(Vu le 23 février 2008; format 150 mots; publié dans le Bang Bang Vol. 3 No.6 le 5 juin 2008)
Cette fresque sur un homme déterminé à faire fortune avec le pétrole au tournant du 20e siècle est avant tout celle de Daniel Day-Lewis. En effet, il est tout simplement magistral dans ce rôle dont la misanthropie n’a d’égale que l’avarice. Son jeu ayant mérité l’Oscar est également soutenu par son confrère, Paul Dano, qui incarne avec intensité un jeune prêcheur symbolisant le conflit entre le monde matériel et spirituel dans cette Amérique profonde aux nombreuses richesses, mais à l’ignorance encore plus grande. Paul Thomas Anderson, qui nous avait habitué à des histoires aux multiples personnages (Magnolia, Boogie Nights) ou tordues (Punch-Drunk Love) fait preuve d’une incroyable retenue et aurait assurément mérité la meilleure réalisation et le meilleur scénario adapté si ce n’avait été de la consécration des frères Coen. Toutefois, l’aspect lancinant et contemplatif de l’œuvre ainsi que la fin abrupte ne risquent pas d’aller chercher le grand public. 8/10
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