jeudi 12 juillet 2007

EKUSUTE (EXTE:Hair Extensions) (2007)

Réalisé par Sion Sono. Écrit par Masaki Adachi et Sion Sono.
(vu dans le cadre du festival Fantasia; également disponible sur le blog/Mission "Fanatique de Fantasia" au www.bangbangtemort.com; vu le 10 juillet 2007; format libre)

Un cadavre retrouvé dans un conteneur empli de cheveux est mis entre les mains d’un employé de la morgue, fétichiste capillaire plutôt déséquilibré. Il décide d’amener à la maison ce corps d’une fille dont la toison pousse sans cesse et de vendre quelques mèches dans les salons de coiffure. Celles qui auront le malheur de les porter mourront d’une manière atroce. L’une de celles sur cette route sanglante est Yuko, apprenti styliste.

Décidemment, j’avais choisi ma journée pour aller préalablement chez la coiffeuse!!!

En fait, je voulais voir Zero City, un des films russes ayant finalement traversé le rideau d’acier, mais la présentation avait été annulée (je dis que ça sent le retour de la Guerre Froide) et remplacée par Hatchet. Comme je ne voulais pas voir la version épurée, je me suis rabattu sur les rallonges de cheveux tueuses… et je n’ai pas été déçu!

Je n’ai d’ailleurs pas été le seul : c’est une salle pratiquement comble et extrêmement réceptive qui a assisté à ce nouveau film de Sion Sono (Suicide Club.)

Dès le départ, lorsque les douaniers découvrent le corps, les dialogues nous confirment que le film est conscient de sa prémisse farfelue et qu’il veut simplement nous divertir, ce qui sera corroboré par la plupart des scènes avec Ren Osugi, le thanatologue désaxé.

Sono a toutefois plusieurs agendas dont celui d’exposer divers types d’abus. Ainsi, à travers Yuko (Chiaki Kuroyama, « Gogo » dans Kill Bill 1), on explore le thème de la violence commise envers les enfants. Sa nièce étant régulièrement frappée par sa demi-sœur, on a le droit à quelques scènes, quoique légèrement appuyées, qui amènent un bon fond de réalisme dramatique à cette histoire fantastique. Certaines altercations avec la dite sœur sont assez prenantes dans l’intensité de cette méchanceté simpliste et la fillette s’avère touchante.

Le réalisateur japonais n’oublie quand même pas les effusions de sang désirées par le public et certains agissements de ce Blob tout en cheveux réussissent à être réellement horrifiants, comme le moment où les rallonges d’une fille se collent au plafond ou, encore, lorsqu'une coiffeuse plante ses ciseaux dans l’oreille d’une cliente.

Ceci étant dit, malgré quelques scènes excellentes, ce mélange entre horreur, comédie, drame et récit policier n’est pas toujours égal : les retours en arrière explicatifs sur les raisons qui poussent les cheveux à tuer sont plutôt inutiles, les monologues de départ de son interprète principale sont mal assumés et la musique, souvent ridicule, est trop prononcée.

Tout de même, cette version trash d’Opération Beurre de Peanut m’a grandement amusé! 6,5/10

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Wow! Tu me donne le goût me faire pousser ce qui me reste de cheveux!