplémentaire, est maintenant disponible! Dès le départ, c’est du sérieux : l’ouverture offre quelques scènes d’action inutiles prouvant que les méchants sont méchants, juste avant de nous présenter les biceps d’Arnold. Ensuite, celui-ci doit retrouver sa fille kidnappée par un dictateur sud-américain, joué par un Américain bronzé, dont le bras droit ressemble à une version musclée de Freddie Mercury. Entre-temps, Arnie suit des indices dont la logique échappe à tout le monde sauf à l’hôtesse qu’il a ramassée en chemin (Rae Dwan Chang, réussissant le même exploit que la femme de Spielberg dans Temple of Doom, c’est-à-dire être inutile et irritante.) Malgré ces nombreuses invraisemblances, gageons que tous les amateurs d’action 1980 voudront posséder dans leur collection la scène finale d’anthologie où le gouverneur de la Californie trucide toute une armée. 5/10

mercredi 26 septembre 2007

SOMEONE LIKE ME (2007)

Réalisé par Bob Franklin.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 24 septembre 2007; format 150 mots)

Du temps où il s’appelait Reginald Dwight et oeuvrait au sein de Bluesology à la parution de son dernier disque The Captain and The Kid en passant par ses belles années (1970-75), la drogue, l’alcoolisme, la boulimie, le Roi Lion et l’enterrement de la princesse Diana, ce nouveau documentaire sur Elton John n’oublie rien et pourrait, en ce sens, s’avérer très informatif pour les fans occasionnels. Toutefois, cette narration bon marché, ces scènes tournées en caméra digitale et ces images fréquemment répétées ne peuvent nous empêcher d’avoir l’impression de regarder une musicographie bas de gamme, sentiment renforcé par l’absence totale de chansons d’Elton John. De plus, aucune entrevue récente n’a été accordée par l’artiste même ou quiconque étant un collègue proche. En somme, il s’agit du genre de documentaire qui se prend bien lorsqu’il passe gratuitement à la télévision, mais pour lequel on serait bien fou de dépenser de l’argent. 4/10

lundi 24 septembre 2007

AWAY FROM HER (2006)

Écrit et réalisé par Sarah Polley d’après une nouvelle de Alice Munro.
(Vu le 22 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Ayant davantage fait parler de lui dans les festivals qu’en salle, ce premier long métrage de Sarah Polley, la jolie blonde du dernier Dawn of the Dead, est excellent. On y suit un vieux couple qui n’a jamais été séparé et dont la femme devient atteinte de l’Alzheimer. Après avoir choisi d’être placée dans un centre spécialisé, celle-ci s’amourache d’un autre patient. Dans le rôle de la malade, Julie Christie est superbe et lumineuse malgré cette noirceur qui s’empare de sa mémoire. Pour sa part, Gordon Pinsent offre une performance touchante dans la peau du mari qui n’a pas toujours été fidèle, mais qui n’a jamais cessé d’aimer sa femme et qui, pour le bien de celle-ci, doit apprendre à la laisser vivre sans lui. Polley sera une réalisatrice à surveiller, car il s’agit d’une œuvre étonnamment sensible, mature et humaine pour quelqu’un qui n’a pas encore terminé sa vingtaine. 8/10

samedi 22 septembre 2007

DEATH PROOF (2007)

Écrit et réalisé par Quentin Tarantino.
(vu le 20 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Portion du programme-double Grindhouse, cette histoire dans laquelle des filles sont aux prises avec un maniaque utilisant sa voiture pour tuer fait l’objet d’une sortie individuelle, avec près d’une demi-heure de scènes ajoutées. Et c’est là que le bât blesse… En effet, initialement beaucoup plus court et carré, la sauce est ici étirée, surtout que certaines actrices forcent ces dialogues particuliers, coupant ainsi ce naturel qui a fait que l’on cite encore aujourd’hui plusieurs répliques de Reservoir Dogs ou de Pulp Fiction. Néanmoins, cet hommage aux films violents des années 1970 qu’on retrouvait dans d'obscures salles miteuses avec pellicule égratignée ou manquante respire le cool de la touche Tarantino et nous ramène un Kurt Russell en forme avec son Stuntman Mike, sorti tout droit d’un Carpenter des années 1980. En somme, cet effort mineur aurait dû être offert en DVD sous sa forme originale avant d’être allongé pour les fans. 6,5/10

dimanche 16 septembre 2007

DISTURBIA (2007)

Réalisé par D. J. Caruso. Écrit par Christopher B. Landon et Carl Ellsworth.
(vu le 16 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Un adolescent se retrouve en liberté surveillée dans sa propre maison avec un bracelet GPS au mollet après avoir frappé son enseignant d’espagnol. Mourant d’ennui, il se met à épier ses voisins et à soupçonner l’un d’eux d’être un tueur. En salle, cette petite histoire de paranoïa a connu un réel succès auprès des jeunes, probablement parce que ceux-ci ne savaient pas qu’il s’agit du même synopsis de base que le Rear Window d’Hitchcock… L’entrée en matière, dans laquelle on apprend qu’il ne faut pas conduire en parlant au cellulaire et que le personnage principal est un bon petit gars malgré sa condition future, est très racoleuse. Tout de même, avec l’arrivée en scène de David Morse en voisin louche et lorsqu’ils utilisent des technologies auxquelles James Stewart n’avait pas accès, certaines scènes font preuve d’un suspense efficace. Au final, malgré de nombreux clichés, le dénouement se révèle satisfaisant. 6/10

THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (2006)

Réalisé par Ken Loach. Écrit par Paul Laverty.
(vu le 13 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Récipiendaire de la Palme d’Or à Cannes, cette chronique historique suit de jeunes révolutionnaires dans les années 1920 désirant une Irlande libre et prenant les armes contre l’envahisseur britannique. Après une courte mise en situation dans laquelle on assiste à la cruauté des soldats anglais et démontrant que le contexte oblige à une réaction violente, Ken Loach propose un film cru où l’absence de plans rapprochés rend ces jeunes gens plutôt anonymes et ces morts sans gloire, tel que cela a dû l’être dans la réalité. Toutefois, ces balbutiements de l’IRA ne deviennent intéressants qu’au moment où l’opprimé devient l’oppresseur. Outre certaines dissensions au sein des factions, incarnées par les deux frères O’Donovan (dont Cillian Murphy, seul interprète se démarquant), le réalisateur britannique nous offre une production un peu manichéenne. En effet, les Anglais y sont représentés uniquement comme des tyrans barbares et détestables ou, au mieux, des capitalistes véreux. 7/10

samedi 8 septembre 2007

REEL TALENT: First Films by Legendary Directors (2007)

(Commande du journal Bang Bang; vu le 8 septembre 2007;publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007 )

Ce nouveau DVD consiste en une compilation de courts-métrages créés par des « réalisateurs légendaires » alors qu’ils étaient étudiants en cinéma à l’USC (University of Southern California.) À première vue, on constate que le court-métrage a énormément évolué depuis l’avènement du numérique et qu’on peut trouver meilleure qualité dans n’importe quelle soirée fêtant ce format. Néanmoins, nous avons droit à quelques trouvailles intéressantes telles que The Lift, simili-Lynch offert par Robert Zemeckis (Forrest Gump), la genèse de THX 1138 pour les fans de Lucas, Broken Record de Shawn Levy (Night at the Museum), amusante petite histoire dans laquelle des jeunes tentent de briser un record Guiness, Proof de Kevin Reynolds (Robin Hood), journée disjonctée en parachute, et The Goodbye Place, premier film de Richard Kelly (Donnie Darko.) Principalement d’un intérêt scolaire, il aurait été intéressant que l’exercice s’étende à davantage de réalisateurs, empêchant ainsi l’impression d’assister à une info-pub pour l’USC. 6/10

mercredi 5 septembre 2007

DAS LEBEN DER ANDERSEN (La vie des autres) (2006)

Réalisé et écrit par Florian Henckel von Donnersmarck.
(vu le 4 septembre 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

1984, Big Brother existe, mais sous la forme de la « Stasi », police secrète est-allemande dont le but était, avant que le Rideau de fer ne tombe, de savoir tout sur tous. Hauptmann Gerd Wiesler, membre de cette police enseignant également l’art de l’interrogatoire, devient chargé de surveiller les moindres faits et gestes de Dreyman, dramaturge à succès. Lorsque l’agent se rend toutefois compte que ce dernier est sous surveillance simplement parce qu’un ministre veut l’écarter afin de s’approprier sa compagne, une actrice connue, il lui est difficile de rester neutre devant la situation. Dans le rôle de cette oreille implacable qui s’humanise peu à peu au contact de l’art, Ulrich Muhe est juste et touchant. Moins léger que Goodbye Lenin, mais aussi éclairant sur cette période sombre de l’histoire européenne, cette production qui a remporté l’Oscar du meilleur film étranger se veut un incontournable de ce renouveau du cinéma allemand. 8/10

samedi 25 août 2007

THE BOURNE ULTIMATUM (2007)

Réalisé par Paul Greengrass. Écrit par Tony Gilroy, Scott Z. Burns et George Nolfi d'après le roman de Robert Ludlum.
(vu le 12 août 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 2 No.14 le 2 octobre 2007)

Jason Bourne, l'espion amnésique ayant peu à voir avec son homologue littéraire, cherche à nouveau son identité dans cette histoire dont l'utilisation des gadgets de surveillance, à l'instar de Enemy of the State, a de quoi rendre tout un chacun paranoiaque. Second volet réalisé par Paul Greengrass, son style caméra-épaule instable entrecoupé de zooms rapides est de retour, mais sied mieux à ses films dans lesquels il s'attaque à de réels événements (Bloody Sunday, United 93), plongeant ainsi le spectateur dans une réalité quasi documentaire. En effet, lorsqu'il l'utilise pour illustrer un récit d'espionnage international, cela donne un côté frénétique brouillant les nombreuses cascades et scènes de combat, éliminant une partie du côté glamour inhérent au genre. Se résumant à une longue poursuite où la majeure partie du jeu efficace de Matt Damon se révèle physique, cette troisième partie ajoute peu, mais ne décevra pas l'amateur de sensations fortes. Au final, il s'agit d'un divertissement estival compétent, sans plus. 6,5/10

mardi 14 août 2007

THE DARWIN AWARDS (2006)

Réalisé et écrit par Finn Taylor.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 7 août 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Les Darwin Awards sont des livres couronnant les accidents mortels les plus stupides et remerciant ces gens d'ainsi se retirer du bassin génétique pour l'amélioration des générations futures. Avec cette prémisse farfelue qui aurait pu faire place à de nombreux gags physiques amusants, le réalisateur-scénariste fait peu. En effet, en nous conviant à une histoire d'amour plutôt convenue entre un ancien enquêteur spécialisé en psychologie (Joseph Fiennes) et une représentante d'une compagnie d'assurance (Wynona Rider), le scénario se déploit en n'exploitant pas son potentiel comique. Fiennes joue adéquatement son personnage prudent à l'excès, mais sa partenaire le soutient mal avec un jeu forcé appuyé par des répliques creuses. En somme, l'entraînante bande sonore n'arrive pas à rendre excitante cette histoire aux rebondissements neutralisés par une narration morne et dont le principal intérêt réside dans ses caméos (Chris Penn, David Arquette, les membres de Metallica, Tim Blake Nelson, Juliette Lewis...) 5/10

THE SIMPSONS MOVIE (2007)

Réalisé par David Silverman. Écrit par James L. Brooks, Matt Groening, Al Jean, Ian Maxtone-Graham, George Meyer, David Mirkin, Mike Reiss, Mike Scully, Matt Selman, John Swartzwelder, Jon Vitti.
(vu le 5 août 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Après 18 ans de succès, la famille dysfonctionelle la plus chérie au monde fait finalement un saut sur le grand écran... avec succès! Même si le départ, en ne nous présentant pas les personnages, déjà connus de tous, mais plutôt une succession de blagues plus au moins reliées entre elles, semble pouvoir provenir de n'importe quel épisode, l'intrigue réussit à se déployer avec intérêt pendant une heure et demie. Également, en conviant à des pointes d'émotions entre Homer et Marge qui n'auraient jamais été exploités aussi efficacement dans son format télé, en offrant des moments attendus depuis longtemps (amourette pour Lisa, prise de conscience chez Bart, premier mot de Maggie) et en traitant de sujets d'actualité tels que l'environnement, ce film auto-référentiel n'ayant pas peur d'affirmer qu'il "faut être stupide pour payer pour quelque chose qu'on peut voir gratuitement à la télévision" offre un feu roulant de blagues qui nous fait passer un bon moment. 7/10

mercredi 1 août 2007

THE NUMBER 23 (2007)

Réalisé par Joel Schumacher. Écrit par Fernley Phillips.
(Vu le 31 juillet; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Un homme reçoit un livre à son anniversaire et en devient obséder, tout comme par la récurrence du chiffre 23. D’entrée de jeu, le suspense de ce thriller avec Jim Carrey se révèle peu efficace. Le problème de cette production passable n’est pas nécessairement la réalisation bourrée d’effets superflus de Schumacher, mais bien le scénario de Fernley Phillips. En effet, le déroulement (voir un homme lire un livre) est peu captivant, surtout que sa soudaine obsession est difficile à saisir et que les calculs du chiffre 23 défilent à une vitesse désensibilisant l’intérêt. Également, la découverte du livre s’insère mal dans la mise en situation et la fin, noyée dans la narration, est inutilement explicative. Malgré tout, Carrey s’en tire plutôt bien avec ce rôle dont le principal défi consiste à en jouer l’alter ego littéraire. À ce jeu, Virginia Madsen s’en sort encore mieux, étant pratiquement méconnaissable dans son second personnage. 5,5/10

IRAQ IN FRAGMENTS (2006)

Réalisé par James Longley.
(Vu le 30 juillet 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Ce bon documentaire, nommé aux Oscars, présente l’Iraq de l’intérieur, le réalisateur y ayant vécu deux ans. À travers une cinématographie et une narration lyriques, James Longley l’expose en « fragments » couvrant les trois communautés. Le premier présente un jeune sunnite de 11 ans, philosophe à ses heures. Celui qui rêvait de travailler et qui a ensuite cessé de rêver en travaillant souhaite devenir pilote d’avion pour « visiter de beaux pays, pas comme l’Iraq. » Le second, plus violent, suit une bande de Chiites. Persécutés durant le régime de Saddam, ces islamistes ne veulent pas d’un nouveau président mis en place « par les ennemis de Dieu ». Finalement, le troisième expose une famille de Kurdes, ces ignorés heureux de l’arrivée des Américains. À travers le montage, parfois un peu trop frénétique, les enfants sont omniprésents. En effet, ce sera à eux de reconstruire cette Iraq qui, envahisseurs occidentaux ou non, est malheureusement divisée. 7,5/10

lundi 30 juillet 2007

ZODIAC (2007)

Réalisé par David Fincher. Écrit par James Vanderbilt d’après le livre de Robert Graysmith.
(vu le 28 juillet; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007 )

1969, un tueur en série s’autoproclamant "le Zodiac" commet de nombreux meurtres en Californie et aime se faire de la publicité via les médias. Basé sur les livres de Robert Graysmith, qui était caricaturiste au Chronicle de San Francisco durant ces événements qui ont inspiré le premier Dirty Harry, le nouveau David Fincher se veut beaucoup moins stylisé que certaines de ses productions antérieures (Se7en, Fight Club). Toutefois, cette approche sobre et factuelle laisse toute la place à l’excellent scénario de James Vanderbilt et au jeu irréprochable de Robert Downey Jr., Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo. Aussi excitant que All the President’s Men pour la portion journalistique, aussi mystifiant que JFK en ce qui concerne l’enquête, cette histoire d’obsession nous plonge réellement au cœur de l’action, entre les complications et coups bas entourant une investigation. Finalement, même si le tueur n’a jamais été officiellement arrêté, la conclusion se révèle satisfaisante. 8/10

samedi 28 juillet 2007

GWOEMUL (L’Hôte) (2006)

Réalisé par Joon-ho Bong. Écrit par Chul-hyun Baek, Jon-won Ha et Joon-ho Bong.
(Vu le 27 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)
Le long métrage sud-coréen ayant battu le record d’assistance dans son pays natal arrive maintenant sur nos tablettes québécoises pour nous prouver que le film de monstre n’est pas mort! Avec un synopsis sorti tout droit d’une Série-B années 1950 (un déversement de produits toxiques provoque une mutation chez un animal marin qui sème terreur et destruction), Joon-ho Bong nous convie à bien plus avec ses nombreux thèmes : la peur des épidémies, la pollution, la désinformation et l’ingérence américaine. Ne comptant pas seulement sur les impressionnants effets spéciaux donnant vie à sa créature, croisement entre un calamar et un Tremors, le réalisateur mêle horreur, drame et humour. Même si cet amalgame n’est pas toujours savamment dosé et que le scénario se perd dans ses péripéties après un excellent début, les amateurs de fantastique devraient être satisfaits par cette œuvre colorée qui explore un sujet usé avec originalité et aplomb. 7/10

vendredi 27 juillet 2007

PERFUME : The Story of a Murderer (2006)

Réalisé par Tom Tykwer. Écrit par Andrew Birkin, Bernd Eichinger et Tom Tykwer d’après le roman de Patrick Suskind.
(Vu le 26 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.15 le 30 octobre 2007)

Adapté du best-seller de Patrick Suskind, ce nouveau film de Tom Tykwer suit la vie de Jean-Baptiste Grenouille, jeune homme au destin tragique dont l’incroyable odorat, le talent de parfumeur et l’obsession pour l’odeur d’une jeune fille l’amèneront à commettre de nombreux meurtres durant sa quête du parfum ultime. En s'appropriant un livre chéri par ses admirateurs qui reposait davantage sur la qualité évocatrice de ses champs lexicaux olfactifs que sur une intrigue captivante, le talentueux réalisateur de Cours, Lola, Cours s’attaque à un défi de taille, et réussit à le relever. Comme le livre, il nous convie à une réelle expérience sensorielle grâce à sa reconstitution parfaite d’un Paris dégoûtant du 18e siècle et à une direction artistique qui a presque tout raflé aux German Film Awards. Finalement, Ben Whisaw incarne un assassin torturé à souhait et pratiquement attendrissant. Quoiqu’un peu longue, cette improbable adaptation s’avère être une réussite. 7,5/10

mardi 17 juillet 2007

THE LAST WINTER (2006)

Réalisé par Larry Fessenden. Écrit par Robert Leaver et Larry Fessenden.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blogue/mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 16 juillet 2007; format libre)

En Alaska, pays de l’or noir, des employés d’une compagnie pétrolière et des chercheurs environnementalistes cherchent à cohabiter paisiblement et à trouver un moyen pour que les États-Unis soient « indépendant énergiquement » quand des circonstances atmosphériques étranges poussent les membres de l’équipe à commettre des gestes incongrus et fatals. Ce qui pourrait bien être le dernier hiver sera assurément le leur.

Ave cette prémisse intéressante qui promet frissons et réflexion sur le réchauffement climatique, Larry Fessenden (Wendigo) nous convie à un film plutôt ordinaire. Le jeu des acteurs est très bien (Ron « Hellboy » Pearlman est plus qu’adéquat dans le rôle typique du chef bourru qui ne veut pas changer ses habitudes) et la réalisation est professionnelle, mais il manque un petit quelque chose pour rendre le tout excitant.

Surtout quand John Carpenter à visiter le même terrain de façon spectaculaire dans The Thing et que l’autre partie du synopsis, des esprits sortant du sol pour nous hanter et nous faire commettre des gestes irréparables, a également un air de déjà-vu.

Alors qu’un vent de folie atteint peu à peu l’équipe et que le mystère s’épaissit, certaines scènes de ce suspense procure la dose de stress attendue. Toutefois, on attend toujours de voir de quoi il s’agit réellement et, quand on finit par le savoir à la fin, on aurait préféré rester dans l’ignorance (une autre déception gracieuseté CGI.)

De plus, dans ce décor glacial, la cinématographie aurait pu être davantage atmosphérique et le rythme du montage épouse mal l’environnement, tentant de rendre son sujet trop palpitant pour son propre bien.

Tout de même, le traitement du thème se révèle intéressant, surtout quand on comprend que la plupart des environnementalistes sont subventionnés par les compagnies pour que, au final, leurs constatations n’atteignent pas le grand public et lorsqu’on suggère que ce n’est pas la nature qui s’adapte à nous, mais bien le contraire. Dans ce contexte, leur survie, et la nôtre, ne sera pas chose aisée.

Au final, le film ne se révèle jamais ennuyant, mais son potentiel dépassait le résultat (la finale où un personnage voit quelque chose de stupéfiant, mais pas nous, le démontre bien). Il est néanmoins certain qu’il fera de nombreux heureux les soirs de semaine lors de sa sortie en DVD. 5,5/10

LA NUIT DES HORLOGES (2007)

Écrit et réalisé par Jean Rollin.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blogue/mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 16 juillet 2007; format libre)

D’abord intitulé « La nuit transfigurée », Jean Rollin a bien fait de changer le titre de son nouveau film, car c’est un véritable voyage dans le temps qu’il nous propose. Autour d’un synopsis plutôt mince (une jeune femme s’informe sur son oncle Michel Jean, cinéaste décédé et alter ego de Rollin, et pénètre peu à peu dans son monde allégorique à travers objets, personnages et fantasmes), il en profite pour revisiter sa carrière avec de nombreux extraits à l’appui. C’est ainsi à un véritable testament que nous convie le vénérable réalisateur de 68 ans, qui a d’ailleurs reçu un prix honorifique à Fantasia cette année pour l’ensemble de sa carrière.

Je l’avoue, c’était la première fois que j’assistais à un film de Jean Rollin, étrange expérience s’il en est une. D’abord rebuté par le jeu plaqué et récité des acteurs, je ne peux pas dire que j’ai haï au final ce poème gothique et surréaliste avec un fond de réflexion sur la mort.

Le sympathique et volubile cinéaste a affirmé, en guise de prologue à sa présentation, qu’il était heureux de présenter sa première mondiale au « Canada français » pour ainsi faire un pied de nez aux critiques parisiennes qui l’ont tant hué. C’est dans le même état d’esprit, pour répondre à ceux qui l’accusent d’être un pornographe, qu’il a engagé Ovidia, vedette porno, comme actrice principale. Ce choix pourrait toutefois donner de nouvelles munitions à ses détracteurs, car son jeu, sans vie ou sans nuance, est assez mauvais. C’est le cas d’ailleurs de la plupart des acteurs qui déclament leur texte ou ponctuent chacun de leurs mots par des tics faciaux, à l’exception peut-être de la vieille dame jouant le rôle de la gardienne des clés. Ainsi, Rollin sait vraiment choisir ses actrices pour leur plastique, mais peu pour leurs qualités dramatiques.

Par contre, il sait encore comment placer une caméra. Certains plans atmosphériques étaient excellents et ajoutaient au symbolisme de cette histoire où une création cherche son créateur. Également, la musique était intéressante (du moins, plus que celle des soupirs exaspérés de ma voisine, des rires aux mauvais moments ou des bancs qui claquaient quand une personne quittait la salle.)

Pour sa part, le montage, comme le montre ces cheveux de l’actrice qui changeaient d’une scène à l’autre, souffrait du temps qui a passé entre chaque jour du tournage pour des raisons budgétaires, détail que le réalisateur n’a pas eu peur de nous révéler avec candeur. De plus, même si certains extraits de ses vieux films arrivaient de façon plutôt abrupte dans le nouveau récit, je dois avouer que cela m’a donné le goût d’aller en revisiter, particulièrement ses premiers, fin 1960 début 1970, où la vampire est souvent assoiffée et toujours peu habillée.

Ce voyage dans le cerveau d’un créateur, qui suggère qu’il faut disséquer ses personnages ou les mettre à nu pour les comprendre et qui semblait présenter les déambulations d’un nouveau personnage « qui est soit mort, soit pas encore vivant » pendant que l’écrivain vit le syndrome de la page blanche, est tellement autoréférentiel qu’il ne peut être que pour les initiés.

Néanmoins, sans en être un moins moi-même, je ne regrette pas du tout d’avoir passé ma soirée en compagnie de ce personnage, tout a fait unique dans le paysage cinématographique français. Mais attention : « Rien n’est vrai ». 4/10

lundi 16 juillet 2007

RATATOUILLE (2007)

Réalisé par Brad Bird. Écrit par Jim Capobianco, Emily Cook, Kathy Greenberg, Jan Pinkava et Brad Bird.
(vu le 12 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol.2 No.16 le 6 décembre 2007)

Un rat pas comme les autres aimant la cuisine fine se retrouve, après avoir été séparé de sa famille, dans les égouts parisiens sous le restaurant de Chef Gusteau. Grâce à son amour de la restauration et ses connaissances culinaires, il permettra l’ascension sociale d’un jeune homme maladroit. Malgré un début moins rocambolesque que certaines de leurs productions antérieures et un thème, l’importance de bien manger, intéressant davantage les adultes que les enfants, Pixar réussit encore l’exploit de créer des personnages auxquels on s’attache. Appuyée par des voix impeccables de Peter O’Toole, Ian Holm et Patton Oswalt, cette mise en situation un peu longuette installe à merveille l’excellent dernier tiers. Il ne s’agit peut-être pas d’un classique de la trempe de Toy Story ou de Monster Inc., mais ce touchant film d’animation sur l’accomplissement de soi malgré les obstacles et les préjugés prouve la suprématie de Pixar sur le genre. 8/10

THE TRIPPER (2006)

Réalisé par David Arquette. Écrit par Joe Harris et David Arquette.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 11 juillet 2007; format libre)

Un Hippie est quelque chose qui ressemble à Tarzan, déambule comme Jane et sent comme Cheetah (dixit Ronald Reagan, traduction maison)

Ouvrant avec cette citation, la première réalisation de David Arquette (le sympathique Dewey dans Scream, devenu par la suite « Monsieur Courtney Cox ») penche résolument vers la dérision, avec un amour prononcé pour les slashers des années 1970/1980.

Son prologue, qui explique comment la protection de la forêt peut engendrer un monstre républicain assoiffé de sang, est très engageant et réussi, comme l’a démontré les chauds applaudissements de cette salle à guichets fermés.

Le public s’est par contre fait un peu moins bruyant par la suite, et avec raison, alors que l’on suit une bande de hippies d’aujourd’hui se rendant dans un festival de musique au milieu de nulle part. En effet, cette horde droguée ne réussit pas à créer une ambiance fraternelle suffisamment engageante. Seul Jason Mewes (Jay dans les films de Kevin Smith) parvient à gagner notre sympathie et nos rires, mais il est malheureusement le premier à passer sous la hache.

Il s’agit ici d’une première réalisation et cela paraît, Arquette tombant dans la plupart des pièges : retours en arrière inutiles, montage aux effets trop nombreux, bruitage exagéré, scènes longuettes (la chanson…), blagues récurrentes sur Bush dont quelques unes tombent à plat, etc.

Néanmoins, le tout se révèle divertissant, surtout quand « Ronald Reagan » apparaît enfin dans son costume à la American Psycho et charcute tout et un chacun. De plus, les caméos sont appréciés, particulièrement Paul Reubens (Pee-Wee Herman) dans le rôle de l’organisateur radin. Finalement, en touchant à certains thèmes tels que l’horreur de la violence de la guerre projetée aux nouvelles et certaines erreurs de l’administration Reagan comme la désinstitutionalisation des patients en psychiatrie, Arquette ajoute de la dimension à son film même si celui-ci reste principalement en mode mineur. Le retour des Républicains : ça saigne! 5.5/10


RIGHT AT YOUR DOOR (2006)

Écrit et réalisé par Chris Gorak
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 10 juillet 2007; format libre)

Après un générique plantant l’action dans une banlieue ordinaire de Los Angeles, on sait qu’il y aura anguille sous roche dès le moment où la femme s’en va au travail tandis que l’homme reste à la maison (déjà là, il s’agit d’un crime capital dans un film américain…)

Quelques minutes plus tard, le musicien chômeur en question (Rory Cochrane, Dazed and Confused, CSI) entend à la radio qu’une bombe vient d’exploser au centre-ville. Il saute dans sa voiture pour aller rejoindre sa bien-aimée, mais la police bloque les routes pour limiter l’accès à la ville.

Ce départ extrêmement haletant, appuyé par une caméra-épaule efficace, se révèle presque aussi excitant que la première fois qu’on découvre 24. De plus, le chaos social qui s’en suit et le flot d’informations stressantes continuelles de la radio mettent bien en place le thème : la paranoïa.

Écrit en 2003, le timide réalisateur (c’est sa première réalisation, mais il a déjà travaillé avec des grands tels que Gilliam, Fincher, Spielberg, frères Coen) a avoué dans l’entrevue suivant la présentation qu’il avait pondu le scénario en réaction aux événements de septembre 2001 et l’ambiance qu’il y avait alors, et qu’il y a encore, aux États-Unis. De plus, son but était de nous faire voir un attentat du point de vue des victimes, sans parler de ce qui motive le terrorisme. En ce sens, il rejoint en partie Paul Grengrass avec son United 93 et, en plus, son montage empli d’ellipses rappelle le Bloody Sunday du même réalisateur.

Ainsi, son film se concentre autour de ses deux acteurs principaux : Rory Cochrane et Mary McCormack. Après l’explosion de ces bombes chimiques mortelles, le mari doit s’enfermer dans sa maison sans sa femme. Lorsque celle-ci revient, le film perd de son rythme, mais met en place un questionnement intéressant : que ferait-on pour aider celle que l’on aime si on savait qu’elle est contaminée et contagieuse?

Tourné en 19 jours avec 500 000$, le résultat est extrêmement professionnel compte tenu des circonstances. C’est sûr que, par moments, le jeu de Cochrane est un peu trop affligé et que McCormack découpe parfois mal ses intentions et offre des réactions stéréotypées, donnant ainsi l’impression qu’on est dans un épisode-télé, mais, la production reposant entièrement sur leurs épaules et la quantité de texte débitée en si peu de temps étant impressionnante, ils s’en sortent très bien.

Abordant dans le même sens que mon collègue Kristof G. (voir son excellente critique), je ne comprends pas pourquoi le buzz dans Internet est si faible autour du film (seulement 6,1 sur imdb.com) Est-ce le fait que c’est un huit clos? Que cela critique la façon dont les autorités américaines réagissent en temps de crise (Katrina…)? Ou encore que, dans sa volonté de montrer le désarroi des victimes, cela donne presque raison à la peur que les Républicains veulent installer pour justifier leurs budgets?

Pour ma part, j’ai vraiment embarqué et apprécié le voyage malgré une fin sur laquelle on passe en vitesse. À ne pas manquer lors de sa sortie officielle. 7/10

jeudi 12 juillet 2007

EKUSUTE (EXTE:Hair Extensions) (2007)

Réalisé par Sion Sono. Écrit par Masaki Adachi et Sion Sono.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 10 juillet 2007; format libre)

Un cadavre retrouvé dans un conteneur empli de cheveux est mis entre les mains d’un employé de la morgue, fétichiste capillaire plutôt déséquilibré. Il décide d’amener à la maison ce corps d’une fille dont la toison pousse sans cesse et de vendre quelques mèches dans les salons de coiffure. Celles qui auront le malheur de les porter mourront d’une manière atroce. L’une de celles sur cette route sanglante est Yuko, apprenti styliste.

Décidemment, j’avais choisi ma journée pour aller préalablement chez la coiffeuse!!!

En fait, je voulais voir Zero City, un des films russes ayant finalement traversé le rideau d’acier, mais la présentation avait été annulée (je dis que ça sent le retour de la Guerre Froide) et remplacée par Hatchet. Comme je ne voulais pas voir la version épurée, je me suis rabattu sur les rallonges de cheveux tueuses… et je n’ai pas été déçu!

Je n’ai d’ailleurs pas été le seul : c’est une salle pratiquement comble et extrêmement réceptive qui a assisté à ce nouveau film de Sion Sono (Suicide Club.)

Dès le départ, lorsque les douaniers découvrent le corps, les dialogues nous confirment que le film est conscient de sa prémisse farfelue et qu’il veut simplement nous divertir, ce qui sera corroboré par la plupart des scènes avec Ren Osugi, le thanatologue désaxé.

Sono a toutefois plusieurs agendas dont celui d’exposer divers types d’abus. Ainsi, à travers Yuko (Chiaki Kuroyama, « Gogo » dans Kill Bill 1), on explore le thème de la violence commise envers les enfants. Sa nièce étant régulièrement frappée par sa demi-sœur, on a le droit à quelques scènes, quoique légèrement appuyées, qui amènent un bon fond de réalisme dramatique à cette histoire fantastique. Certaines altercations avec la dite sœur sont assez prenantes dans l’intensité de cette méchanceté simpliste et la fillette s’avère touchante.

Le réalisateur japonais n’oublie quand même pas les effusions de sang désirées par le public et certains agissements de ce Blob tout en cheveux réussissent à être réellement horrifiants, comme le moment où les rallonges d’une fille se collent au plafond ou, encore, lorsqu'une coiffeuse plante ses ciseaux dans l’oreille d’une cliente.

Ceci étant dit, malgré quelques scènes excellentes, ce mélange entre horreur, comédie, drame et récit policier n’est pas toujours égal : les retours en arrière explicatifs sur les raisons qui poussent les cheveux à tuer sont plutôt inutiles, les monologues de départ de son interprète principale sont mal assumés et la musique, souvent ridicule, est trop prononcée.

Tout de même, cette version trash d’Opération Beurre de Peanut m’a grandement amusé! 6,5/10

mardi 10 juillet 2007

YOUR MOMMY KILLS ANIMALS (2007)

Réalisé et écrit par Curt Johnson.
(dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 9 juillet 2007; format libre)
Pour ma première incursion dans l’édition 2007 de Fantasia (je sais, je suis un peu en retard, mais mon horaire est complètement fou en ce moment; c’est ce qui arrive quand on est en vacances…), je suis allé voir le documentaire Your Mommy Kills Animals de Curt Johnson.

Prévue pour lundi 9 juillet à 17h, cette seconde présentation tombait à point pour tous les estomacs fragiles. En fait, le titre m’avait un peu trompé, car je croyais que c’était sur le végétarisme, sur le fait que maman est une tueuse sanguinaire chaque fois qu’elle met du bœuf haché dans nos burgers. Heureusement que ce n’était pas le cas, parce que j’aurais peut-être regretté avoir mangé sur le pouce à la Belle Pro du coin…

En fait, le film traite des gens militant pour les droits des animaux. On insiste aussi beaucoup sur le fait que, dans l’ère Bush et la paranoïa post-septembre 2001, tout ce qui est contraire au courant de pensée républicain est considéré comme du terrorisme. Le FBI a d’ailleurs déclaré ces activistes « la menace terroriste domestique numéro 1 ». Par contre, essayez de trouver une déclaration du genre pour les manifestants pro-vie qui font sauter des cliniques…

Après un début touffu et assez chaotique où tout le monde essaie de donner son avis sur le sujet à l’intérieur d’images d’archives des années 80 à aujourd’hui, le documentaire s’avère davantage interpellant lorsqu’il s’intéresse à deux membres du Stop Huntington Animals Cruelty (Huntington étant ici une compagnie testant sur les animaux, et non la ville de notre très cher maire Gendron) qui sont en procès pour des propos tenus sur leur site web et pendant une conférence universitaire organisée secrètement par le FBI.

Les deux gars sont simplement de jeunes idéalistes prêts à faire parfois le mauvais choix pour leur cause. Impossible de ne pas les trouver sympathiques et à l’antipode de ce que l’on considérerait terroriste… Lorsqu’on apprend à la fin qu’ils ont eu pour 3 et 6 ans d’emprisonnement ou une amende d’un million de $ pour avoir brandi des pancartes devant des maisons de présidents de compagnie testant sur les animaux et avoir suggéré quoi faire dans Internet pour taper sur les nerfs des dites entreprises, on ne peut qu’être bouche bée devant l’incongruité du système judiciaire américain.

Aimant l’envers de la médaille (son dernier documentaire s’intitulait Michael Moore Hates America), le réalisateur s’empêtre peut-être un peu trop dans les guéguerres entre les groupuscules du droit animalier. Néanmoins, si vous voulez en apprendre plus sur ALF (qui n’est pas l’extraterrestre des années 80), les dessous des agissements de PeTa et de la Humane Society of The US, l’Éco-terrorisme, quoi faire ou ne pas faire pour manifester en toute liberté, ce documentaire pourrait vous plaire.

Pour ma part, j’ai trouvé qu’il manquait de ligne directrice. Tout de même, j’ai appris quelques informations qui m’ont surpris telles que : 1- quand c’est écrit que ce produit n’a pas été testé sur des animaux, cela veut dire que le produit que tu tiens spécifiquement dans tes mains ne l’a pas été, mais tous les ingrédients l’ont été, et que, de toute façon, une loi fédérale oblige tous ces composants à l’être; 2- l’envers des manifestations visant à mettre à jour les compagnies utilisant des procédés cruels est qu’elles se déplacent ensuite dans des pays tiers-mondistes où il n’y a aucune législation; 3- en Allemagne, il est illégal de tuer un animal sans foyer (même pour les organismes comme la SPCA) 4- Pamela Anderson a les seins refaits.

P.S. : À proscrire pour les cœurs sensibles qui ne peuvent voir des images atroces entourant le processus de la fabrication des manteaux de fourrures. 6,5/10

samedi 7 juillet 2007

SWEET LAND (2005)

Réalisé et écrit par Ali Selim d’après une nouvelle de Will Weaver.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 7 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol.2 no. 12 le 8 août 2007)

Après avoir fait le tour des festivals et avoir gagné à quatre reprises le prix du meilleur film, cette première oeuvre reçoit enfin une distribution nationale sur DVD méritée. Présentant d’abord un homme hésitant à vendre la terre de ses grands-parents, le scénario, à travers des retours en arrière, s’appliquera ensuite à nous faire comprendre pourquoi. Cette prémisse sur l’importance du patrimoine nous introduit à l’histoire des difficultés qu’éprouvaient les pionniers venus cultiver le sol américain, aux complications qui entouraient un mariage arrangé ainsi que le racisme auquel les Allemands étaient confrontés suite à la Première Guerre mondiale. Tournée dans des décors idéalisés et accompagnée d’une belle musique rurale, cette production lente et mélancolique sur l’importance de vivre le grand amour est jouée et réalisée avec soin. Toutefois, elle ne se révèle pas toujours captivante pour qui ne partage pas ces racines fermières américaines et le goût de la nostalgie. 6,5/10

mercredi 4 juillet 2007

BEHIND THE MASK: The Rise of Leslie Vernon (2006)

Réalisé par Scott Glosserman. Écrit par David J. Stieve et Scott Glosserman.
(Vu le 4 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol.2 no. 12 le 8 août 2007)

Calquant la base de C’est arrivé près de chez vous où une équipe de tournage suivait un tueur pour en faire un documentaire, ce récipiendaire du meilleur film occidental au Fantasia 2006 recueille les confidences de Leslie Vernon, apprenti tueur en série. Celui-ci prépare son grand coup afin d’entrer dans la légende tel que ses idoles : Freddy, Jason et Michael Myers. Connaissant son slasher fin 1970 début 1980 sur le bout des ongles, Scott Glosserman nous amène réellement « derrière le masque » avec son scénario imaginatif où chaque élément risible du genre devient un protocole à respecter. Entre caméra digitale pour le documentaire et pellicule pour les meurtres, on penche davantage vers la comédie adroite, quoique tension et horreur, sur un mode adolescent, nous sont efficacement réservées pour la fin. Enfin, les caméos de Robert Englund et de la médium de Poltergeist complètent cette matérialisation du fantasme de tout fanboy. 7,5/10

mardi 3 juillet 2007

MISS POTTER (2006)

Réalisé par Chris Coonan. Écrit par Richard Maltby Jr.
(vu le 3 juillet 2007; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol. 2 no.12 le 8 août 2007)

Tout comme Finding Neverland était un drame biographique enveloppé de fiction sur James Barrie et la genèse de Peter Pan, Miss Potter traite avec fantaisie des amours, espoirs et épreuves de Béatrix Potter au tournant du dernier siècle. Cette écrivaine renommée pour ses livres pour enfants, dans un rôle taillé sur mesure pour Renée Zellweger, est présentée ici comme une vieille fille de 32 ans à l’esprit indépendant, excentrique au point de parler à ses créations telles que Peter Rabbit. Malgré qu’Ewan McGregor se fasse plus discret qu’à son habitude en éditeur amoureux, les parents (Barbara Flynn, Bill Paterson) ainsi qu’Emily Watson dans le rôle de la confidente apportent l’humour et l’émotion attendus. En somme, outre la préciosité de ces amours vieillots et une fin hésitante, il s’agit d’un film charmant pour les adultes n’ayant pas perdu leur cœur d’enfant. Prochaine sur la liste : Jane Austen dans Becoming Jane7/10

lundi 2 juillet 2007

PACINO: AN ACTOR'S VISION (Coffret 4 DVD)

The Local Stigmatic (1990) : Réalisé par David F. Wheeler et Al Pacino d’après la pièce de Heathcote Williams; Looking For Richard (1996), documentaire réalisé par Al Pacino; Chinese Coffee (2000) : réalisé par Al Pacino et écrit par Ira Lewis, basé sur sa propre pièce.
(Commande du journal Bang Bang; format 150 mots; publié dans le Bang Bang vol.2 no.12 le 8 août 2007; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Si vous aimez Al Pacino, mais peu ses dernières performances plutôt mécaniques, ce coffret de films qu’il a réalisés et qui le présente sous un autre angle pourrait vous réjouir. Sa dite « vision » consiste en : Looking For Richard, documentaire impeccablement monté explorant Richard III de Shakespeare et lui ayant valu un prix de la Director’s Guild of America; l’étrange expérience qu’est The Local Stigmatic et un Chinese Coffee aux dialogues incisifs et bien livrés, deux productions inédites traitant d’amitié dans un style off-off-Broadway. Le 4e disque est un documentaire ordinaire, Babbleonia, qui prend la forme d’une entrevue, formule également utilisée pour les prologues et épilogues qui accompagnent les films. Prenant naissance à l’Actor’s Studio, cette entreprise frôlant le narcissisme et préparant la sortie de sa prochaine réalisation, Salomaybe?, est surtout pour les fans de l’acteur, mais pourrait plaire à tous ceux qui partagent avec lui un amour du théâtre. (Looking For Richard: 7/10; The Local Stigmatic: 5,5/10; Chinese Coffee: 6,5/10; Babbleonia: 3/10; Coffret: 6/10)

mercredi 27 juin 2007

ZOO (2007)

Réalisé par Robinson Devor. Écrit par Charles Mudede et Robinson Devor.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 26 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

3 juillet 2005, un homme est laissé devant un hôpital de Seatle. Après enquête policière, les autorités conclurent que la perforation fatale de son colon avait été causée par une relation sexuelle impliquant un cheval.
À travers des interviews reconstituant l’événement, les réalisateurs élargissent leur documentaire, nominé à Sundance, à la zoophilie en général.
Les gens impliqués ne voulant pas témoigner devant caméra, nous avons seulement droit à des entrevues audio. Pour combler la portion visuelle, le directeur photo s’en donne à cœur joie avec des plans poétiques et des dramatisations qui démontrent un grand savoir-faire cinématographique. Heureusement, rien n’est présenté de façon explicite et le pire auquel on est convié consiste en ces hommes parlant avec sensualité de leurs chevaux.
Toutefois, on en apprend peu sur leur motivation à part qu’Internet leur est grandement utile et qu’ils n’ont pas l’impression de briser la loi. Un sénateur américain a d’ailleurs voulu rendre la bestialité illégale, mais n’a pas réussi en raison du flou existant autour du consentement animal.
Au final, ce film aux images et à la trame sonore mélancoliques est extrêmement beau, ce qui crée un étrange fossé avec son sujet «choquant», surtout quand ces conversations plutôt ordinaires visent l’empathie envers ces déviants sexuels et la compréhension de ceux-ci.
Fantasia est l’une des meilleures vitrines pour ce type de cinéma hybride, mais le traitement artistique et sérieux (on est loin ici de la scène finale de Clerks II) de ce sujet tabou pourrait peut-être rebuter les curieux. 6,5/10

BOSQUE DE SOMBRAS (The Backwoods) (2006)

Réalisé par Koldo Serra. Écrit par Jon Sagala et Koldo Serra.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 26 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

Dans une campagne recluse de l’Espagne des années 1970, un couple en visite un autre. Alors que les hommes sont à la chasse, ils découvrent une fillette séquestrée dans une maison abandonnée.
Après un générique prometteur bercé par du Leonard Cohen, les conversations banales de ces deux couples à la dérive essaient de nous introduire dans un univers vraisemblable, mais, à l’instar de cette baignade nue entraperçue derrière un tronc d’arbre masquant le tout, elles nous préparent simplement à une oeuvre qui a de la difficulté à aller au bout de ses propositions.
En effet, ces altercations violentes en forêt et cette scène de viol tentent probablement de récréer la folie congénitale qui se tramait derrière la rencontre inattendue de Deliverance, mais cela n’a pas du tout le même impact, particulièrement 35 ans plus tard.
En fait, certaines scènes apportent la tension nécessaire, mais elles sont souvent alternées avec d’autres qui la neutralisent, surtout que cette volonté de réalisme ne cadre pas toujours avec les réactions des personnages.
Tout de même, excepté Virginie Ledoyen, la plupart des acteurs jouent dans le ton et la cinématographie est professionnelle. On se demande toutefois en regardant cette coproduction France/Espagne/Angleterre, outre la chance de jouer une bonne partie de ses répliques en espagnol, quel élément de ce scénario plutôt conventionnel a bien pu convaincre Gary Oldman d’y participer.
Certains festivaliers y trouveront probablement leur compte, mais cette fin ambiguë sur l’identité des réels détracteurs n’aidera sûrement pas à satisfaire qui que ce soit pleinement. 5/10

samedi 23 juin 2007

THE VERDICT (1982)

Réalisé par Sidney Lumet. Écrit par David Mamet d’après le livre de Barry Reed.
(Commande du journal Bang Bang; vu le 22 juin 2007; format 150 mots; paru dans le Bang Bang Vol.2 No.13 le 5 septembre 2007)

Frank Galvin est un avocat fini, chassant les ambulances entre deux verres. S’accrochant à un cas de négligence médicale, il tente de regagner sa dignité et la foi en son métier. Malgré le titre, le verdict n’est pas l’attrait principal de l’impeccable scénario de David Mamet, mais plutôt ce qui se passe à l’extérieur de la cour. Dans la peau de cet homme cherchant rédemption, Paul Newman livre l’une de ses meilleures performances. Bien appuyé par Jack Warden, Charlotte Rampling et James Mason, il aurait probablement reçu un Oscar si ce n’avait pas été de l’incroyable performance de Ben Kingsley dans la peau de Gandhi cette année-là. En définitive, Sidney Lumet (12 Angry Men) nous offre un autre drame juridique essentiel. Cette réédition en deux disques est accompagnée d’une piste de commentaires du réalisateur et de son acteur principal, et d’environ une heure de documentaires abordant le sujet en surface. 7,5/10

DESU NÔTO (Death Note) (2006)

Réalisé par Shusuke Kaneko. Écrit par Tetsuya Oishi d’après les bandes dessinées de Tsugumi Öba et Takeshi Obata.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 21 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

Ryuk, dieu du repos éternel, laisse par amusement son livre des morts entre les mains de Light, étudiant en droit. Réalisant qu’une personne décède lorsqu’il y inscrit un nom, celui-ci décide d’enrayer les criminels.
Adaptée d’une bande dessinée manga, cette histoire de Yin et de Yang est un véritable phénomène au Japon : succès populaire (meilleur film au Mainichi Film Concours), mais également critique (nomination pour meilleur film au Hong Kong Film Awards.)
Vu d’ici, sans connaître l’œuvre originale sur papier, l’impact est moins grand. En effet, Shusuke Kaneko offre une cinématographie terne et une réalisation plutôt classique s’effaçant derrière l’intrigue. Également, les effets spéciaux laissent à désirer : cet ange de la mort CGI ressemblent aux premières tentatives d’animation virtuelle des années 1990 et l’effet de pulsion visuelle qui agite l’écran lors des meurtres devient rapidement lassant.
En fait, pour que ce récit davantage policier que fantastique commence à être intéressant, il faut attendre que le personnage principal, avec sa conception naïve du bien et du mal, se mette à abuser de la puissance du livre, tout pouvoir absolu devenant nécessairement corrompu.
Heureusement, le jeu des acteurs principaux parvient à maintenir l’intérêt du scénario, particulièrement le jeune Ken’ichi Matsuyama dans la peau de L, excentrique génie policier.
Maintenant, il s’agit de voir si cette histoire manichéenne qui a connu un vif succès auprès des adolescents japonais saura trouver son public ici. Si c’est le cas, celui-ci se réjouira sûrement du fait que sa suite est également présentée au festival. 6/10

vendredi 22 juin 2007

KAWARE MATSUKO NO ISSHÔ (Memories of Matsuko) (2006)

Réalisé et écrit par Tetsuya Nakashima d’après le roman de Muneki Yamada.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 20 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

Peu de gens ont une vie parfaite. En fait, c’est même le contraire pour la plupart. Matsuko Kawajiri (Miki Nakatani, récipiendaire du prix de l’Académie japonaise pour son rôle) fait partie de cette seconde catégorie. Nous découvrirons, à travers les souvenirs recueillis par son neveu, qui était cette dame venant d’être assassinée et pourquoi sa vie fut considérée insignifiante par son frère.
Empruntant à l’esthétique du vidéoclip, le montage épileptique, souvent surréaliste et accompagné de bruitage rappelle le début de Moulin Rouge!, surtout que certaines scènes sont chorégraphiées et chantées. Ici aussi, c’est lorsque l’intrigue décide de prendre son souffle que l’émotion apparaît et grandit cette œuvre dont la cinématographie est particulièrement onirique et inventive.
Il y a également du Amélie Poulain dans la maladresse du personnage et le côté bonbon de ses jeunes années, quoique ce qui l’attend est loin d’être rose. Commençant avec ce père froid, on la voit rechercher l’amour à travers les hommes de sa vie. Entre les moments où elle croit son existence terminée et ceux où elle a envie de chanter, on suit sa lente déchéance, d’enseignante à ermite obèse en passant par femme battue, masseuse érotique et meurtrière emprisonnée.
Au final, les seuls défauts du film sont sa longueur et sa richesse qui finissent par épuiser le spectateur. Cela n’empêche pas que cette histoire sur le pathétisme de la dépendance affective est franchement excellente. Assurément, Tetsuya Nakashima est un réalisateur à surveiller de près dans les années à venir. À ne pas manquer. 8/10

mercredi 20 juin 2007

VIVA (2007)

Écrit et réalisé par Anna Biller.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 19 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

Pour son premier long métrage, Anna Biller, réalisatrice-scénariste-productrice-décoratrice-costumière-actrice, accomplit un exploit inattendu : transformer une oeuvre de sexploitation en film d'art!
S’inspirant de ce genre de la fin des années 1960, cette John Waters féminin a reconstitué, pendant 4 ans, cet univers stylisé jusque dans ses moindres détails : pour les yeux, elle a ces couleurs délavées, ces costumes flamboyants, ces décors élaborés et ce ratio 1:33 qui rappelle un vieux feuilleton de la Patridge Family; et, pour les oreilles, ces voix doublées en studio qui donnent ce petit décalage rendant les dialogues si faux.
D’ailleurs, ceux-ci renferment quelques perles du genre: « There’s nothing I like more than getting wet », dit au moment d’entrer dans la piscine, le tout suivi par une musique de circonstances avec basse slappée.
Derrière tout ce travail stylistique, il y a également (eh oui!) une histoire. Ainsi, nous suivons une jeune femme qui s’ennuie. Après s’être séparée de son mari, elle sera prise dans le tourbillon de la révolution sexuelle circa 1972.
À cela, la réalisatrice sous-tend un message sur les relations interpersonnelles rappelant que, au nom de leur libération, les femmes ont fait au final tout ce que les hommes leur dictaient en matière de sexualité. Au deuxième degré, cela donnerait donc un softporn féministe…!
Au bout de deux heures, cet exercice de style aux poitrines généreuses peut devenir lassant, surtout qu’il est séparé en vignettes qui font avancer l’intrigue très lentement, mais gageons qu’il divertira grandement les nombreux curieux (masculins) qu’il promet d’attirer. 7/10

mardi 19 juin 2007

THE 4TH LIFE (2006)

Réalisé par François Miron. Écrit par James Galwey et François Miron.
(Commande du journal Bang Bang dans le cadre du festival Fantasia; vu le 18 juin 2007; publié dans le Bang Bang Vol. 2 no. 11 le 4 juillet 2007; format 250 mots)

Dès l’ouverture de son premier long métrage, avec ces deux femmes nues s’embrassant langoureusement, François Miron nous plonge dans un univers aux relations fusionnelles. Par la suite, avec ces nombreux gros plans de yeux qui clignent face à la lumière, il nous fait également comprendre que celles-ci seront troubles.
Profitant du fait que son héroïne voit la réalité à travers une certaine distorsion, en raison de traumatismes de jeunesse, il étale ainsi son savoir-faire visuel acquis durant les 20 dernières années.
En effet, cet enseignant de cinéma à Concordia a créé un procédé particulier d’impression optique à travers ses nombreux courts métrages expérimentaux qui lui ont acquis une solide réputation.
C’est donc dans les courtes séquences, comme dans ce retour en arrière où le personnage principal assassine sa famille et qui rappelle le cinéma d’horreur italien des années 70, que le réalisateur réussit davantage, ce qui n’est pas nécessairement le cas de l’ensemble de l’œuvre.
Tout de même, cela devrait plaire aux amateurs de Lynch avec cette volonté de se jouer du spectateur, ce jeu d’acteur plaqué et cette trame narrative déconstruite, surtout que le look à la Noami Watts de son actrice et cette romance trouble au féminin nous ramène à Mulholland Dr.
Loin d’être une véritable réussite avec ce scénario confus, ces acteurs peu versatiles et ces dialogues faussement philosophiques, le film mérite, ne serait-ce que pour cette cinématographie travaillée et cette volonté d’expérimenter, qu’on aille encourager l’un des seuls longs métrages québécois présentés durant le festival. 4,5/10